western states en live
Et non, ce n’est pas parce que Jim Walmsley et Katie Schilde vont gagner. La Western States® 100-Mile Endurance Run n’est pas seulement le plus vieux 100 miles du monde (1974). C’est aussi ce que la culture américaine du trail running a de mieux à nous offrir.
Par Gaël Dutigny, 4 UTMB, 17 Ironman.
La course se déroule en Californie, dans les montagnes, à quelques heures de voiture de Sacramento, la capitale de l’État, elle-même à une heure et demie de voiture de San Francisco. Plus précisément, la WS100 part d’Olympic Valley, une petite station de ski proche d’un autre, Palisades Tahoe, site officiel des JO d’hiver de 1960. La course se termine dans la petite ville d’Auburn, Californie toujours.
Alors bien sûr le parcours est magnifique, vallonné, chaud, difficile. Il traverse des anciens territoires indiens, des tribus Nisenan ou Washoe (je n’invente rien, c’est sûr le site internet de la course : wser.org). Mais le plus spectaculaire est d’y voir chaque année certains des coureurs élites les plus influents, les meilleurs team du moment, les médias qui comptent pour de vrai, se réunir dans ce temple de l’endurance longue distance made in USA.
La Western States® 100-Mile Endurance Run, c’est ensuite la course qui a révélé tous ces champions nourris aux corn-flakes qu’on vénère depuis notre plus jeune âge.
Il y a Jim Walmsley bien sûr. Mais il y a aussi Scott Jurek qui cumule sept victoires consécutives (1999 – 2005) et puis Hal Koerner (premier coureur US à être sponso Hoka), Timothy Olson, ou encore Rob Krar, tous deux dépressifs chroniques, mecs fragiles, mais dur au mal à la fois, des grands champions.
Chez les filles, il y a d’abord eu Ann Trason (14 victoires !), un mythe. Un autre mythe, c’est Nikki Kimball, trois victoires. Et puis je n’oublie pas Ellie Greenwood (la canadienne longtemps détentrice du record de la course), Stephanie Howe (la jolie docteure en nutrition et athlète The North Face iconique), Magdalena Boulet (devenue depuis la boss de GU nutrition) sans oublier the GOAT Courtney Dauwalter (2 victoires pour le moment).
Katie Schilde ? Si tout va bien elle devrait cette nuit inscrire son nom au palmarès de la course.
Je termine exprès sur une note négative. La Western States® 100-Mile Endurance Run, c’est aussi une de ces épreuves de course à pied où tu ne peux pas t’inscrire.
La loterie est un enfer, sans même parler des courses qualificatives qu’il faut passer au préalable. Cette WS100 est malheureusement devenue un entre-soi, un truc d’initiés, voire d’invités. C’est Versailles. Et je n’exagère pas.
Voir sur les réseaux sociaux, des commentateurs américains comme Dylan Bowman et ses sbires, Corrine Malcolm en tête (speaker ricaine que Catherine Poletti a viré de l’UTMB), faire l’apologie constante de cette épreuve sans jamais rien remettre en question, taper dans le dos de tous les coureurs élites en criant haut et forts qu’ils sont leurs petits copains, est du coup on ne peut plus dérangeant. C’est un gang,
une petite bande de privilégiés qui se congratulent et se passent de la pommade non-stop.
C’est de la com’, peut-être, mais c’est de la com’ qui sent le renfermé, la consanguinité. Sans cesse donner ce concert de louanges à Hoka, la marque sponsor qui donne à tout-va pendant ces quelques jours est une hérésie. Tu ne sais plus que penser des chaussures Hoka, à part que c’est malheureusement devenue bien mainstream (et donc has been ?).
La Western States® 100-Mile Endurance Run n’est pas inclusive, ouverte, généreuse.
western states en live
Cette course magnifique se tire depuis plusieurs années des balles dans le pied. Un jour, elle pourrait disparaître. Voilà pourquoi il faut en profiter et la regarder en live sur YouTube tout à l’heure.
Le jour où la Western States® donne des dizaines de dossards à des indiens d’Amérique sans les faire payer, j’arrêterai de m’énerver. Promis. En attendant, je ne souhaite pas qu’un coureur Hoka s’impose ce soir. Ni chez les filles, ni chez les garçons. Tant pis pour Jim Walmsley. J’assume.