🎧 Dans un communiqué officiel, l’organisation du HOKA UTMB Mont-Blanc vient de dévoiler telle une grande innovation : la « mise en place » d’une politique de report médical pour l’édition 2026.
Une annonce aux airs de révolution sanitaire qui nous fait pourtant sourire. Et pour cause, cette mesure pleine de bon sens n’est rien d’autre qu’un retour vers le passé. L’organisation n’essayerait elle pas de vendre du vieux avec du neuf ?
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L’UTMB, l’art du grand art du recyclage marketing
C’est la magie de la communication de transformer un retour en arrière en une innovation révolutionnaire. Dans un mail envoyé à ses coureurs, l’organisation présente cette priorité d’inscription comme une avancée majeure pour la santé et la sécurité des athlètes. Le seul petit problème, c’est qu’on a un goût de déjà-vu. Cette règle existait déjà il y a quelques années, avant d’être purement et simplement supprimée.
Deux poids, deux mesures – l’exception de la parentalité
Rendons toutefois à César ce qui lui appartient, l’UTMB a su, par le passé, prendre de vraies et belles mesures de report. On pense notamment à sa politique forte et particulièrement juste concernant la grossesse, l’adoption et la PMA. Sur ces sujets de société majeurs, l’organisation offre un cadre protecteur avec un report s’étalant sur plusieurs années et, surtout, un remboursement complet ou un gel des frais. Une avancée historique qui avait été saluée à juste titre. Mais alors, pourquoi le traitement de la simple blessure sportive n’a-t-il pas droit aux mêmes égards ?
L’art de réparer ce que l’on a cassé
Car pour ce qui est du plan médical, ce n’est pas la même chose. Pendant des années, jusqu’en 2019, le report pour blessure était un acquis pour le traileur à Chamonix. Pour le coureur blessé, il suffisait d’un certificat médical, et le dossard était décalé pour une édition suivante. Puis est venue l’ère de la commercialisation de l’événement, et du système de loterie via des running stones à acquérir.
Depuis, aucune flexibilité médicale possible, c’était devenu la règle d’or du « débrouillez-vous avec l’assurance privée ou perdez tout». En effet, lors de l’inscription, il était possible de souscrire à une assurance payante, permettant au mieux d’être remboursé du prix du dossard en cas de blessure, mais sans aucune possibilité de report.
Après avoir constaté que certains coureurs prenaient le départ blessés pour ne pas perdre le dossard d’une vie, l’organisation a l’air de redécouvrir les vertus de la prévention.
On saluerait presque le geste, si il n’arrivait pas après un entêtement de six ans.
Le report pour raison médicale est de retour, la carte bleue aussi
Mais attention, il y a une vraie nouveauté dans cette version 2026.
À l’ancienne époque, le report était gratuit. A partir de 2026, l’UTMB accorde généreusement le droit d’éviter le tirage au sort… mais oblige à repasser à la caisse.
Si la Commission Médicale valide le dossier du blessé, les précieuses Running Stones sont sauvées, mais il devra payer un second dossard plein pot pour l’année suivante. Une pirouette remarquable qui permet à l’organisation de soigner son image auprès des coureurs, tout en protégeant son chiffre d’affaires.
En résumé, en réintroduisant cette mesure de report de dossard, qui dans le fond est une vraie sécurité médicale, l’UTMB fait un aveu déguisé.
La politique du « zéro report » était une aberration sportive et sanitaire. On ne peut donc que se réjouir de voir la santé des coureurs revenir au centre des débats. Dommage qu’au passage, l’organisation ait trouvé le moyen de facturer deux fois le même rêve. Le sens des affaires, lui, ne sera probablement jamais supprimé.
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Auteur : Marta, serre-file






