🎧 Selon Quentin du site Reference Trail & co, Mathieu Blanchard pousse son organisme dans des zones que peu de sportifs osent explorer.
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Entre affûtage, ultra-endurance et aventures extrêmes, Son poids peut varier de façon spectaculaire en quelques jours seulement, sans pour autant compromettre ses performances.
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Lorsqu’on observe Mathieu Blanchard sur une ligne de dĂ©part, il est difficile d’imaginer que son poids puisse varier autant au cours d’une saison.
Pourtant, l’ultra-traileur franco-canadien a dĂ©jĂ expliquĂ© que son organisme pouvait perdre jusqu’Ă une dizaine de kilos en quelques jours lors de certaines pĂ©riodes extrĂŞmes.
Une donnĂ©e qui semble folle au premier abord, mais qui s’explique par la combinaison de plusieurs facteurs : volume d’entraĂ®nement colossal, conditions environnementales extrĂŞmes, gestion nutritionnelle et capacitĂ© de rĂ©cupĂ©ration hors normes.
Un gabarit atypique dans le monde du trail
Ă€ première vue, Mathieu Blanchard ne correspond pas totalement au profil classique de l’ultra-traileur de montagne.
Avec ses 1,80 m, il affiche gĂ©nĂ©ralement un poids situĂ© autour de 70 kg lorsqu’il est Ă son Ă©quilibre de forme. Cela le place au-dessus de nombreux spĂ©cialistes du trail longue distance, souvent plus lĂ©gers.
Mais en ultra-endurance, la lĂ©gèretĂ© n’est pas le seul critère de performance.
La puissance musculaire, la résistance à la fatigue, la capacité à encaisser les descentes et à récupérer rapidement jouent également un rôle majeur. Sur ce terrain-là , Mathieu Blanchard a construit sa réussite sur un physique robuste et particulièrement résistant.
Pourquoi son poids varie autant
Contrairement Ă ce que l’on pourrait penser, ces variations ne sont pas uniquement liĂ©es Ă la graisse corporelle.
Lorsqu’un athlète augmente fortement sa charge d’entraĂ®nement ou modifie son alimentation, plusieurs Ă©lĂ©ments fluctuent :
- Les réserves de glycogène.
- La quantitĂ© d’eau stockĂ©e dans les muscles.
- La masse musculaire.
- Le contenu digestif.
- La masse grasse.
Or chaque gramme de glycogène stockĂ© retient plusieurs grammes d’eau.
Quand un coureur rĂ©duit son volume alimentaire avant une course, augmente son entraĂ®nement ou enchaĂ®ne plusieurs jours d’effort intense, les rĂ©serves Ă©nergĂ©tiques diminuent rapidement. Le poids peut alors chuter de façon spectaculaire.
Ă€ l’inverse, après une pĂ©riode de rĂ©cupĂ©ration, le corps recharge ses rĂ©serves et plusieurs kilos peuvent rĂ©apparaĂ®tre en quelques jours.
Le Yukon, laboratoire grandeur nature
C’est probablement lors de ses aventures polaires que ces variations de poids atteignent leur ampleur maximale. Sur des Ă©preuves comme la Yukon Arctic Ultra, disputĂ©e dans les immensitĂ©s glacĂ©es du nord du Canada, Mathieu Blanchard soumet son organisme Ă des contraintes que très peu d’athlètes connaissent au cours de leur carrière. Entre le froid extrĂŞme, qui oblige le corps Ă produire davantage de chaleur, les longues heures d’effort quasi ininterrompu, le manque de sommeil et la difficultĂ© Ă absorber suffisamment de calories, l’Ă©quation Ă©nergĂ©tique devient presque impossible Ă Ă©quilibrer. MĂŞme avec une prĂ©paration nutritionnelle rigoureuse, les dĂ©penses dĂ©passent souvent les apports. L’organisme est alors contraint de puiser massivement dans ses rĂ©serves, ce qui peut entraĂ®ner une perte de plusieurs kilos en seulement quelques jours. Ces transformations spectaculaires ne traduisent pas seulement une diminution de la masse grasse, mais aussi une rĂ©duction des rĂ©serves de glycogène, de l’eau associĂ©e Ă ces stocks Ă©nergĂ©tiques et parfois mĂŞme d’une partie de la masse musculaire.
Manger devient parfois un travail Ă temps plein
Lorsque l’on Ă©voque l’ultra-trail, l’attention se porte souvent sur les kilomètres parcourus, le dĂ©nivelĂ© ou les heures passĂ©es en montagne. Pourtant, Ă très haut niveau, une autre bataille se joue chaque jour : celle de l’apport Ă©nergĂ©tique.
Pour soutenir ses charges d’entraĂ®nement et ses projets les plus ambitieux, Mathieu Blanchard doit absorber des quantitĂ©s considĂ©rables de calories, parfois bien au-delĂ de ce qu’une personne sĂ©dentaire consomme en plusieurs jours. Dans ces conditions, l’enjeu ne consiste plus seulement Ă manger de manière Ă©quilibrĂ©e, mais avant tout Ă apporter suffisamment d’Ă©nergie pour rĂ©pondre aux besoins de l’organisme. Cette rĂ©alitĂ© reste souvent mĂ©connue du grand public.
Chez les spĂ©cialistes de l’endurance extrĂŞme, atteindre les apports caloriques nĂ©cessaires devient parfois plus compliquĂ© que l’entraĂ®nement lui-mĂŞme.
Faute de carburant suffisant, le corps s’expose Ă un dĂ©ficit Ă©nergĂ©tique chronique, susceptible d’altĂ©rer la rĂ©cupĂ©ration, les performances et, Ă terme, la santĂ© de l’athlète.
Des annĂ©es d’expĂ©rimentations
Mathieu Blanchard fait partie des coureurs qui parlent ouvertement de leurs essais nutritionnels.
Au fil des années, il a testé différentes approches :
- sorties longues Ă jeun ;
- périodes de restriction alimentaire ;
- stratégies riches en glucides ;
- nutrition liquide ;
- protocoles adaptés au froid extrême ;
- adaptations pour les courses en altitude.
L’objectif n’est pas de suivre une mode mais de comprendre comment son propre organisme rĂ©agit.
Cette dĂ©marche expĂ©rimentale lui a permis d’affiner progressivement ce qui fonctionne rĂ©ellement pour lui en course.
Son corps revient toujours Ă l’Ă©quilibre
Ce qui surprend le plus n’est peut-ĂŞtre pas sa capacitĂ© Ă perdre du poids.
C’est sa capacitĂ© Ă le retrouver.
Après les grandes aventures, les ultras de plusieurs centaines de kilomètres ou les dĂ©fis polaires, son organisme finit gĂ©nĂ©ralement par revenir vers une zone d’Ă©quilibre relativement stable.
Comme chez beaucoup de sportifs d’endurance, le corps semble disposer d’un poids de rĂ©fĂ©rence autour duquel il oscille naturellement.
Les pĂ©riodes extrĂŞmes provoquent des Ă©carts temporaires, mais l’Ă©quilibre finit par se rĂ©installer.
En résumé, ce que cela dit du trail moderne
Le cas de Mathieu Blanchard montre Ă quel point l’ultra-trail moderne dĂ©passe dĂ©sormais le simple cadre de la course Ă pied.
Aujourd’hui, les meilleurs athlètes travaillent leur entraĂ®nement, leur rĂ©cupĂ©ration, leur nutrition et mĂŞme leurs adaptations physiologiques avec une prĂ©cision quasi scientifique.
Perdre 10 kilos en une semaine n’est Ă©videmment pas un objectif pour un coureur amateur.
Mais cette capacitĂ© illustre jusqu’oĂą certains athlètes sont capables de pousser leur organisme lorsqu’ils cherchent Ă explorer les limites de l’endurance humaine.
Source
Article modifié pour la première fois en mars 2026 par uTrail






