🎧 Le 15 juillet, uTrail s’interrogeait sur l’intérêt réel des exosquelettes pour des pratiquants en bonne santé.
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Quelques jours plus tard, un test grandeur nature réalisé jusqu’au sommet du mont Blanc apporte des éléments particulièrement intéressants au débat. Le guide de haute montagne et photographe Mathis Dumas a utilisé un exosquelette Hypershell pendant près de la moitié de son ascension. Son verdict est loin de la révolution technologique annoncée : « Ce n’est pas miraculeux, c’est un peu gadget, mais c’est marrant. »
🎥 Mon avis en vidéo sur YouTube : pourquoi je reste sceptique sur les exosquelettes pour faire du sport
asap
Mathis Dumas teste l’exosquelette jusqu’au sommet du mont Blanc
Mathis Dumas n’a pas essayĂ© l’appareil pendant quelques minutes sur un salon ou sur un chemin parfaitement roulant.
Le guide, notamment connu du grand public pour avoir accompagné Inoxtag en montagne, a choisi un terrain autrement plus sérieux : le mont Blanc par la voie normale.
Parti à 4 heures du matin depuis Bellevue, aux Houches, il a atteint le sommet après environ huit heures d’effort. Selon Le Dauphiné Libéré, il a effectué presque la moitié du parcours équipé de l’exosquelette Hypershell.
L’idĂ©e lui serait notamment venue après avoir Ă©changĂ© avec un secouriste du PGHM. Pour les secours en montagne, une assistance permettant d’Ă©conomiser de l’Ă©nergie ou de rejoindre une victime quelques minutes plus rapidement pourrait effectivement prĂ©senter un intĂ©rĂŞt très concret.
Mais lorsqu’on quitte cet usage professionnel pour s’intĂ©resser Ă la pratique sportive, son retour devient beaucoup plus nuancĂ©.
« Ce n’est pas miraculeux, c’est un peu gadget »
Le constat de Mathis Dumas rejoint directement une partie des réserves formulées par uTrail.
Le guide estime avoir économisé environ 20 à 25 % d’effort au cours de son ascension. Ce chiffre est loin d’être négligeable, même s’il s’agit d’une estimation empirique et non d’une mesure scientifique réalisée en laboratoire.
Surtout, l’efficacité de l’appareil dépend fortement du terrain.
L’assistance lui paraît fluide sur le plat et dans les faux plats. En revanche, son fonctionnement devient moins intuitif lorsque la pente se redresse.
C’est un dĂ©tail particulièrement intĂ©ressant lorsqu’on envisage l’utilisation d’un tel appareil en trail.
Car si un exosquelette fonctionne particulièrement bien lorsque le terrain est relativement roulant mais devient moins naturel dans les fortes pentes, son intĂ©rĂŞt sportif en montagne mĂ©rite forcĂ©ment d’ĂŞtre relativisĂ©.
Le test confirme surtout une chose : l’exosquelette ne remplace pas l’entraînement
C’Ă©tait l’une des principales rĂ©serves formulĂ©es par uTrail le 15 juillet.
Une assistance mécanique peut diminuer le travail demandé aux jambes. Elle ne transforme pas pour autant un pratiquant insuffisamment préparé en montagnard expérimenté.
Et Mathis Dumas arrive finalement Ă une conclusion assez proche.
Selon lui, ces appareils pourront probablement ouvrir de nouvelles possibilitĂ©s, un peu comme l’a fait le vĂ©lo Ă assistance Ă©lectrique. Mais ils ne permettront pas d’emmener n’importe qui en haute montagne.
Il faudra toujours disposer d’une condition physique suffisante et, surtout, des compĂ©tences techniques nĂ©cessaires.
L’exosquelette peut assister la locomotion. Il ne donne ni l’expĂ©rience de la montagne, ni l’acclimatation, ni la capacitĂ© Ă prendre les bonnes dĂ©cisions lorsque les conditions se dĂ©gradent.
uTrail alertait déjà sur cette confusion entre assistance et capacité physique
Dans notre Ă©ditorial publiĂ© le 15 juillet, nous Ă©crivions prĂ©cisĂ©ment que le principal problème n’Ă©tait pas nĂ©cessairement l’exosquelette lui-mĂŞme, mais la manière dont il pourrait ĂŞtre prĂ©sentĂ© et utilisĂ©.
Pour une personne en situation de handicap, un senior, un patient en rééducation ou un secouriste devant intervenir rapidement, cette technologie peut évidemment présenter un intérêt considérable.
La question devient diffĂ©rente lorsqu’un pratiquant valide utilise une assistance Ă©lectrique simplement pour monter plus vite ou compenser une condition physique insuffisante.
Le retour de Mathis Dumas au mont Blanc ne démontre évidemment pas scientifiquement que tous les exosquelettes seraient inutiles pour le sport.
Il apporte nĂ©anmoins un retour de terrain prĂ©cieux : mĂŞme entre les mains d’un professionnel de la montagne, l’appareil reste perfectible et ne supprime absolument pas les exigences physiques et techniques de l’activitĂ©.
ANALYSE uTrail : le « trail Ă©lectrique » n’est donc pas encore arrivĂ©
Il serait Ă©galement excessif d’enterrer dĂ©finitivement cette technologie.
Les exosquelettes vont progresser. Les moteurs deviendront probablement plus lĂ©gers, les batteries plus performantes et les algorithmes capables d’anticiper beaucoup plus prĂ©cisĂ©ment les mouvements du pratiquant.
Dans quelques années, leur efficacité pourrait être très différente.
Mais en 2026, le test grandeur nature réalisé par Mathis Dumas permet au moins de remettre certaines promesses en perspective.
Oui, l’appareil apporte une assistance. Oui, Ă©conomiser 20 Ă 25 % d’effort potentiel peut ĂŞtre considĂ©rable dans certains contextes. Mais non, il ne transforme pas la montagne en promenade accessible sans prĂ©paration.
Et lorsque celui qui vient de le tester jusqu’au sommet du mont Blanc rĂ©sume lui-mĂŞme son expĂ©rience par les mots « un peu gadget », difficile de ne pas y voir la confirmation d’une partie des rĂ©serves que nous exprimions quelques jours auparavant.
L’exosquelette sportif possède probablement un avenir. Pour l’instant, il ressemble davantage Ă une assistance technologique encore en construction qu’Ă la rĂ©volution annoncĂ©e du trail et de la randonnĂ©e.
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