🎧 À 36 ans, Thomas Billot s’est lancé dans un Tour de France qui ne ressemble à aucun autre.
Son objectif : parcourir environ 25 000 kilomètres à vélo et passer devant les McDonald’s répartis sur le territoire. Derrière cette idée volontairement spectaculaire se cache surtout l’histoire d’un homme qui a pesé jusqu’à 155 kg et qui utilise aujourd’hui le sport pour matérialiser le chemin parcouru.
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Thomas Billot a transformé les McDonald’s de France en immense parcours cycliste
Thomas Billot est parti d’Arbois, dans le Jura, le 1er mai 2026.
Son projet, baptisé Mission M, doit l’emmener pendant plusieurs mois sur les routes françaises. Il a construit son itinéraire à partir des coordonnées géographiques des restaurants McDonald’s et prévoit ainsi de parcourir environ 25 000 kilomètres.
L’Équipe évoque actuellement 1 344 restaurants intégrés au périple. D’autres présentations du projet publiées avant son départ mentionnaient un nombre plus important d’établissements, mais le principe reste le même : faire de ces restaurants les points de passage d’un gigantesque tracé cycliste.
À lui seul, le kilométrage donne déjà la dimension du défi. Thomas Billot s’était fixé avant son départ un rythme pouvant approcher les 180 kilomètres par jour, pendant environ cinq mois.
Son vélo n’a qu’une seule vitesse
Thomas Billot aurait pourtant pu simplifier considérablement l’exercice.
Il a choisi exactement l’inverse.
Il réalise Mission M avec un vélo monovitesse, c’est-à-dire sans dérailleur permettant d’adapter facilement le braquet aux montées et aux descentes.
Le choix change complètement la dimension physique de l’aventure. Sur plusieurs dizaines de kilomètres, cela reste une contrainte. Sur 25 000 kilomètres, avec les reliefs traversés et un vélo chargé pour l’autonomie, cette simplicité mécanique devient aussi une véritable difficulté sportive.
Après son premier mois de route, Thomas Billot annonçait déjà 5 003 kilomètres, près de 50 000 mètres de dénivelé positif, une moyenne de 162 kilomètres et 10 h 30 de vélo par jour.
Des volumes qui rapprochent son aventure de ce que connaissent les spécialistes des très longues distances : la difficulté ne consiste plus seulement à être performant pendant quelques heures, mais à être capable de recommencer le lendemain, puis le surlendemain.
Derrière les McDonald’s se cache surtout l’ancienne vie de Thomas Billot
Le choix de McDonald’s pourrait facilement être interprété comme une opération contre la restauration rapide.
Thomas Billot insiste pourtant sur un autre message.
Il a connu une situation d’obésité morbide et a pesé jusqu’à 155 kg. Son parcours personnel l’a ensuite conduit vers une transformation physique et une reconstruction beaucoup plus profonde.
Les restaurants deviennent donc des symboles.
Il ne s’agit pas pour lui de mener une croisade contre McDonald’s, mais de transformer un élément associé à son passé en fil conducteur de son nouveau défi.
Sa formule résume parfaitement l’idée : « se servir de son passé pour avancer ».
Chaque nouveau point rejoint sur la carte représente ainsi beaucoup plus qu’une étape supplémentaire.
Il ne cherche pas à battre un record
Mission M n’a pas été imaginée comme une tentative de record homologué.
Thomas Billot veut avant tout raconter une transformation.
Sur son propre réseau professionnel, il présente son aventure comme la démonstration qu’une personne peut profondément modifier sa trajectoire et utiliser ses expériences passées comme moteur. Il souhaite également profiter du projet pour parler d’obésité, de nutrition, de santé et de changement de mode de vie.
Cette nuance est importante.
Dans l’ultra-endurance, le chiffre prend facilement toute la place : kilomètres, dénivelé, vitesse moyenne, durée du défi.
Ici, les 25 000 kilomètres servent plutôt à rendre visible une histoire personnelle.
Son défi rappelle une règle essentielle de l’ultra-endurance
Pour les coureurs et les traileurs, l’histoire de Thomas Billot possède aussi un intérêt sportif.
Son évolution montre à quel point l’endurance se construit sur une période longue.
Une personne passée par une obésité sévère ne devient évidemment pas capable d’enchaîner plus de 150 kilomètres de vélo quotidiennement simplement grâce à la volonté. Derrière le récit spectaculaire se trouvent nécessairement des années de changement, d’adaptation du corps, d’entraînement et d’apprentissage.
C’est précisément ce que connaissent les traileurs lorsqu’ils augmentent progressivement leurs distances.
On ne passe pas d’un 10 km à un ultra-trail de 100 km en quelques semaines. L’organisme doit apprendre à supporter les heures d’effort, la répétition des contraintes et surtout la fatigue cumulée.
Thomas Billot pousse simplement cette logique à une échelle extrême.
Analyse : les 25 000 kilomètres sont finalement presque secondaires
Le paradoxe de Mission M tient dans son chiffre le plus impressionnant.
25 000 kilomètres attirent immédiatement l’attention, mais ce n’est probablement pas ce qui rend le projet intéressant.
Des aventuriers capables de parcourir des distances gigantesques à vélo, à pied ou en courant existent régulièrement. La particularité de Thomas Billot se trouve ailleurs : il a donné à chaque kilomètre une signification directement liée à son histoire.
Les McDonald’s deviennent les balises d’un passé qu’il ne cherche ni à effacer ni à cacher.
Il choisit au contraire de le traverser.
Cette idée explique peut-être pourquoi Mission M dépasse largement le cadre du cyclisme. Comme dans les grandes aventures d’ultra-trail, le déplacement physique devient ici un moyen de raconter quelque chose de beaucoup plus intime : la distance entre la personne que l’on était et celle que l’on essaie de devenir.
Sources
es informations sur le parcours, l’âge de Thomas Billot, son départ le 1er mai 2026, ses antécédents d’obésité, le vélo monovitesse et les caractéristiques de Mission M ont été recoupées auprès de L’Équipe, RTL, TF1 Info et des publications publiques de Thomas Billot.






