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🎧 Le Tour de France 2027 passera par Saint-Gervais-les-Bains le mardi 13 juillet, à l’occasion de la dixième étape reliant Annecy à Sallanches. Longue de 171 kilomètres et affichant 3 750 mètres de dénivelé positif, cette étape de montagne empruntera notamment la côte de Domancy et la montée du Bettex, deux difficultés emblématiques du cyclisme haut-savoyard.
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L’annonce a été accueillie avec enthousiasme dans la communication locale. Sur les réseaux sociaux, le passage de la Grande Boucle à Saint-Gervais est présenté comme un événement à ne pas manquer durant l’été.
Le peloton, les véhicules suiveurs, les équipes techniques, les médias et les spectateurs feront ainsi leur retour dans le Pays du Mont-Blanc.
Mais cette célébration du cyclisme pose une question lorsqu’on connaît les positions du maire de Saint-Gervais, Jean-Marc Peillex, sur l’Ultra-Trail du Mont-Blanc. Depuis plusieurs années, l’élu dénonce le gigantisme de l’UTMB et ses conséquences sur la vallée de Chamonix.
Pourquoi ce qui paraît excessif pour le trail devient-il un événement à célébrer lorsqu’il s’agit du Tour de France ?
Jean-Marc Peillex critique depuis plusieurs années le gigantisme de l’UTMB à Chamonix
Le maire de Saint-Gervais-les-Bains n’a jamais caché ses réserves sur l’évolution de l’UTMB.
Dès 2022, dans un entretien accordé à 20 Minutes, il estimait que l’événement avait pris trop d’ampleur et déclarait : « À un moment il faut que ça s’arrête. »
En septembre 2025, dans une intervention diffusée par TVMountain, il décrivait l’UTMB comme une « grande fiesta urbaine », considérant que la manifestation était arrivée « au bout du bout ».
Il allait jusqu’à envisager qu’une commune puisse un jour refuser d’accueillir la compétition.
Ses critiques portent notamment sur la transformation d’une épreuve de montagne en manifestation sportive et commerciale internationale, avec les nuisances et la fréquentation qui accompagnent ce changement d’échelle.
Ces préoccupations peuvent parfaitement s’entendre.
L’UTMB attire des milliers de participants, leurs accompagnateurs, les médias et un public considérable. Pendant plusieurs jours, la vallée de Chamonix vit au rythme de cet événement mondial.
Mais la situation devient plus difficile à comprendre lorsque l’on observe la manière dont Saint-Gervais accueille les grandes manifestations sportives.
En août 2026, nous avions déjà relevé une première contradiction : alors que Jean-Marc Peillex dénonçait le gigantisme de l’UTMB à Chamonix, la commune de Saint-Gervais invitait les spectateurs à venir nombreux encourager les participants lors du passage de la course.
Avec l’annonce du Tour de France 2027, cette question revient.
Tour de France à Saint-Gervais, UTMB à Chamonix : deux poids, deux mesures ?
Le Tour de France est une manifestation sportive dont l’ampleur logistique dépasse largement celle de l’UTMB.
La Grande Boucle mobilise une caravane publicitaire, de nombreuses équipes, des véhicules techniques, des forces de sécurité, des journalistes et une logistique considérable.
Son passage entraîne également des restrictions de circulation, des fermetures de routes et une importante fréquentation touristique.
Tout cela fait partie de l’organisation d’un événement international.
Et personne ne conteste que le Tour de France constitue une formidable vitrine pour les territoires traversés.
Mais pourquoi faudrait-il considérer cette fréquentation comme une chance lorsqu’elle concerne le cyclisme, et comme un problème lorsqu’elle accompagne le trail ?
La différence de traitement interroge d’autant plus que les deux manifestations mettent en valeur le même territoire et reposent sur des ressorts comparables : le spectacle sportif, l’attractivité touristique et les retombées économiques.
Il existe évidemment des différences entre une course cycliste sur route et un ultra-trail empruntant des sentiers de montagne. Les impacts environnementaux, les contraintes de sécurité et la durée des perturbations ne sont pas identiques.
Mais ces différences ne dispensent pas d’une certaine cohérence.
Si l’on estime que les grands rassemblements sportifs sont devenus trop importants pour le Pays du Mont-Blanc, cette réflexion devrait concerner l’ensemble des disciplines.
À l’inverse, si l’on considère que ces événements contribuent à la vitalité économique et au rayonnement international du territoire, il devient difficile de réserver ce raisonnement au seul cyclisme.
Il faut toutefois distinguer la communication enthousiaste autour du passage du Tour et une prise de position personnelle de Jean-Marc Peillex : à ce stade, cette annonce ne suffit pas à établir qu’il aurait lui-même publiquement approuvé toutes les conséquences de l’événement.
Le véritable problème n’est donc pas que Saint-Gervais accueille le Tour de France. C’est que les arguments employés contre l’UTMB mériteraient également d’être examinés à la lumière des autres grandes compétitions sportives.
Car au fond, la question est simple : est-ce le gigantisme des événements sportifs qui dérange, ou seulement certains événements ?
Sources
- Tour de France – Parcours officiel de la 10e étape Annecy–Sallanches, le 13 juillet 2027
- Radio Mont Blanc – Tour de France 2027 : la Haute-Savoie accueillera deux étapes
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Auteur : Axelle Anne, est la fondatrice de la redac. Dans le web depuis 1998, elle a fondé de nombreux sites et s’est mise au trail en 2010. Anti-conformiste et sans langue de bois, elle a contribué à faire sortir le trail de sa niche pour magazine plan plan pour en faire un sport grand public. Depuis 2025, elle assiste impuissante aux dérives du trail.Vous pouvez contacter Axelle Anne par MP sur FB ou regarder ses vidéos YouTube.





