sources préférées Google
🎧 Le Marathon des Sables affiche désormais clairement ses ambitions environnementales…. alors qu’en ce moment même, le Marathon des Sables organise au Maroc deux formats en parallèle, le MDS 120 et le MDS Handi, tous deux programmés du 2 au 10 octobre 2026.
L’organisation explique notamment avoir réduit de 50 % l’empreinte carbone du MDS Legendary en 2024 et reconnaît elle-même que les déplacements restent l’un de ses principaux défis. Dans le même temps, la marque multiplie les formats, développe de nouvelles courses et étend ses destinations à l’international. Le MDS 120 Maroc, qui se déroule actuellement du 2 au 10 octobre 2026, illustre parfaitement ce paradoxe.
Le Marathon des Sables met en avant une baisse de 50 % de son empreinte carbone…
Sur son site officiel, le Marathon des Sables présente désormais la responsabilité environnementale comme l’un de ses engagements majeurs. L’organisation explique qu’en 2024, plusieurs changements ont permis de réduire fortement l’empreinte carbone du MDS Legendary, notamment grâce à l’arrêt des vols affrétés, à une réduction du nombre de véhicules engagés dans la logistique et à une organisation plus resserrée des bivouacs.
Cette évolution mérite d’être reconnue, car elle montre que le MDS a intégré une réalité désormais centrale dans le trail : l’impact environnemental d’une course ne se limite plus aux déchets abandonnés sur les sentiers ou aux gobelets utilisés aux ravitaillements. Une grande partie du problème se situe en amont, dans les déplacements des participants, des accompagnants, du matériel et des équipes techniques.
Dans le cas d’un événement international organisé au Maroc, cette question devient particulièrement importante puisque de nombreux concurrents doivent parcourir plusieurs centaines, voire plusieurs milliers de kilomètres avant même de rejoindre la ligne de départ.
… mais dans le même temps, le MDS multiplie les formats, les courses et les destinations
C’est précisément à ce niveau que le discours environnemental du Marathon des Sables devient intéressant à analyser.
Le MDS historique n’est plus une course isolée organisée une fois par an dans le Sahara. La marque propose aujourd’hui plusieurs concepts distincts, parmi lesquels le MDS Legendary, le MDS 120, le MDS Trek, le MDS Raid, le MDS Handi, les MDS Crazy Loops ou encore le MDS Ultra.
À cela s’ajoutent différentes destinations. Le MDS 120, par exemple, se décline au Maroc, sur l’Atlantic Coast, en Cappadoce, en Jordanie ou encore au Pérou. Chaque événement attire ses propres participants, génère ses propres transferts et nécessite une organisation spécifique, depuis l’hébergement jusqu’au transport du matériel.
Commercialement, cette stratégie se comprend parfaitement. Le Marathon des Sables s’est transformé en une marque internationale capable de proposer plusieurs expériences sportives à des publics différents, plutôt qu’en une seule épreuve mythique organisée dans le désert marocain.
Sur le plan environnemental, cette croissance soulève toutefois une autre question : la baisse de l’impact d’un événement suffit-elle encore lorsque l’activité globale de la marque continue de s’étendre ?
Le marathon des sables, c’est 7 formats, 6 destinations et une dizaine d’événements par an
La marque annonce aujourd’hui 7 formats différents, répartis sur 6 destinations, avec environ une dizaine d’événements organisés chaque année.
Les 7 formats MDS sont : MDS Legendary, MDS 120, MDS Trek, MDS Raid, MDS Handi, MDS Crazy Loops et MDS Ultra.
Les 6 destinations actuellement mises en avant par le MDS sont :
- Maroc, berceau historique du Marathon des Sables, avec notamment le MDS Legendary, le MDS 120 Maroc, le MDS Handi et le MDS Ultra ;
- Pérou, dans le désert d’Ica, même si l’édition 2026 du MDS 120 Pérou a finalement été annulée faute d’un nombre suffisant de participants ;
- Namibie ;
- Jordanie, avec le MDS 120 organisé dans le désert jordanien ;
- France, notamment avec les MDS Crazy Loops organisés dans les Alpes ;
- Turquie, avec le MDS 120 Cappadoce.
Le seul format MDS 120 permet déjà de mesurer cette internationalisation puisqu’il est décliné au Maroc, sur l’Atlantic Coast marocaine, en Cappadoce, en Jordanie et au Pérou.
Cette diversification constitue précisément le cœur du paradoxe environnemental : le Marathon des Sables peut réduire l’empreinte d’une épreuve donnée, tout en augmentant parallèlement le nombre de formats, de courses et de destinations susceptibles de générer davantage de déplacements internationaux.
Le MDS 120 Maroc qui se déroule actuellement illustre parfaitement ce paradoxe
L’actualité permet justement d’observer cette évolution de manière très concrète.
Le MDS Handi ajoute à cette organisation une dimension particulièrement intéressante en matière d’accessibilité, avec des équipements adaptés, des fauteuils spécifiques, des équipes médicales et des aménagements destinés à permettre aux participants en situation de handicap de partager l’expérience du MDS dans les meilleures conditions possibles.
Le problème ne se situe donc pas dans l’existence de ce format inclusif. Il apparaît plutôt lorsqu’on observe l’accumulation progressive des événements, chacun apportant de nouveaux participants, de nouvelles équipes, de nouveaux transferts et une logistique supplémentaire.
Réduire l’impact d’une course et réduire l’impact global sont deux choses différentes
C’est probablement là que se situe le cœur du débat.
Une organisation peut parfaitement réduire l’empreinte carbone d’une édition donnée tout en développant parallèlement son activité. Les deux réalités peuvent coexister sans se contredire sur le plan comptable, mais elles ne racontent pas la même histoire.
Si une course diminue son impact de 30 %, mais que l’organisateur double ensuite le nombre d’événements proposés dans l’année, la réduction annoncée reste réelle à l’échelle de cette course. Elle ne permet cependant plus de savoir si l’empreinte globale de l’entreprise a réellement baissé.
Dans le cas du Marathon des Sables, la réduction de 50 % mise en avant concerne le MDS Legendary 2024. Ce chiffre renseigne donc sur l’évolution d’une épreuve précise, mais il ne constitue pas un bilan consolidé de l’ensemble des événements désormais organisés sous la bannière MDS.
C’est cette nuance qui change totalement la lecture.
Le vrai enjeu écologique du trail reste souvent le déplacement
Le trail entretient depuis toujours une relation particulière avec l’écologie, notamment parce qu’il se pratique dans des espaces naturels et qu’il s’appuie fortement sur l’image de la montagne, du désert ou des grands espaces.
Cette proximité avec la nature donne parfois l’impression qu’une course est écologique dès lors qu’elle laisse peu de traces sur le terrain. Pourtant, pour les événements internationaux, la majeure partie de l’impact peut être générée bien avant le départ, notamment lorsque plusieurs centaines de participants prennent l’avion pour rejoindre une destination lointaine.
Le Marathon des Sables semble d’ailleurs avoir parfaitement identifié ce problème puisqu’il cite lui-même les transports parmi les principaux défis environnementaux qui restent à résoudre.
À partir de là, la question devient plus large que celle de la seule logistique. Elle concerne directement le modèle du trail international, qui repose en grande partie sur la création de destinations capables de donner envie aux coureurs de voyager pour vivre une expérience spectaculaire.
Or plus une marque ouvre de destinations, plus elle crée potentiellement de nouvelles raisons de se déplacer.
Le Marathon des Sables suit finalement une évolution que l’on observe déjà chez plusieurs grands organisateurs : le trail est entré dans l’ère des marques mondiales
Une course fonctionne, puis elle devient une marque. Cette marque développe de nouvelles distances, décline son concept dans d’autres territoires et construit progressivement un calendrier mondial.
Cette stratégie permet évidemment de toucher davantage de pratiquants et de diversifier les expériences proposées. Elle transforme aussi profondément la relation entre le coureur et l’événement, puisque l’objectif n’est plus seulement de participer à une course mythique, mais parfois d’enchaîner plusieurs expériences proposées par le même organisateur.
C’est à ce moment précis que la question environnementale devient plus difficile à résoudre.
Une organisation peut réduire le nombre de véhicules présents sur un bivouac, optimiser les transferts ou supprimer certains vols affrétés. Si elle augmente parallèlement le nombre total de courses et de destinations, l’enjeu principal se déplace alors vers l’empreinte globale de son activité.
Lire aussi
Auteur : Axelle Anne, est la fondatrice de la redac. Dans le web depuis 1998, elle a fondé de nombreux sites et s’est mise au trail en 2010. Anti-conformiste et sans langue de bois, elle a contribué à faire sortir le trail de sa niche pour magazine plan plan pour en faire un sport grand public. Depuis 2025, elle assiste impuissante aux dérives du trail.Vous pouvez contacter Axelle Anne par MP sur FB ou regarder ses vidéos YouTube.








