sources préférées Google
🎧 L’Apple Watch Ultra 4 est sans doute la montre connectée la plus aboutie jamais commercialisée par Apple.
Mais est-elle réellement le meilleur choix pour courir un marathon, préparer un ultra-trail ou enchaîner les entraînements en montagne ?
Malgré un GPS performant, de nouveaux capteurs de santé et une autonomie améliorée, la montre américaine conserve plusieurs faiblesses face aux modèles sportifs de Garmin. À près de 900 euros, ces compromis méritent d’être examinés.
Une autonomie encore trop limitée pour les longues aventures en trail
C’est probablement le principal problème de l’Apple Watch Ultra 4 pour les pratiquants d’endurance.
Apple annonce désormais jusqu’à 50 heures d’autonomie en utilisation classique. Un progrès appréciable, mais qui reste très éloigné de ce que proposent les montres spécialisées dans les sports outdoor.
Sur le terrain, le journaliste Samuel Gibbs, qui a testé la montre pour The Guardian dans un article publié le 23 octobre 2026, a constaté une autonomie atteignant 79 heures dans ses conditions d’utilisation. Ce résultat est encourageant, mais il ne doit pas être confondu avec l’autonomie disponible pendant un enregistrement GPS continu.
Pour le sport, Apple annonce :
- Jusqu’à 18 heures d’entraînement en extérieur.
- Jusqu’à 25 heures en mode Exercice prolongé.
- Jusqu’à 45 heures en mode Exercice ultraprolongé.
Le problème est que ces modes prolongés reposent sur des compromis destinés à économiser la batterie, notamment sur le suivi de certaines données.
En comparaison, une Garmin Fenix 9 de 47 mm annonce jusqu’à 30 heures en mode activité normal et jusqu’à 81 heures avec un réglage privilégiant l’autonomie.
Pour un marathonien, l’Apple Watch Ultra 4 peut largement suffire. Pour un traileur engagé sur une course de 30, 40 ou 50 heures, la question devient beaucoup plus délicate.
Lorsqu’on court de nuit, sous la pluie et en montagne, devoir surveiller constamment sa batterie constitue une contrainte supplémentaire.
Un prix de 899 euros difficile Ă justifier pour les sportifs
L’Apple Watch Ultra 4 est commercialisée à partir de 899 euros en France.
À ce tarif, elle entre directement en concurrence avec des montres haut de gamme spécialement conçues pour l’entraînement, la montagne et les épreuves d’endurance.
Certes, Apple propose un superbe écran, une fabrication robuste, des fonctions de communication avancées et une intégration particulièrement réussie avec l’iPhone.
Mais un coureur doit se poser une question : utilise-t-il sa montre principalement pour courir ou pour prolonger les fonctionnalités de son téléphone ?
Car une bonne partie de la valeur de l’Apple Watch Ultra 4 repose sur ses fonctions connectées.
Pour quelqu’un qui cherche avant tout à enregistrer des séances, suivre sa récupération, gérer des parcours et disposer d’une autonomie confortable pendant plusieurs jours, cet investissement n’est pas nécessairement le plus pertinent.
À budget comparable, une Garmin sportive peut répondre davantage aux besoins d’un traileur.
Une évolution trop faible par rapport à l’Apple Watch Ultra 3
C’est l’une des principales critiques qui ressortent du test publié par The Guardian.
L’Apple Watch Ultra 4 ressemble énormément à sa devancière.
Le boîtier, les dimensions, l’écran et les coloris demeurent quasiment identiques.
Les changements concernent essentiellement les composants internes :
- Une nouvelle puce S11.
- Des capteurs cardiaques améliorés.
- Des mesures de fréquence cardiaque plus fréquentes.
- Un suivi de la variabilité de la fréquence cardiaque pendant la journée.
- Une autonomie et une recharge améliorées.
Ces évolutions sont intéressantes, mais elles ne révolutionnent pas l’expérience sportive.
Un coureur déjà équipé d’une Apple Watch Ultra 3 dispose toujours d’un GPS précis, d’un excellent écran et des fonctions essentielles pour enregistrer ses entraînements.
Passer à l’Ultra 4 représente donc une dépense importante pour des améliorations qui ne changeront pas fondamentalement sa manière de courir.
Un suivi de la récupération qui arrive tardivement face à Garmin
Apple progresse dans l’analyse de la fatigue et de la récupération.
Avec l’Ultra 4, les mesures de fréquence cardiaque deviennent beaucoup plus régulières pendant la journée. La montre exploite également la variabilité de la fréquence cardiaque, ou VFC, pour mieux apprécier l’état physiologique de son utilisateur.
Une nouvelle fonction de préparation physique attribue un score sur 10 afin d’estimer si l’organisme semble prêt à supporter un effort.
Pour un coureur, ces informations sont utiles.
Mais Garmin propose depuis plusieurs générations un environnement particulièrement développé autour de la récupération, des charges d’entraînement et de la préparation physique.
Les montres compatibles peuvent notamment croiser différentes données :
- Le statut d’entraînement.
- La charge d’entraînement récente.
- Les tendances de VFC.
- Le temps de récupération estimé.
- La préparation à l’entraînement.
Apple réduit donc progressivement son retard.
La nuance est importante : l’Ultra 4 n’est pas dépourvue d’outils sportifs. Elle propose désormais des fonctions pertinentes pour analyser la récupération.
En revanche, pour les pratiquants qui souhaitent suivre leur progression sur plusieurs mois et préparer des objectifs exigeants, l’écosystème Garmin reste particulièrement convaincant.
Et aucun de ces indicateurs, quelle que soit la marque, ne doit être considéré comme une mesure infaillible de la fatigue.
Une montre toujours réservée aux propriétaires d’iPhone
C’est une limite majeure que l’on oublie parfois au moment de comparer les prix.
L’Apple Watch Ultra 4 nécessite un iPhone compatible pour être configurée et utilisée dans son environnement prévu par Apple.
Impossible de profiter normalement de cette montre avec un smartphone Android.
Cette dépendance enferme donc l’utilisateur dans un écosystème précis.
Un coureur qui souhaite changer de téléphone devra tenir compte de sa montre, même s’il l’a payée près de 900 euros.
Garmin adopte une approche différente.
Ses montres sportives sont compatibles avec les smartphones Android et les iPhone, ce qui laisse davantage de liberté aux utilisateurs.
Pour un équipement destiné à accompagner plusieurs années d’entraînement, cette indépendance constitue un véritable avantage.
Des fonctions annoncées qui ne sont toujours pas disponibles
Apple a beaucoup communiqué sur les nouvelles possibilités d’intelligence artificielle de sa gamme 2026.
Certaines fonctions sont déjà utilisables, mais d’autres attendent encore leur activation.
C’est notamment le cas de nouvelles fonctionnalités audio reposant sur l’intelligence artificielle.
Parmi elles figurent Siri Recap, qui doit permettre de produire des résumés de conversations, et Live Rewind, destiné à retrouver les dernières secondes d’un échange sous forme de transcription.
Leur arrivée est annoncée pour la fin de l’année 2026.
Autrement dit, une partie des nouveautés mises en avant n’est pas encore accessible au moment de l’achat.
Pour les coureurs, ces fonctions ne représentent évidemment pas une priorité.
Mais elles illustrent un paradoxe : Apple cherche Ă justifier le positionnement haut de gamme de sa montre par des innovations qui ne concernent pas directement la performance sportive et qui, pour certaines, ne sont pas encore disponibles.
Un écran tactile et une ergonomie qui ne sont pas toujours adaptés aux conditions extrêmes
L’Apple Watch Ultra 4 conserve plusieurs commandes physiques, notamment son bouton Action personnalisable et sa couronne digitale.
Ces commandes permettent de limiter la dépendance à l’écran tactile.
Mais l’interface reste largement construite autour des interactions propres aux montres connectées Apple.
Pour un usage quotidien, cette approche est agréable et intuitive.
La situation peut être différente lorsqu’on court avec des gants, sous une pluie battante ou dans le froid.
Les montres Garmin haut de gamme disposent généralement de cinq boutons physiques permettant de naviguer dans les menus, consulter des données et contrôler certaines fonctions sans dépendre de l’écran tactile.
Pour les traileurs habitués aux longues sorties hivernales ou aux conditions météorologiques difficiles, cette ergonomie peut faire la différence.
Il ne s’agit pas de dire que l’Apple Watch Ultra 4 est inutilisable sous la pluie. Elle bénéficie d’une conception robuste et de commandes adaptées aux activités sportives.
Mais Garmin conserve un avantage pratique pour les utilisateurs qui privilégient une navigation entièrement physique.
Une personnalisation des cadrans toujours fermée
Malgré son positionnement haut de gamme, l’Apple Watch Ultra 4 ne permet toujours pas d’installer librement des cadrans créés par des développeurs tiers.
Apple conserve le contrôle de son système de cadrans, même si l’utilisateur peut personnaliser les modèles proposés et leurs complications.
Pour un usage courant, cette limitation reste relativement secondaire.
Elle illustre néanmoins une différence de philosophie avec Garmin, qui propose une plateforme Connect IQ permettant d’accéder à des cadrans et à différents outils développés par des tiers.
Pour les sportifs qui aiment organiser précisément les informations visibles sur leur montre, cette ouverture peut présenter un intérêt.
Il faut toutefois distinguer la personnalisation des cadrans de celle des écrans d’activité : l’Apple Watch permet bien d’afficher différentes données pendant les entraînements.
Un format imposant qui ne conviendra pas Ă tous les poignets
Avec son boîtier de 49 mm, son épaisseur de 12 mm et ses quelque 63 grammes, l’Apple Watch Ultra 4 reste une montre volumineuse.
Ce gabarit fait partie de son identité : il permet d’intégrer un grand écran, une batterie plus généreuse et une construction renforcée.
Mais tout le monde n’apprécie pas de porter une montre aussi imposante en permanence.
Lors des longues sorties, pendant le sommeil ou sur un poignet relativement fin, le confort devient un critère important.
Garmin propose davantage de choix de dimensions au sein de certaines gammes haut de gamme, notamment les Fenix.
L’utilisateur peut ainsi privilégier un boîtier plus compact ou choisir un modèle plus volumineux pour maximiser l’autonomie.
Apple, de son côté, impose un format unique pour son Ultra.
En résumé, pour courir sérieusement et longtemps, allez chez Garmin
L’Apple Watch Ultra 4 n’est absolument pas une mauvaise montre. C’est même un excellent produit pour ceux qui veulent associer sport, santé, communication et usages quotidiens.
Son GPS double fréquence est performant, ses capteurs cardiaques progressent et son écran reste l’un de ses grands atouts.
Mais à vouloir être une montre capable de tout faire, Apple ne répond pas toujours aussi précisément aux attentes des pratiquants d’endurance.
À près de 900 euros, les coureurs sont en droit d’attendre une autonomie très confortable, des fonctions d’entraînement approfondies et une ergonomie parfaitement adaptée aux longues heures passées dehors.
Pour courir un 10 km, préparer un semi-marathon ou enregistrer quelques sorties hebdomadaires, l’Apple Watch Ultra 4 fait largement le travail.
En revanche, pour enchaîner les entraînements, préparer un marathon, suivre sa récupération sur la durée ou prendre le départ d’un ultra-trail, Garmin apparaît comme un choix plus cohérent.
Notre conseil est donc simple : si vous cherchez avant tout une montre connectée, choisissez Apple. Si vous cherchez avant tout une montre pour courir, allez chez Garmin.
La Garmin Fenix 9 Pro AMOLED inReach est en vente sur i-run
Sources
- The Guardian, test publié le 23 octobre 2026 ;
- Apple, données officielles d’autonomie ;
- Garmin, caractéristiques d’autonomie de la Fenix 9.
Lire aussi
- La Garmin Fenix 8 est une meilleure montre de trail que l’Apple Watch Ultra 2
- Garmin dépasse encore les Apple Watch
- Apple Watch Ultra 2 vs Garmin Fenix 8 : quelle montre GPS choisir pour faire du trail ?
Auteur : Axelle Anne, est la fondatrice de la redac. Dans le web depuis 1998, elle a fondĂ© de nombreux sites et s’est mise au trail en 2010. Anti-conformiste et sans langue de bois, elle a contribuĂ© Ă faire sortir le trail de sa niche pour magazine plan plan pour en faire un sport grand public. Depuis 2025, elle assiste impuissante aux dĂ©rives du trail.Vous pouvez contacter Axelle Anne par MP sur FB ou regarder ses vidĂ©os YouTube.










