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🎧 C’est une hypothèse éditoriale, et rien ne permet aujourd’hui d’affirmer que les forfaits des grandes stars du trail sont liés à l’image de l’UTMB. Mais la question mérite d’être posée, tant le contexte autour de l’événement a changé.
Pendant des années, participer à l’UTMB représentait presque un passage obligé pour les meilleurs traileurs de la planète.
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Chamonix était la grande scène, celle où il fallait être vu, performer, gagner et parfois même construire une partie de son image. Une victoire sur l’UTMB pouvait changer une carrière, et une simple présence sur la ligne de départ suffisait déjà à placer un athlète au centre du monde du trail pendant une semaine.
En 2026, pourtant, quelque chose semble avoir changé. La liste des grands absents est devenue impressionnante : Kilian Jornet, Jim Walmsley, Mathieu Blanchard, Tom Evans, François D’Haene, Ben Dhiman… On a accusé les contrôles anti-dopage, certains sont juste blessés, d’autres ont leurs propres raisons sportives ou personnelles. Mais à force de voir les forfaits s’accumuler, une autre hypothèse mérite d’être posée : et si l’UTMB était tout simplement devenu moins désirable pour certaines élites ?
Avant l’UTMB était un passage obligé, on disait même qu’il fallait avoir fait l’UTMB pour avoir réussir sa vie
L’UTMB a longtemps été bien plus qu’une course. Pour un coureur élite, venir à Chamonix signifiait entrer dans le principal théâtre médiatique du trail mondial : les sponsors étaient présents, les médias aussi, les images circulaient partout et l’événement concentrait une visibilité difficile à retrouver ailleurs.
L’UTMB incarnait alors ce que le trail avait de plus prestigieux, au point que même sans gagner, être sur la ligne de départ comptait. Chamonix était devenu « l’endroit où il fallait être », avec tout ce que cela impliquait en termes de carrière, d’exposition et de reconnaissance.
Mais l’image de l’UTMB est en train de changer
Depuis plusieurs années, les critiques s’accumulent autour de l’événement. Commercialisation du trail, multiplication des courses, Running Stones, poids d’Ironman dans le capital, saturation de Chamonix, financements publics, impact environnemental, critiques d’élus locaux : l’UTMB reste immense, mais son image devient beaucoup plus clivante.
L’article publié par Mediapart sur l’UTMB à quelques jours de l’édition 2026 en est un nouvel exemple. Ce qui est en train de changer, ce n’est donc pas forcément la puissance de l’événement, mais la manière dont cette puissance est perçue.
Or, pour une élite, l’image personnelle fait désormais partie intégrante de la carrière. Un athlète choisit ses courses pour leur intérêt sportif, bien sûr, mais aussi pour ce qu’elles racontent de lui, de ses valeurs, de son rapport à la montagne et de la manière dont il souhaite construire son parcours.
C’est là que la question devient intéressante.
Être absent de l’UTMB est limite plus en 2026 que d’y être
Il y a encore quelques années, manquer l’UTMB pouvait donner l’impression de manquer le rendez-vous de l’année. Aujourd’hui, la situation pourrait progressivement s’inverser.
Un coureur très connu peut construire sa saison ailleurs, choisir des courses plus sauvages, se lancer dans des projets personnels, tenter des records, des FKTs ou privilégier des épreuves dont l’image correspond davantage à ce qu’il veut incarner.
Kilian Jornet en est peut-être l’exemple le plus évident : sa carrière n’a plus besoin de l’UTMB pour exister. Jim Walmsley non plus, et Mathieu Blanchard, Tom Evans ou François D’Haene disposent également d’une notoriété suffisante pour continuer à peser médiatiquement en dehors de Chamonix.
Cela ne signifie évidemment pas que leurs forfaits de 2026 constituent une prise de position contre l’UTMB. Rien ne permet de l’affirmer. Mais leur absence montre au minimum une chose : l’UTMB n’est peut-être plus aussi indispensable à la carrière d’un champion qu’il ne l’était autrefois.
L’hypothèse antidopage était spectaculaire, celle-ci est peut-être plus profonde
La proximité entre l’annonce de contrôles antidopage renforcés et plusieurs forfaits avait forcément alimenté les discussions. Mais sans preuve, impossible d’établir le moindre lien entre ces deux éléments.
Il existe peut-être une explication plus simple, et surtout plus structurelle. L’UTMB aurait atteint un tel niveau de puissance commerciale et médiatique que certaines élites pourraient désormais considérer qu’elles ont davantage à gagner en construisant leur propre histoire qu’en participant systématiquement à celle de l’UTMB.
Ce serait un changement considérable, parce que pendant longtemps, l’UTMB contribuait à fabriquer les stars du trail. Aujourd’hui, certaines de ces stars n’ont peut-être tout simplement plus besoin de l’UTMB pour exister, ni sportivement ni médiatiquement.
En résumé, le vrai danger pour l’UTMB serait de devenir ringard
L’UTMB peut parfaitement supporter quelques forfaits. La course restera pleine, les spectateurs seront là et Chamonix continuera de vivre au rythme du trail pendant une semaine.
Le risque serait ailleurs.
Si une partie des meilleurs coureurs commence à considérer que l’événement est devenu trop commercial, trop institutionnel ou simplement moins attirant que d’autres aventures, le problème devient culturel. Dans le sport comme dans la mode, une marque peut rester extrêmement puissante tout en cessant progressivement d’être « cool ».
Et c’est peut-être exactement la question qui commence à se poser autour de l’UTMB.
Le vent est-il réellement en train de tourner ? Pour l’instant, impossible de l’affirmer. Mais lorsque les critiques viennent à la fois des élus, des associations environnementales, d’une partie de la presse, tandis que plusieurs des plus grandes stars du trail ne sont plus sur la ligne de départ, la question mérite au moins d’être posée.
Et si, en 2026, le vrai problème de l’UTMB n’était plus de convaincre les coureurs de venir, mais de continuer à donner envie aux stars d’être associées à son image ?
Cet article est un éditorial fondé sur une hypothèse et une analyse de contexte. Il ne prétend pas établir les motivations réelles des athlètes cités, ni relier leurs forfaits à une prise de position contre l’UTMB. À ce jour, aucun élément factuel ne permet d’affirmer que Kilian Jornet, Jim Walmsley, Mathieu Blanchard, Tom Evans, François D’Haene, Ben Dhiman ou d’autres coureurs ont renoncé à participer à l’UTMB en raison de l’image de l’événement. Leurs absences peuvent s’expliquer par des raisons sportives, médicales, personnelles ou de calendrier propres à chacun.
La thèse développée ici consiste uniquement à poser une question éditoriale : dans un contexte où l’UTMB fait l’objet de critiques croissantes sur son modèle économique, son impact environnemental, sa commercialisation et sa place dans les territoires, l’association à l’image de l’événement peut-elle devenir moins attractive pour certaines élites ? Cette hypothèse relève de l’analyse et ne doit pas être interprétée comme l’affirmation d’un fait, d’une intention ou d’une position attribuée aux athlètes concernés.
Vous pouvez contacter Axelle Anne par MP sur FB ou regarder ses vidéos YouTube.
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