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Aurélien Sanchez détient désormais le meilleur chrono sur le Pacific Crest Trail.
Son temps provisoire améliore de 16 heures et 35 minutes les 46 jours, 12 heures et 50 minutes réalisés par Karel Sabbe en 2023.
Sa performance ne souffre d’aucune contestation sportive : après plus de 4 000 kilomètres, une infection au pied, un passage aux urgences, des épisodes de chaleur et un final couru à très gros volume, le Français est allé chercher le record dans les derniers jours.
Mais un commentaire reçu après son arrivée remet sur la table une autre question : que vaudrait réellement l’écart entre les deux hommes si Sabbe avait bénéficié en 2023 des mêmes conditions de terrain ?
Aurélien Sanchez a dû aller chercher son record au sprint dans les derniers jours
La traversée d’Aurélien Sanchez n’a rien eu d’une démonstration tranquille. Le Français a alterné les périodes d’avance et de retard par rapport au rythme de Karel Sabbe.
Il a également dû gérer la chaleur, la déshydratation, une infection au pied, un passage aux urgences, les difficultés logistiques et une fatigue accumulée considérable. Dans les derniers jours, il a pourtant réussi à augmenter encore son volume quotidien. Le San Francisco Chronicle rapporte qu’il a dépassé 59 miles par jour, soit environ 95 kilomètres quotidiens, pendant les deux dernières semaines. Cette accélération lui a permis de reprendre puis de creuser l’écart sur le rythme de référence du Belge.
La performance reste donc exceptionnelle : Sanchez n’a pas simplement profité d’un parcours plus favorable, il a surtout réussi à rester capable de produire un effort très élevé après plus de six semaines de course et de marche.
Pourquoi l’un de nos lecteurs estime que Karel Sabbe aurait pu aller beaucoup plus vite en 2023

Sous l’un de nos post Facebook, un lecteur anglophone a souligné deux différences majeures entre les tentatives : la neige exceptionnelle rencontrée par Sabbe dans la Sierra Nevada et les détours imposés par les incendies dans l’État de Washington.
Selon lui, ces contraintes auraient pu coûter jusqu’à deux jours au Belge. Il estime également que Sabbe, largement devant l’ancien record en 2023, n’avait pas eu besoin de pousser jusqu’à ses limites absolues dans les derniers jours. Son hypothèse est spectaculaire : dans une année plus favorable, Karel Sabbe pourrait peut-être descendre sous les 45 jours. Le fait que les conditions de 2023 aient été nettement plus difficiles sur certaines portions du PCT est effectivement documenté.
Parce qu’en 2023, Karel Sabbe avait traversé une Sierra Nevada exceptionnellement enneigée
L’année 2023 avait été particulièrement compliquée sur le Pacific Crest Trail. Karel Sabbe expliquait lui-même que l’enneigement de la Sierra Nevada l’avait inquiété plusieurs mois avant sa tentative.
Son équipe avait même repoussé son départ d’un mois, du 10 juin au 10 juillet, afin d’attendre une amélioration des conditions. Lorsqu’il est finalement arrivé dans la High Sierra, la neige était encore très présente. Sabbe racontait avoir traversé cette partie avec deux accompagnateurs, du matériel supplémentaire et des sacs plus lourds. Les traversées de rivières avaient également été rendues plus dangereuses par la fonte des neiges.
Sur un itinéraire aussi long, ce type de contrainte coûte du temps à plusieurs niveaux : progression plus lente, fatigue musculaire plus importante, vigilance accrue et matériel plus lourd.
Parce que les incendies avaient aussi imposé un énorme détour à Sabbe
Les difficultés de 2023 ne se sont pas arrêtées à la Sierra Nevada. Dans l’État de Washington, plusieurs incendies avaient entraîné la fermeture de portions du Pacific Crest Trail.
Sabbe avait alors dû emprunter un important itinéraire de contournement. Runner’s World évoquait à l’époque un détour d’environ 70 miles, soit plus de 110 kilomètres. Le Belge expliquait de son côté avoir suivi la déviation recommandée par la Pacific Crest Trail Association, avec un terrain raide et des sentiers parfois peu entretenus.
Il estimait que les incendies avaient ajouté environ une journée à son temps final. Aurélien Sanchez n’a pas rencontré une contrainte comparable sur sa fin de parcours en 2026.
Attention, le record d’Aurélien Sanchez ne souffre d’aucune contestation : il a parcouru le Pacific Crest Trail plus vite que Karel Sabbe et possède aujourd’hui le meilleur chrono.
Mais les conditions rencontrées par le Belge en 2023 obligent à nuancer toute comparaison directe entre les deux performances.
Sabbe avait notamment dû composer avec une Sierra Nevada encore très enneigée, puis avec un détour de plus de 100 kilomètres provoqué par les incendies dans l’État de Washington. Ces contraintes ont forcément pesé sur son temps final. Sabbe estimait lui-même que les incendies lui avaient coûté environ une journée. En revanche, personne ne peut sérieusement transformer ces difficultés en un chrono théorique et affirmer qu’il aurait terminé en 44 jours ou gagné exactement deux jours.
Ce que l’on peut dire, en revanche, c’est que son temps de 46 jours, 12 heures et 50 minutes avait été obtenu dans un contexte particulièrement défavorable. Cela rend son ancienne référence encore plus impressionnante et montre surtout que le potentiel du PCT était probablement déjà inférieur à 46 jours.
Aurélien Sanchez a désormais déplacé cette limite à 45 jours, 20 heures et 15 minutes. La vraie question n’est donc plus de savoir lequel des deux a réalisé la performance la plus “pure”, mais jusqu’où ce record peut encore descendre dans une année favorable.
Analyse uTrail : un Pacific Crest Trail sous les 45 jours devient désormais crédible
Le nouveau record d’Aurélien Sanchez ouvre en revanche une perspective beaucoup plus concrète. Avec un chrono de 45 jours, 20 heures et 15 minutes, le Français termine à seulement 20 heures et 15 minutes de la barre des 45 jours. Cette limite paraît donc désormais accessible. Sabbe a déjà démontré qu’il pouvait maintenir près de 95 kilomètres par jour dans des conditions très difficiles.
Sanchez vient de prouver qu’un athlète pouvait conserver ce niveau de rendement pendant près de 46 jours et encore accélérer dans la dernière partie de la traversée. Avec une année favorable, une logistique parfaitement maîtrisée et un organisme épargné par une grosse blessure, passer sous les 45 jours n’a plus rien d’une hypothèse fantaisiste.
La prochaine grande bataille pourrait bien être celle des 45 jours.
Sources
Cet article s’appuie sur le chrono et le récit de la tentative d’Aurélien Sanchez rapportés par le San Francisco Chronicle, ainsi que sur les témoignages de Karel Sabbe concernant son record de 2023. Les conditions exceptionnellement enneigées de la Sierra Nevada et les difficultés liées aux traversées de rivières avaient été décrites par le Belge après sa tentative. Son site officiel précise également que les incendies lui avaient imposé une importante déviation dans l’État de Washington, qu’il estimait à environ une journée supplémentaire. Runner’s World évoquait de son côté un détour d’environ 70 miles. L’hypothèse selon laquelle ces conditions auraient coûté deux jours à Sabbe provient d’un commentaire de lecteur et reste une estimation, pas une donnée démontrée.
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Auteur : Axelle Anne, est la fondatrice de la redac. Dans le web depuis 1998, elle a fondé de nombreux sites et s’est mise au trail en 2010. Anti-conformiste et sans langue de bois, elle a contribué à faire sortir le trail de sa niche pour magazine plan plan pour en faire un sport grand public. Depuis 2025, elle assiste impuissante aux dérives du trail.
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