🎧 En moins d’une semaine, deux randonneurs asiatiques ont perdu la vie dans le massif du Mont-Blanc.
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Samedi 18 juillet, un Japonais de 67 ans est décédé alors qu’il effectuait le Tour du Mont-Blanc. Deux jours plus tard, lundi 20 juillet, un randonneur chinois de 69 ans a perdu la vie après une chute dans le secteur de La Flégère, au-dessus de Chamonix. Les circonstances sont différentes, mais ces deux drames survenus dans des secteurs emblématiques du massif rappellent à quel point le Tour du Mont-Blanc est devenu une destination internationale, très fréquentée, sans pour autant perdre les contraintes et les risques propres à la montagne.
Décès sur le Tour du Mont-Blanc
Un randonneur chinois de 69 ans meurt après une chute à La Flégère
Un nouveau drame s’est produit lundi 20 juillet dans les montagnes qui dominent Chamonix, où un randonneur chinois âgé de 69 ans évoluait dans le secteur de La Flégère, au cœur du massif des Aiguilles Rouges. Selon les premiers éléments communiqués après l’intervention, l’homme a chuté d’une barre rocheuse d’une vingtaine de mètres.
Des témoins présents dans le secteur ont rapidement donné l’alerte, entraînant l’intervention du Peloton de gendarmerie de haute montagne de Chamonix, appuyé par l’hélicoptère Dragon 74 de la Sécurité civile. Un médecin des Hôpitaux du Pays du Mont-Blanc a également été acheminé auprès de la victime, mais les secours n’ont pas pu la sauver. Le décès a été constaté sur place avant l’évacuation du corps vers la base hélicoptère des Bois.
La Flégère se trouve dans un secteur directement emprunté par le Tour du Mont-Blanc
Une précision reste toutefois importante : les informations diffusées après l’accident ne permettent pas d’affirmer que le randonneur chinois effectuait lui-même l’intégralité du Tour du Mont-Blanc. Il évoluait en revanche dans un secteur directement associé au TMB et fréquenté quotidiennement par les marcheurs qui parcourent les Aiguilles Rouges.
Selon le sens choisi et les variantes empruntées, les randonneurs du Tour du Mont-Blanc passent notamment par La Flégère, le secteur du lac Blanc et le balcon sud avant de rejoindre Chamonix, le Brévent ou Les Houches. La zone est par ailleurs très fréquentée par les randonneurs à la journée, attirés par la facilité relative d’accès depuis la vallée et par certains des panoramas les plus connus sur le massif du Mont-Blanc.
Deux jours plus tôt, un randonneur japonais était mort sur le TMB
Ce décès est intervenu seulement deux jours après un premier drame concernant un autre randonneur asiatique. Samedi 18 juillet, un Japonais de 67 ans qui effectuait le Tour du Mont-Blanc a été victime d’un malaise sur la commune des Contamines-Montjoie, alors qu’il progressait dans le secteur du Plan des Dames.
Le randonneur se trouvait à proximité du col du Bonhomme, un passage emblématique du TMB situé à plus de 2 300 mètres d’altitude. Malgré l’intervention des secours et de l’hélicoptère Choucas 74, il n’a pas pu être réanimé.
Les circonstances des deux décès n’ont donc rien de comparable : le premier est lié à un malaise, tandis que le second résulte d’une chute. Aucun élément ne permet d’établir un lien entre ces deux accidents, si ce n’est leur proximité géographique et temporelle.
Analyse uTrail : deux victimes asiatiques, mais attention aux conclusions trop rapides
Le fait que les deux victimes soient originaires d’Asie, l’une japonaise et l’autre chinoise, peut évidemment interpeller lorsqu’on observe que ces deux drames se sont produits à seulement deux jours d’intervalle. Il serait toutefois beaucoup trop rapide d’en déduire que les pratiquants asiatiques seraient davantage exposés aux accidents sur le Tour du Mont-Blanc ou dans le massif de Chamonix.
Ces deux événements racontent probablement autre chose, à savoir la transformation progressive du Mont-Blanc et du TMB en destinations touristiques mondiales. Le premier randonneur venait du Japon, le second de Chine, ce qui illustre surtout la capacité de Chamonix et des grands itinéraires alpins à attirer des marcheurs venus de très loin pour découvrir des paysages devenus emblématiques bien au-delà de l’Europe.
Le Tour du Mont-Blanc est devenu une destination mondiale
Le Tour du Mont-Blanc n’est plus seulement un grand itinéraire fréquenté par des montagnards français, suisses ou italiens. Il attire aujourd’hui des randonneurs venus du monde entier, avec près de 75 000 personnes ayant parcouru tout ou partie de l’itinéraire durant l’été 2025, selon les chiffres cités après le premier accident.
Cette attractivité s’explique facilement par le caractère exceptionnel du parcours. Sur environ 170 kilomètres et près de 10 000 mètres de dénivelé positif, le TMB traverse la France, l’Italie et la Suisse en faisant le tour complet du massif du Mont-Blanc, avec une succession de cols, d’alpages, de glaciers et de panoramas qui en ont fait l’un des grands itinéraires de randonnée les plus connus au monde.
Son développement touristique a également changé la manière de l’aborder. Refuges, agences spécialisées, séjours organisés, transferts de bagages, traces GPS et possibilités de réservation ont rendu l’aventure beaucoup plus simple à organiser qu’autrefois. Cette accessibilité logistique peut cependant donner une image trompeuse, car elle ne transforme pas pour autant le TMB en itinéraire sans risque.
Le succès touristique du TMB peut faire oublier qu’il reste un itinéraire de montagne
C’est probablement là que se trouve l’un des principaux enseignements de cette succession de drames. Le paradoxe du Tour du Mont-Blanc tient au fait que son immense popularité peut donner l’impression d’un itinéraire parfaitement maîtrisé, alors que les contraintes du terrain restent celles de la montagne.
Lorsque plusieurs milliers de personnes empruntent les mêmes sentiers chaque été, que des refuges jalonnent les étapes, que les agences proposent des parcours presque clés en main et que l’intégralité de la trace peut être enregistrée sur une montre GPS ou un smartphone, le TMB prend parfois l’apparence d’un produit touristique extrêmement balisé et sécurisé.
La réalité reste pourtant plus exigeante. Le Tour du Mont-Blanc représente environ 170 kilomètres, près de 10 000 mètres de dénivelé positif, plusieurs passages au-dessus de 2 000 mètres et de longues journées d’effort répétées. Certains secteurs sont rocheux, d’autres peuvent devenir délicats lorsque la météo change brutalement, tandis que les Aiguilles Rouges comportent des portions plus techniques, notamment autour des itinéraires qui rejoignent le lac Blanc.
La forte fréquentation n’efface donc ni le risque de chute, ni la fatigue accumulée, ni les effets possibles de la chaleur, de l’altitude ou des variations météorologiques. Elle peut même parfois contribuer à banaliser la perception du danger, simplement parce que l’on évolue au milieu de nombreux autres randonneurs.
En résumé, la mondialisation du Tour du Mont-Blanc change le profil de ceux qui le parcourent
C’est sans doute l’élément d’analyse le plus intéressant derrière ces deux décès. La réussite touristique du TMB permet aujourd’hui à des personnes venues de l’autre bout du monde d’organiser assez facilement un séjour autour du Mont-Blanc et, pour certaines, de réaliser l’un des grands voyages sportifs ou personnels de leur vie.
Cette ouverture internationale est évidemment une richesse pour le massif, mais elle signifie aussi que l’on retrouve sur un même itinéraire des pratiquants aux profils très différents. De jeunes traileurs extrêmement entraînés peuvent croiser des randonneurs plus âgés, des habitués de la haute montagne ou au contraire des marcheurs dont le TMB représente la première grande expérience alpine.
Il ne s’agit pas de prétendre qu’une nationalité serait moins préparée qu’une autre, ni de tirer des conclusions générales à partir de deux accidents isolés. La vraie question concerne plutôt le décalage possible entre l’image internationale du Tour du Mont-Blanc, devenu une destination mythique, structurée et très touristique, et la réalité physique d’un parcours qui demeure exigeant.
Les décès survenus les 18 et 20 juillet ne permettent donc pas d’affirmer que le Tour du Mont-Blanc serait devenu plus dangereux. Ils rappellent simplement que sa mondialisation, son succès et sa fréquentation record n’ont pas supprimé les risques inhérents au terrain alpin.
On peut venir du bout du monde pour réaliser le Tour du Mont-Blanc, mais la montagne, elle, ne devient pas plus facile parce que le sentier est célèbre.
Sources
- Le Dauphiné Libéré, 18 juillet 2026, « Un randonneur japonais décède lors du Tour du Mont-Blanc »
- Le Dauphiné Libéré, 20 juillet 2026, « Chamonix : un randonneur chinois meurt après une chute de 20 mètres à La Flégère »
- Informations relatives à l’itinéraire et aux secteurs de La Flégère et du lac Blanc : documentation consacrée au Tour du Mont-Blanc.
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