🎧 À quelques jours de la Hardrock 100, Tom Evans a tenu à remettre les pendules à l’heure.
Depuis plusieurs semaines, une vidéo montrant le Britannique s’entraîner sur un tapis roulant incliné, équipé d’un gilet lesté, fait le tour des réseaux sociaux. Pour certains, cette préparation symboliserait une dérive du trail vers un sport de laboratoire. Pour le vainqueur de l’UTMB 2024, la réalité est beaucoup plus simple : il utilise les outils dont il dispose pour être le plus performant possible en montagne.
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La vidéo de Tom Evans est devenue virale… et est très critiquée
La séquence a suscité des milliers de commentaires. On y voit Tom Evans courir en descente sur un tapis roulant capable de reproduire de très fortes pentes, avec un gilet lesté destiné à accentuer les contraintes musculaires.
Beaucoup y ont vu une préparation déconnectée de l’esprit du trail. Certains internautes sont même allés jusqu’à affirmer que le Britannique réalisait l’essentiel de son entraînement sur tapis roulant.
Une affirmation que l’intéressé dément catégoriquement.
« Je préfère largement courir en montagne »
Dans le podcast de Singletrack, Tom Evans explique que ces séances représentent une infime partie de son entraînement.
Il estime que près de 95 % de son volume est réalisé en extérieur, sur les sentiers et en montagne. Le tapis roulant ne constitue qu’un complément, utilisé dans un objectif très précis.
« Je préfère largement être dehors en montagne plutôt que sur un tapis », explique-t-il.
Il rappelle néanmoins que le Royaume-Uni ne possède pas les longues descentes alpines ou celles des montagnes du Colorado nécessaires pour préparer une course comme la Hardrock 100.
Pourquoi s’entraîner sur un tapis roulant ?
Pour Tom Evans, l’intérêt du tapis roulant n’est pas de remplacer la montagne.
Son objectif est de reproduire, dans un environnement parfaitement contrôlé, les contraintes musculaires des longues descentes.
Grâce au tapis incliné et au gilet lesté, il peut travailler les contractions excentriques des quadriceps, responsables des douleurs et de la fatigue musculaire qui apparaissent après plusieurs centaines de mètres de dénivelé négatif.
Cette méthode lui permet également de mesurer précisément ses progrès.
Contrairement à une sortie en montagne où le vent, la température, l’état du terrain ou la fatigue peuvent modifier les sensations, le tapis offre toujours les mêmes conditions. Si les performances s’améliorent d’une séance à l’autre, c’est que le travail porte ses fruits.
« Pourquoi attendre la course pour savoir si l’entraînement fonctionne ? »
Tom Evans compare cette approche à celle de l’athlétisme sur piste.
Les meilleurs coureurs de 5 000 m réalisent régulièrement des séances en salle afin de contrôler tous les paramètres de leur entraînement.
Pour lui, le raisonnement est identique en trail.
Pourquoi découvrir le jour de la course que les quadriceps ne supportent pas les longues descentes alors qu’il est possible de le vérifier plusieurs semaines auparavant ?
Cette philosophie résume parfaitement sa vision de la préparation : tester, mesurer, corriger, puis arriver sur la ligne de départ avec le moins d’incertitudes possible.
Une méthode qui ne remplace pas la montagne
Le Britannique reconnaît volontiers que le tapis roulant ne reproduit pas parfaitement les sensations du terrain.
L’équilibre, les appuis, les changements de direction ou la lecture du sentier restent impossibles à recréer en intérieur.
C’est pourquoi il insiste sur le fait que ces séances viennent uniquement compléter son travail en montagne.
Selon lui, si l’on n’est pas capable de produire un certain niveau d’effort dans un environnement contrôlé, il sera encore plus difficile d’y parvenir une fois confronté aux aléas d’une véritable course en altitude.
La préparation de Tom Evans est pensée pour la Hardrock 100
Toute la préparation de Tom Evans est orientée vers les exigences très particulières de la Hardrock 100.
En plus des séances sur tapis, il a multiplié les stages en altitude, les longues randonnées rapides, le travail musculaire spécifique aux descentes ainsi que les protocoles d’acclimatation.
Son objectif est simple : arriver dans les montagnes du Colorado avec des quadriceps capables d’enchaîner plusieurs descentes de près de 1 000 mètres de dénivelé négatif sans compromettre les ascensions suivantes.
Pour lui, la technologie n’est donc pas une fin en soi.
Elle constitue simplement un moyen de mieux préparer les contraintes qu’il rencontrera le jour de la course.
Comprendre l’entrainement de Tom Evans
| Aspect | Ce que dit Tom Evans |
|---|---|
| Pourquoi le tapis roulant ? | Pour reproduire les longues descentes de montagne dans un environnement contrôlé. |
| Objectif principal | Renforcer les quadriceps et améliorer la résistance musculaire aux descentes. |
| Gilet lesté | Il accentue les contraintes musculaires afin de simuler les efforts de la Hardrock 100. |
| Part du tapis dans son entraînement | Environ 5 % seulement de son volume total. Les 95 % restants sont réalisés en extérieur. |
| Pourquoi ne pas tout faire en montagne ? | Le Royaume-Uni ne possède pas de descentes aussi longues que celles du Colorado ou des Alpes. |
| Avantage du tapis | Les conditions sont toujours identiques, ce qui permet de mesurer objectivement les progrès. |
| Réponse aux critiques | Le tapis ne remplace pas la montagne, il complète simplement la préparation. |
| Philosophie | Tester les capacités du corps avant la course plutôt que découvrir ses limites le jour J. |
| Préparation globale | Tapis roulant, altitude, longues marches, travail excentrique et reconnaissance du parcours. |
| Objectif final | Arriver à la Hardrock 100 avec des quadriceps capables d’enchaîner les descentes sans compromettre les montées suivantes. |
L’entrainement trail de Tom Evans expliqué

En résumé, le trail évolue, mais la montagne reste le juge de paix
Les critiques adressées à Tom Evans illustrent un débat qui traverse aujourd’hui le monde du trail.
Faut-il conserver une préparation uniquement basée sur les sorties en pleine nature, ou accepter l’arrivée d’outils issus de la recherche scientifique et de la haute performance ?
Le Britannique ne prétend pas détenir la vérité. Il affirme simplement utiliser tous les moyens légaux à sa disposition pour devenir la meilleure version de lui-même.
Et il rappelle une évidence : aucune séance sur tapis roulant, aussi sophistiquée soit-elle, ne remplacera jamais les dizaines d’heures passées en montagne.
Au final, c’est toujours sur les sentiers que se joue le verdict. Les appareils permettent de préparer la course, mais ils ne franchissent jamais la ligne d’arrivée à la place des coureurs.
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