🎧 Western States en direct : Hans Troyer est devant Francesco Puppi, Vincent Bouillard et Jim Walmsley
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C’est l’image improbable de cette première partie de course sur la Western States 2026. Alors qu’on attendait un dĂ©but de course très calculĂ© entre les grands noms connus, un jeune visage s’est installĂ© en tĂŞte de la course, celui de Hans Troyer. Ă€ seulement 26 ans, cet AmĂ©ricain est en train d’imposer son rythme face Ă une concurrence pourtant très Ă©levĂ©e.
La Western States 2026 – Le plus gros plateau de la dĂ©cennie
Pour mieux comprendre l’audace de Troyer, il faut rappeler le poids des athlètes qui sont derrière lui aujourd’hui. Cette 53ème Ă©dition de la Western States 100 (161 km et 5500 m de D+) est d’une densitĂ© historique.
Après une année 2025 plus ouverte, 2026 s’annonçait comme un choc des titans.
Jim Walmsley, le quadruple vainqueur et patron incontesté de la course, est de retour pour asseoir sa légende.
Kilian Jornet, le patron, revient sur cette épreuve quinze ans après sa victoire de 2011, mais blessé, il a préféré mettre le clignotant.
Vincent Bouillard, le vainqueur de l’UTMB 2024, est venu se tester sur le sol amĂ©ricain avec de grandes ambitions.
L’Italien Francesco Puppi est également là pour se mesurer aux favoris.
Dans ce contexte, et face Ă une longue liste d’élites, voir un jeune athlète de 26 ans donner le rythme Ă l’avant peut ĂŞtre considĂ©rĂ© comme audacieux.
Hans Troyer, hôpital, maladie et résilience
Hans Troyer fait partie de cette nouvelle gĂ©nĂ©ration de coureurs issus du cross-country universitaire amĂ©ricain qui arrivent avec une vitesse dĂ©jĂ Ă©norme sur les sentiers. Mais son parcours s’est construit dans la douleur, et fait de lui un habituĂ© des montagnes russes Ă©motionnelles et mĂ©dicales.
Connu du public AmĂ©ricain grâce Ă sa victoire Ă la Bandera 100K dĂ©but 2024, il prend le dĂ©part dans la foulĂ©e sur le 100K de Black Canyon. Il y repousse alors ses limites bien au-delĂ de ce qui est raisonnable, termine 10ème mais dans un Ă©tat de dĂ©shydratation avancĂ©, et dĂ©veloppe une grave rhabdomyolyse (destruction des cellules musculaires qui sature les reins). Le bilan est lourd, et Hans termine alitĂ© 12 jours sur un lit d’hĂ´pital. C’est pour lui une leçon sur le devoir d’écouter les limites de son corps.
En 2025, c’est l’ascenseur Ă©motionnel. Après avoir remportĂ© son Golden Ticket aux Canyons 100K, sa prĂ©paration pour sa première Western States est coupĂ©e nette par une violente grippe printanière qui l’oblige Ă revoir sa saison. Pourtant, fin juin, il prend tout de mĂŞme le dĂ©part et arrive Ă une magnifique 8ème place en 16h06 pour ses grands dĂ©buts sur le format 100 miles, malgrĂ© des quadriceps dĂ©truits dès le 70ème kilomètre.
2026 pourrait donc ĂŞtre l’annĂ©e de la rĂ©vĂ©lation. Si sa tactique de course actuelle peut sembler folle, elle s’appuie pourtant sur des rĂ©sultats tout frais. En fĂ©vrier dernier, Troyer est retournĂ© sur les 100K de Black Canyon pour prendre sa revanche sur l’annĂ©e passĂ©e ou il n’avait pas pu prendre le dĂ©part. Le rĂ©sultat fut une dĂ©monstration de force, une victoire large et surtout un record sur le parcours en 7h20.
DĂ©sormais installĂ© Ă Boulder dans le Colorado pour s’entraĂ®ner en altitude, il a prĂ©parĂ© cette Ă©dition 2026 avec maturitĂ©.
« Faire quelque chose de spĂ©cial » – Une agressivitĂ© assumĂ©e et calculĂ©e
Lors d’une interview d’avant-course, Hans Troyer n’a pas cachĂ© ses ambitions, affichant une confiance totalement diffĂ©rente de celle de l’an dernier. En 2025, il avouait ĂŞtre juste heureux d’être lĂ après une annĂ©e chaotique. Cette annĂ©e, son discours a changĂ©, il explique vouloir mettre toutes ses billes sur la table et vouloir faire quelque chose de spĂ©cial.
Loin d’ĂŞtre une pulsion irrĂ©flĂ©chie, sa stratĂ©gie de partir devant et de dynamiter la course est donc complètement assumĂ©e, mais on ne l’avait pas vu venir.
La grande diffĂ©rence par rapport Ă ses dĂ©buts en trail, c’est qu’il affirme avoir mĂ»ri et rationalisĂ© ses ardeurs. Avec son expĂ©rience de l’an passĂ© oĂą ses cuisses l’avaient lâchĂ© Ă mi-course, il s’est prĂ©sentĂ© sur la ligne de dĂ©part avec un protocole de nutrition et de gestion de la chaleur très strict, bien dĂ©cidĂ© Ă prouver que sa pointe de vitesse peut tenir sur la distance reine.
En résumé, se positionner en tête de la Western States, suivi de près par Puppi, Bouillard et Walmsley, prêts à lui passer devant à la moindre défaillance, est un coup de poker absolu.
Les sommets de la Sierra Nevada ne pardonneront aucun excès d’ambition, et la chaleur de l’après-midi peut très rapidement redistribuer les cartes.
Qu’il tienne la distance jusqu’Ă l’arrivĂ©e ou qu’il paie lourd dans la seconde moitiĂ© de course son excès de confiance, Hans Troyer nous montre en ce moment mĂŞme que l’ultra-trail va devoir retenir son nom.
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