sources préférées Google
🎧
Les Championnats d’Europe d’athlétisme se déroulent en ce moment à Birmingham du 10 au 16 août 2026.
Pour cette édition, les diffuseurs disposent de nouvelles recommandations concernant la manière de filmer les épreuves féminines. L’Union européenne de radio-télévision (UER) et European Athletics veulent notamment éviter certains cadrages et ralentis considérés comme susceptibles de sexualiser les athlètes.
Elle ne reflète en aucun cas la position de u-Trail. Son utilisation vise uniquement à illustrer la polémique suscitée par ces nouvelles recommandations de cadrage. u-Trail ne souhaite stigmatiser aucune personne, aucune religion ni aucune communauté, et entend traiter ce sujet sous un angle strictement journalistique et sportif.
Un guide de 23 pages consacré aux images des athlètes féminines
Publié en juin 2026, le document intitulé Raising the Bar: Guidelines for Respectful Media Coverage in Women’s Athletics compte 23 pages. Il a été élaboré par l’UER en collaboration avec European Athletics.
L’objectif affiché est clair : faire en sorte que la réalisation télévisée mette davantage en valeur la performance, la technique et les émotions des sportives, tout en limitant les images susceptibles d’être perçues comme gênantes ou sexualisantes.
L’UER cite notamment les plans prolongés sur certaines parties du corps, les caméras placées très bas ou encore l’utilisation répétée du ralenti lorsqu’elle n’apporte rien à la compréhension de la performance.
Il s’agit cependant de recommandations de réalisation et non d’une interdiction générale de filmer le corps des athlètes. Le document précise lui-même qu’il ne cherche pas à imposer une façon unique de couvrir l’athlétisme.
Saut en hauteur : certains angles sont explicitement déconseillés
Le guide entre très concrètement dans le travail des réalisateurs.
Pour le saut en hauteur, par exemple, une caméra placée sous l’athlète est présentée comme susceptible de produire des images jugées compromettantes. L’UER recommande plutôt des plans larges permettant d’observer la course d’élan, les dernières foulées et le franchissement de la barre.
Les ralentis très serrés pendant le passage au-dessus de la barre sont également déconseillés lorsqu’ils n’apportent pas d’information technique supplémentaire.
La logique est similaire pour la longueur et la perche : privilégier les angles permettant d’analyser la prise d’élan, l’impulsion et la technique plutôt que des plans très rapprochés au moment de la réception.
Même les courses sur piste sont concernées
Les recommandations ne concernent pas uniquement les concours.
Pour les épreuves de course, l’UER estime que filmer une athlète depuis un angle situé sous le niveau du bassin augmente le risque de produire des images qu’elle qualifie de peu flatteuses. Elle recommande, lorsque cela est possible, de rester face aux coureuses et d’éviter les plans extrêmement serrés, notamment avant le départ ou après l’arrivée lorsque les athlètes s’effondrent parfois au sol sous l’effet de l’effort.
Le document ne demande donc pas de supprimer les gros plans ou les ralentis. Il cherche plutôt à déterminer dans quelles situations ils apportent réellement quelque chose à la retransmission sportive.
Trois anciennes championnes ont participé à la réflexion
Contrairement à ce qui a pu circuler autour de cette polémique, trois athlètes de très haut niveau sont citées comme ayant participé à l’élaboration du guide, et non deux : la perchiste britannique Holly Bradshaw, la spécialiste serbe du saut en longueur Ivana Španović et l’ancienne championne croate de saut en hauteur Blanka Vlašić.
Holly Bradshaw explique notamment avoir déjà été gênée par certaines images diffusées au ralenti et par leur réutilisation ultérieure sur les réseaux sociaux. Selon elle, certaines athlètes en viennent même à penser à la position des caméras pendant une compétition, au détriment de leur concentration sportive.
L’UER affirme que ces préoccupations sont à l’origine de son initiative.
Autre précision importante : malgré son nom français, l’Union européenne de radio-télévision n’est pas une institution de l’Union européenne.
L’EBU, son acronyme anglais, est une alliance internationale de médias de service public dont le siège se situe près de Genève, en Suisse. Elle rassemble actuellement 113 organisations membres dans 56 pays ainsi que plusieurs dizaines de membres associés.
Le guide a été conçu par des responsables de l’UER et des professionnels de la réalisation, avec les retours de cadreurs, réalisateurs et opérateurs vidéo.
Ces recommandations font débat
La publication divise fortement les amateurs de sport.
Certains considèrent que la réalisation télévisée doit effectivement éviter des plans sans intérêt sportif centrés sur certaines parties du corps. D’autres estiment qu’une multiplication de règles risque de compliquer inutilement la retransmission d’un sport dans lequel le mouvement du corps constitue précisément le cœur de la performance.
Cette opposition apparaît également dans les réactions suscitées par le sujet : certains internautes défendent des cadrages plus neutres, tandis que d’autres considèrent que le problème vient davantage de la réutilisation des images sur les réseaux sociaux que de leur production initiale.
En résumé, le trail également concerné par la question de l’image des sportives
Le débat dépasse l’athlétisme sur piste. Avec la multiplication des directs vidéo sur les grandes courses de trail, des caméras embarquées et des images immédiatement reprises sur les réseaux sociaux, les organisateurs et diffuseurs sont eux aussi confrontés à la question du cadrage des athlètes.
En trail comme sur une piste, filmer la fatigue, une chute, une arrivée ou un moment de récupération fait partie du récit sportif. La nouvelle doctrine défendue par l’UER pose donc une question qui pourrait progressivement concerner d’autres disciplines : jusqu’où faut-il encadrer la réalisation pour protéger l’image des sportives sans perdre ce qui fait la force visuelle d’une compétition ?
Lire aussi
🏃 Depuis 2012, u-Trail vous informe gratuitement sur l’actualité du trail.
❤️ Votre soutien nous aide à préserver un média trail libre et indépendant.










