Aurélien Dunand-Pallaz peut être retiré de la liste des outsiders de l’UTMB 2026.
Il sera bien présent pendant la semaine de l’UTMB pour différents événements avec ses partenaires, mais sans dossard. Son véritable objectif se situe en septembre : il prépare une tentative de record sur le GR20, en Corse. Ses entraînements actuels, avec beaucoup de terrain technique et de cailloux, sont donc orientés vers ce projet plutôt que vers les 174 km autour du Mont-Blanc. Un candidat sérieux disparaît ainsi de l’équation de l’UTMB, mais pour s’attaquer à un défi d’un tout autre genre.
🟡 Outsiders et élites au 12 aout : Baptiste Chassagne, Vincent Bouillard, Ben Dhiman, Hannes Nambrger, Joaquín López, Théo Detienne, Benat Marmissolle, Arthur Joyeux-Bouillon
Avant de parler des outsiders sur l’UTMB, il faut enlever ceux qui n’en sont plus
Baptiste Chassagne n’est plus vraiment un outsider.
Deuxième de l’UTMB 2024, il vient en plus de remporter le Trail des Hauts Forts 2026 après avoir pris la deuxième place du X-Alpine à Verbier. Son niveau actuel et son passé à Chamonix en font désormais un candidat évident aux premières places, même s’il est moins cité que Jornet ou Evans.
Même chose pour Vincent Bouillard.
En 2024, oui, il était la surprise absolue : relativement peu connu du grand public, il avait remporté l’UTMB en 19 h 54. Deux ans plus tard, la situation est radicalement différente. Bouillard vient de gagner la Western States 2026 en 13 h 46 min 15 s, avec un nouveau record du parcours. Il est désormais l’un des hommes que tout le monde surveillera.
Ben Dhiman, deuxième de l’UTMB 2025, ne peut évidemment plus être rangé non plus dans la catégorie des surprises potentielles.
Le Britannique Tom Evans, vainqueur en 2025, Kilian Jornet, Jim Walmsley ou Jon Albon appartiennent eux aussi au premier cercle des favoris.
Les vrais outsiders sont donc à chercher un peu plus loin.
Hannes Namberger : probablement le faux outsider le plus dangereux
S’il fallait choisir un seul nom, ce serait peut-être Hannes Namberger.
L’Allemand possède actuellement un UTMB Index de 941 et vient de remporter le Lavaredo Ultra Trail 120K 2026. Il connaît également parfaitement l’UTMB : quatrième en 2024, il était passé à seulement quelques minutes du podium.
Le paradoxe est là : Namberger possède pratiquement tous les éléments du profil d’un vainqueur potentiel, mais il risque malgré tout d’être relégué médiatiquement derrière les énormes noms présents cette année.
Il est expérimenté, régulier sur les ultras alpins et capable de tenir un rythme très élevé pendant plus de vingt heures. Dans une édition où certains favoris pourraient se neutraliser ou payer une course trop agressive, son profil peut devenir extrêmement dangereux.
Notre outsider numéro un est donc Hannes Namberger.
Aurélien Dunand-Pallaz : peut-on vraiment appeler outsider un ancien deuxième de l’UTMB ?
Le terme devient presque absurde lorsqu’on arrive à Aurélien Dunand-Pallaz.
Le Français a terminé deuxième de l’UTMB en 2021 derrière François D’Haene. Deux ans plus tard, il remportait la Hardrock 100 en menant pratiquement de bout en bout. Et en juillet 2026, il a encore gagné l’Ultra-Trail di Corsica de la Restonica, 110 km particulièrement exigeants.
Pourtant, dans le contexte exceptionnel de l’UTMB 2026, son nom apparaît moins spontanément que ceux de Jornet, Evans, Bouillard ou Walmsley.
C’est exactement ce qui peut le rendre dangereux.
Dunand-Pallaz sait courir les ultras difficiles, sait gérer une nuit complète et possède déjà l’expérience d’un podium à Chamonix. Il n’a absolument pas besoin d’un miracle pour gagner l’UTMB. Il a seulement besoin que sa journée soit parfaite.
Joaquín López : il a déjà prouvé qu’il pouvait monter sur le podium
Joaquín López est probablement encore moins médiatisé en Europe que plusieurs de ses adversaires. Pourtant, l’Équatorien a déjà terminé troisième de l’UTMB en 2024.
Et sa saison 2026 montre qu’il n’a rien perdu de sa capacité à encaisser les gros ultras : deuxième de l’Ultra-Trail Snowdonia 100M en mai, troisième de la CSP de Penyagolosa en avril, puis vainqueur début août du 80K du Quito Trail by UTMB. Son UTMB Index est actuellement de 912.
Le problème est presque le même que pour Namberger : son palmarès devrait normalement lui interdire le statut d’outsider.
Mais quand le plateau réunit autant de champions, un ancien troisième de l’UTMB peut paradoxalement devenir un homme dont on parle peu.
Et López a déjà montré une chose essentielle : le parcours de l’UTMB lui convient.
Théo Détienne : le profil capable de faire exploser la course
Théo Détienne représente une autre catégorie d’outsider.
En 2025, il s’était retrouvé aux avant-postes de l’UTMB face à Tom Evans et Ben Dhiman avant que sa course ne s’arrête. Son abandon ne doit pas faire oublier ce qu’il avait montré pendant la première partie de l’épreuve : il avait été capable de courir avec les hommes qui allaient jouer la victoire.
En 2026, Détienne a notamment terminé deuxième de la MaXi-Race autour du lac d’Annecy en 9 h 56 min 48 s. Son UTMB Index est aujourd’hui de 903.
Il reste cependant une inconnue : tenir ce niveau pendant 170 kilomètres est une autre histoire.
C’est justement ce qui en fait un véritable outsider. Contrairement à Dunand-Pallaz ou Namberger, on sait moins précisément jusqu’où il peut aller si tout se déroule parfaitement.
S’il arrive encore avec le groupe de tête après Courmayeur, il faudra commencer à le prendre très au sérieux.
Beñat Marmissolle : immense potentiel, mais davantage d’incertitudes
Beñat Marmissolle possède lui aussi le niveau pour bouleverser le classement.
En mai, il a remporté l’Eryri 100M de l’Ultra-Trail Snowdonia by UTMB, 163 km et environ 9 200 mètres de dénivelé positif, en 21 h 59 min 51 s. Son UTMB Index est de 903.
Surtout, Marmissolle a déjà montré qu’il était capable de performer sur les ultras montagneux les plus difficiles. En 2023, il avait notamment terminé deuxième de la Hardrock derrière Aurélien Dunand-Pallaz.
Sur le papier, le profil est donc excellent.
Mais parmi les noms cités ici, c’est sans doute celui pour lequel nous avons le plus de réserves. Marmissolle alterne les performances impressionnantes et les périodes plus compliquées. Sur une course aussi impitoyable que l’UTMB, cette irrégularité compte.
S’il est à 100 %, cependant, le top 10 ne constitue absolument pas son plafond.
Arthur Joyeux-Bouillon : l’outsider que sa blessure rend imprévisible
Il faut aussi ajouter Arthur Joyeux-Bouillon, même si son cas est particulier. Sur son niveau intrinsèque, le Français n’a rien d’un inconnu : 7e de l’UTMB en 2022, 9e en 2023 puis 6e en 2024, il possède une régularité autour du Mont-Blanc que peu de coureurs peuvent revendiquer. Mais sa préparation 2026 a été largement perturbée par des problèmes aux ischio-jambiers, avec plusieurs changements de programme et renoncements. Dixième de la 6000D début août, il a néanmoins indiqué vouloir prendre le départ de l’UTMB. Dans ces conditions, le voir gagner paraît aujourd’hui difficile à envisager, mais un Arthur Joyeux-Bouillon revenu à son meilleur niveau pourrait parfaitement déjouer les pronostics et se mêler à nouveau au top 10, voire beaucoup mieux. C’est justement son état de forme incertain qui en fait l’un des hommes les plus difficiles à situer avant le départ.
Le vrai outsider de l’UTMB 2026, on ne le connaît probablement pas encore
C’est finalement tout le problème lorsqu’on cherche à dresser une liste d’outsiders avant l’UTMB.
Dès qu’un coureur a déjà terminé sur le podium à Chamonix, gagné la Hardrock ou remporté plusieurs grands ultras internationaux, peut-on encore vraiment parler de surprise ? Aurélien Dunand-Pallaz, Hannes Namberger ou Baptiste Chassagne sont peut-être moins cités que les principaux favoris, mais personne ne tomberait de sa chaise en les voyant jouer les premières places.
Le véritable outsider est ailleurs.
C’est probablement un coureur encore peu médiatisé, connu des spécialistes mais quasiment invisible pour le grand public. Un athlète qui possède déjà les jambes pour courir avec les meilleurs, sans avoir encore réalisé la performance qui le fera changer de dimension.
Vincent Bouillard correspondait exactement à ce profil en 2024. Avant sa victoire, il n’était pas inconnu dans le milieu du trail, mais presque personne ne le plaçait parmi les vainqueurs possibles de l’UTMB. Quelques heures de course ont suffi pour changer complètement son statut.
C’est donc peut-être la meilleure réponse à la question : le plus dangereux des outsiders de l’UTMB 2026 est probablement celui dont nous ne parlons pas encore.
Et s’il gagne le 28 août, tout le monde expliquera ensuite qu’on aurait dû le voir venir.
Qui peut réellement gagner ?
Si nous devions établir notre hiérarchie des hommes capables de créer la surprise, Hannes Namberger apparaît comme le choix le plus solide, devant Aurélien Dunand-Pallaz et Joaquín López.
Théo Détienne possède peut-être le plus gros potentiel de surprise pure, justement parce que l’on connaît moins encore ses limites sur 100 miles. Beñat Marmissolle représente enfin le pari le plus risqué, mais certainement pas le plus absurde.
Et surtout, il faut se souvenir de 2024.
Quelques heures avant le départ, Vincent Bouillard n’était pas l’homme dont tout le monde parlait. Quelques heures après l’arrivée, il avait gagné l’UTMB.
Sur 174 kilomètres autour du Mont-Blanc, le prochain Vincent Bouillard est peut-être déjà dans la liste de départ. Simplement, personne ne regarde encore son nom.
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