🎧 51 secondes pour comprendre pourquoi ce n’est pas interdit de faire du trail quand on est en arrêt maladie
Un salarié espagnol licencié après avoir participé à plusieurs trails pendant un arrêt maladie vient d’obtenir gain de cause devant la justice. Son employeur l’accusait d’avoir prolongé frauduleusement son incapacité de travail. Les juges ont finalement estimé que ses activités sportives n’étaient pas incompatibles avec sa blessure.
L’affaire, relayée par plusieurs médias espagnols, relance un débat sensible dans le monde du travail : peut-on continuer à pratiquer du sport pendant un arrêt maladie sans risquer un licenciement ?
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Blessé au pouce, il continue pourtant le trail
Les faits remontent à juin 2023, en Espagne. Employé depuis plus de vingt ans dans une coopérative, cet homme est victime d’une chute accidentelle provoquant une rupture du tendon du pouce droit. Après une opération chirurgicale, il se voit prescrire un arrêt de travail afin de suivre une période de rééducation.
Mais plusieurs mois plus tard, son entreprise découvre qu’il continue malgré tout certaines activités physiques. Entre juillet et décembre 2023, il participe notamment à six trails, sur des formats allant de 5 à 17 km. Il fréquente également une salle de sport et suit des séances de spinning.
L’employeur estime alors que ces activités sont incompatibles avec son état de santé.
Un détective privé chargé de surveiller le salarié
Pour constituer un dossier, l’entreprise fait appel à un détective privé. L’enquête mentionne non seulement les trails et les entraînements en salle, mais aussi le fait que le salarié conduisait, faisait ses courses et participait à des actions bénévoles.
L’entreprise considère que ces efforts physiques démontrent une volonté de prolonger artificiellement son arrêt maladie. Début 2024, elle décide donc de le licencier pour manquement à la bonne foi et abus de confiance.
Le dossier prend alors une tournure judiciaire.
La justice estime que le trail ne retardait pas sa guérison
Le salarié conteste immédiatement son licenciement devant les tribunaux. En première instance, la justice lui donne raison. Les magistrats considèrent que l’entreprise ne démontre pas que les trails ou les autres activités physiques aient aggravé sa blessure ou retardé sa guérison.
Les juges rappellent également un point essentiel : être en arrêt maladie n’interdit pas automatiquement toute activité physique. Tout dépend de la pathologie, des recommandations médicales et de la compatibilité entre l’activité pratiquée et la blessure concernée.
Dans cette affaire, la blessure touchait le pouce droit, pas les jambes ni le système cardiovasculaire.
L’entreprise fait appel… et perd encore
L’employeur décide malgré tout de faire appel devant la Haute Cour de justice de Murcie. L’entreprise tente notamment d’utiliser des vidéos tournées dans la salle de sport pour prouver l’incompatibilité entre l’arrêt maladie et les activités sportives du salarié.
Mais la juridiction d’appel confirme finalement la première décision. Les juges considèrent que les activités physiques étaient déjà reconnues et que les vidéos supplémentaires n’auraient rien changé au fond du dossier.
La justice espagnole confirme donc le caractère abusif du licenciement.
L’entreprise devra soit réintégrer le salarié, soit lui verser une indemnité d’environ 41 000 euros.
En résumé, faire du sport pendant un arrêt maladie n’est pas automatiquement interdit
Cette affaire rappelle une réalité souvent méconnue : un arrêt maladie ne signifie pas forcément immobilisation totale. Dans certains cas, l’activité physique peut même faire partie de la récupération ou rester compatible avec la pathologie déclarée.
En course à pied comme en trail, de nombreux sportifs continuent par exemple à marcher, pédaler doucement ou entretenir leur condition physique malgré certaines blessures localisées. Tout dépend évidemment du diagnostic médical et du type d’effort pratiqué.
Dans ce dossier, la justice n’a pas considéré que courir entre 5 et 17 km avec une blessure au pouce constituait une fraude évidente.
Cette affaire relance le débat sur la surveillance des salariés
L’histoire provoque déjà de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux et dans les médias espagnols. Certains estiment qu’un arrêt maladie devrait empêcher toute activité sportive visible. D’autres rappellent qu’un salarié blessé n’est pas forcément incapable de vivre normalement.
L’utilisation d’un détective privé pour suivre un employé pendant plusieurs mois interroge également sur les méthodes de surveillance utilisées par certaines entreprises.
Pour les traileurs, cette affaire montre surtout qu’une blessure ne signifie pas automatiquement arrêt complet de toute activité physique. Mais elle rappelle aussi qu’en cas d’arrêt maladie, la cohérence entre la blessure déclarée, les recommandations médicales et les activités pratiquées reste essentielle.
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