BATONS DE TRAIL EN VENTE SUR I-RUN
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Étude de Thibaut Garrivier sur l’efficacitĂ© des bâtons de trail
Pendant longtemps, les bâtons ont surtout été perçus comme une aide pour grimper plus vite dans les fortes montées.
Dans l’imaginaire collectif du trail, leur intérêt semblait assez simple : soulager les jambes dans les gros pourcentages et permettre de maintenir une meilleure vitesse ascensionnelle.
Pourtant, une analyse détaillée publiée par Thibaut Garrivier, médecin et traileur du team élite Hoka, montre une réalité beaucoup plus nuancée et surtout beaucoup plus intéressante pour les ultra-traileurs.
À travers la comparaison de deux courses très proches disputées à un an d’écart, l’athlète a cherché à comprendre ce que les bâtons changent réellement sur un effort long.
– D’un cĂ´tĂ©, la Maxi-Race 2025 courue avec bâtons.
– De l’autre, l’Oh Meu Deus 2026 disputĂ© sans bâtons.
-> Deux formats similaires, un volume de dénivelé comparable et un placement presque identique dans la saison.
Une comparaison entre deux ultras très proches
Les débats sur les bâtons reviennent constamment dans le monde du trail long.
– Certains coureurs ne peuvent plus s’en passer, persuadĂ©s qu’ils amĂ©liorent autant la vitesse que la gestion de l’effort.
– D’autres continuent de les Ă©viter sur les parcours roulants ou techniques, estimant qu’ils deviennent parfois plus encombrants qu’utiles.
– Et puis il existe aussi une approche plus intermĂ©diaire, selon laquelle leur efficacitĂ© dĂ©pendrait surtout du terrain, de la pente, du type de montĂ©e ou encore de l’habitude du coureur.
C’est justement pour essayer de sortir des impressions subjectives que Thibaut Garrivier a entrepris cette analyse rétrospective. Le médecin et athlète Hoka a comparé deux courses qu’il considère comme relativement proches dans leur format et leur exigence.
La première, la Maxi-Race 2025, a été disputée avec bâtons. La seconde, l’Oh Meu Deus 2026, sans bâtons. L’objectif n’était pas de produire une étude scientifique parfaite, mais plutôt d’observer les tendances qui se dégagent lorsque l’on analyse précisément les données d’effort, la cadence, la fréquence cardiaque et l’évolution de la fatigue musculaire au fil des kilomètres.
Et malgré plusieurs facteurs de confusion assumés, les écarts observés restent suffisamment importants pour nourrir le débat.
42 minutes d’écart entre les deux courses
Le premier élément marquant concerne évidemment le chrono final. Lors de la Maxi-Race 2025, Thibaut Garrivier boucle les 9 kilomètres et 5055 mètres de dénivelé positif en 9h17 avec bâtons.
Un an plus tard, sur l’Oh Meu Deus 2026, il termine les 94 kilomètres et 5174 mètres de D+ en 9h59 sans bâtons. L’écart approche donc les 42 minutes. Évidemment, l’analyse prend immédiatement des précautions importantes.
Thibaut Garrivier rappelle lui-même que les deux contextes de préparation n’étaient pas identiques. Avant la Maxi-Race, il disposait de douze semaines de préparation spécifique. Avant l’Oh Meu Deus, seulement cinq semaines.
Entre les deux saisons, le volume de course à pied, le travail musculaire, le ski hivernal, la récupération et même la fatigue générale avaient également changé.
Autrement dit, il serait beaucoup trop simpliste d’attribuer mécaniquement ces 42 minutes aux seuls bâtons. Mais malgré cette limite assumée, plusieurs indicateurs semblent pointer dans la même direction.
Le vrai avantage des bâtons de trail n’est peut-être pas celui qu’on imagine
Au départ, l’hypothèse semblait assez logique : les bâtons serviraient surtout à produire davantage de puissance dans les montées raides. Pourtant, en entrant dans le détail des données, une autre lecture apparaît progressivement.
Cette idée revient plusieurs fois dans l’analyse : les bâtons ne permettraient pas forcément d’aller énormément plus vite au départ, mais ils aideraient surtout à préserver le corps suffisamment longtemps pour éviter l’effondrement musculaire qui survient souvent après plusieurs heures d’effort.
Sans bâtons, la fatigue musculaire explose
Le graphique le plus impressionnant de cette analyse concerne justement la perte d’efficacité musculaire pendant la course.
Avec bâtons, la baisse reste relativement contenue et tourne autour de 5%.
Sans bâtons, elle grimpe jusqu’à quinze pour cent, soit trois fois plus.
-> Cette différence change complètement la lecture de l’effort. Car en ultra-trail, les écarts ne se créent pas uniquement dans les montées. Ils apparaissent souvent lorsque les jambes cessent progressivement d’encaisser les impacts, les descentes et les portions roulantes après plusieurs heures de course. Dans cette configuration, les quadriceps absorbent seuls une énorme partie de la charge musculaire.
Au début, le phénomène reste presque invisible. Puis la fatigue commence à s’installer lentement, avant de produire une véritable réaction en chaîne. Thibaut Garrivier décrit cette évolution comme une “cascade”. L’efficience diminue progressivement, la foulée se dégrade, la cadence change et le coût énergétique augmente. Puis arrive ce moment que tous les ultra-traileurs connaissent : celui où les jambes cessent brutalement de répondre normalement. Dans son analyse, ce point de rupture semble apparaître autour du kilomètre 75.
Les bâtons servent surtout à préserver les jambes
C’est probablement la conclusion la plus intéressante de toute cette comparaison. Pendant longtemps, les bâtons ont surtout été présentés comme un outil de grimpe. Mais dans le trail moderne, les courses longues se jouent de plus en plus sur la capacité à limiter l’usure musculaire.
Aujourd’hui, tout tourne autour de cette logique d’économie physique : la nutrition, les stratégies de sommeil, les chaussures carbone, le pacing ou encore la récupération en course cherchent tous à ralentir la dégradation du corps au fil des heures.
Dans ce contexte, les bâtons prennent une autre dimension. Ils permettent de transférer une partie de la charge vers le haut du corps, d’améliorer la stabilité et surtout de réduire progressivement le coût musculaire des milliers d’impacts accumulés pendant un ultra.
MĂŞme la cadence raconte quelque chose
L’évolution de la cadence apporte elle aussi des informations intéressantes.
– Avec bâtons, la cadence diminue lĂ©gèrement entre le dĂ©but et la fin de course, passant de 154 Ă 145 pas par minute.
– Sans bâtons, elle augmente au contraire de cent quarante-neuf Ă cent cinquante-quatre pas par minute.
Cette différence peut sembler anecdotique, mais elle traduit probablement une adaptation progressive du corps à la fatigue musculaire. Quand les jambes commencent à moins bien absorber les contraintes, la foulée se modifie, les appuis changent et le coût énergétique augmente progressivement.
Là encore, les bâtons semblent surtout ralentir cette dégradation progressive plutôt que transformer radicalement les performances dès le départ.
En montée raide, les résultats restent difficiles à interpréter
Thibaut Garrivier a également isolé les sections les plus pentues des deux courses afin d’essayer de mesurer l’impact direct des bâtons dans les montées.
– Sur la Maxi-Race, la montĂ©e analysĂ©e reprĂ©sentait environ neuf cents mètres de dĂ©nivelĂ© positif Ă onze pour cent de pente moyenne.
– Sur l’Oh Meu Deus, il s’agissait de plus de mille cent mètres de D+ avec une pente moyenne proche de dix-neuf pour cent. Les donnĂ©es montrent une VAM Ă©levĂ©e sans bâtons malgrĂ© une pente beaucoup plus sĂ©vère, ce qui complique Ă©videmment l’interprĂ©tation.
Et c’est tout le problème des analyses terrain en trail : les conditions ne sont jamais parfaitement identiques. La technicité du terrain, la largeur des chemins, l’état de fraîcheur, la préparation musculaire ou encore l’habitude d’utiliser les bâtons peuvent modifier énormément les résultats. Les commentaires publiés sous le post le rappellent d’ailleurs très bien.
Plusieurs traileurs soulignent que le manque de préparation ou de dénivelé négatif peut avoir autant d’impact que l’absence de bâtons. D’autres rappellent aussi qu’un coureur peu habitué aux bâtons peut parfois perdre en efficacité sur certains terrains techniques.
En résumé, le trail moderne est devenu un sport de gestion de l’usure
Cette analyse ne prouve évidemment pas scientifiquement que les bâtons font automatiquement gagner 40 minutes sur un ultra-trail.
En revanche, elle confirme une sensation que beaucoup de traileurs partagent depuis plusieurs années : plus les distances augmentent, plus les bâtons semblent jouer un rôle important dans la préservation musculaire.
Leur intérêt ne se limite probablement plus à aider dans les montées. Ils deviennent surtout un outil permettant de ralentir l’effondrement progressif du corps au fil des heures.
Et dans un sport où les écarts se créent souvent après huit, dix ou douze heures d’effort, cette capacité à mieux encaisser la fatigue peut finir par faire une énorme différence. En ultra-trail, ce n’est pas toujours le plus fort qui gagne. Très souvent, c’est surtout celui qui s’abîme le moins vite.
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