Le TAS, Tribunal arbitral du sport, confirme la suspension du coureur kenyan Rhonex Kipruto, actuel détenteur du record du monde du 10 km : son chrono historique en 26 min 24 s va être annulé
Le coureur kényan Rhonex Kipruto va perdre son record du monde du 10 km. Le Tribunal arbitral du sport, souvent appelé TAS, a confirmé sa suspension pour dopage ce jeudi 21 mai 2026.
Dans le cas de Rhonex Kipruto, le TAS a confirmé qu’il avait bien enfreint les règles antidopage. Sa suspension a simplement été réduite de six à cinq ans.
Conséquence directe : son record du monde du 10 km en 26 min 24 s réalisé à Valence en 2020 va être retiré.
Un record qui impressionnait tout le monde dans le running
Quand Rhonex Kipruto avait couru 26 min 24 s sur 10 km en janvier 2020, la performance avait choqué le monde de la course à pied.
À l’époque, ce chrono semblait presque irréel. Le Kenyan courait à plus de 22 km/h de moyenne pendant 10 kilomètres. Et surtout, cette performance avait été réalisée avant l’explosion des chaussures carbone les plus modernes qui dominent aujourd’hui les grandes courses sur route.
Pendant plusieurs années, ce record est resté une référence absolue dans le running mondial.
Mais en 2023, l’Unité d’intégrité de l’athlétisme (AIU), l’organisme chargé de lutter contre le dopage dans l’athlétisme, avait détecté des anomalies dans son passeport biologique.
Pourquoi Rhonex Kipruto a été suspendu
Le passeport biologique est un système qui surveille l’évolution du sang des athlètes sur plusieurs années. Même sans contrôle positif direct, certaines variations anormales peuvent révéler un dopage.
Après enquête, l’AIU avait suspendu Rhonex Kipruto puis annulé tous ses résultats entre septembre 2018 et mai 2023.
Le coureur avait contesté cette décision devant le TAS.
Mais le tribunal a finalement confirmé l’existence d’une violation des règles antidopage. Les juges ont seulement estimé que la sanction devait être légèrement réduite.
Selon les documents relayés par l’AIU, les autorités antidopage évoquent un système de dopage “délibéré et sophistiqué”.
Un dernier appel reste possible
Le dossier n’est pas totalement terminé.
Rhonex Kipruto peut encore saisir le Tribunal fédéral suisse dans un ultime recours. Mais dans ce type d’affaires, les décisions du TAS sont rarement annulées ensuite.
Sauf énorme retournement, son record du monde va donc officiellement disparaître dans les prochaines semaines.
Le record du monde du 10 km devrait revenir à Yomif Kejelcha
Avec l’annulation des résultats de Rhonex Kipruto, le record du monde du 10 km devrait désormais revenir à l’Éthiopien Yomif Kejelcha.
En 2024, il avait couru la distance en 26 min 31 s.
Son chrono deviendrait donc la nouvelle référence mondiale officielle si aucun nouveau recours ne change la situation.
Pour les non-spécialistes, sept secondes d’écart peuvent sembler faibles. Mais à ce niveau-là, c’est énorme. Sur 10 km, quelques secondes suffisent à séparer une course historique d’un simple très grand chrono.
Cette affaire ne concerne pas uniquement le record du monde.
Rhonex Kipruto devrait également perdre sa médaille de bronze obtenue sur 10 000 m lors des championnats du monde de Doha en 2019.
Comme souvent dans les affaires de dopage en athlétisme, les classements de plusieurs grandes compétitions vont donc être modifiés des années après les courses.
En résumé, cette nouvelle affaire de dopage qui fragilise encore le running
Cette affaire relance forcément les débats sur la crédibilité des performances en course à pied.
Depuis plusieurs années, le running vit une période étrange, entre records toujours plus rapides, chaussures carbone révolutionnaires et multiplication des affaires de dopage.
Quand un détenteur de record du monde finit suspendu, cela alimente forcément les soupçons et la méfiance d’une partie des coureurs.
Et cela rappelle aussi que même les plus grandes performances de l’histoire du running peuvent finalement être effacées plusieurs années après avoir été célébrées.
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