Blessures en série chez les élites, le revers du très haut niveau
C’est une publication sur les réseaux que l’on redoute tous de voir passer, mais qui s’enchaîne à un sacré rythme ces derniers mois. Un athlète souriant sur son lit d’hôpital, une photo de pied bandé, ou un long texte explicatif sur Instagram annonçant un forfait pour l’objectif de l’année. Récemment, sur la mythique Zegama, même Kilian Jornet l’intouchable a subi avec une douleur au muscle releveur en pleine course qui l’a empêché de finir correctement, mais on a appris hier encore que Katie Schide serait absente pour son objectif de l’année à cause…d’une blessure.
Le trail chez les élites traverse donc une zone de turbulences, où les corps des meilleurs coureurs de la planète semblent dire stop les uns après les autres.
Pour nous coureur lambda, habitués à lutter avec nos propres bobos, ce phénomène a quelque chose de profondément… rassurant ! Mais pose aussi question….
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Même les élites du trail ont un corps humain
On a parfois tendance à l’oublier, mais les élites ne sont pas des machines. Pourtant, ils ont tout pour eux : un staff médical aux petits oignons, des kinés à disposition, des plans d’entraînement millimétrés, une nutrition optimisée et une récupération qui fait partie de leur entrainement.
Et malgré cet entourage de professionnels pour les suivre, les faits sont là, ils se blessent. Voir que les plus grands traileurs n’échappent pas aux lois physiologiques humanise un peu ces athlètes que l’on sacralise surement trop vite. Si les meilleurs se blessent malgré un suivi ultra adapté et personnalisé, cela nous rappelle, à nous coureurs de l’ombre, que la blessure fait en fait complètement partie de la vie d’athlète quel que soit son niveau. C’est une piqûre pour nous rappeler que le surentraînement et l’usure n’épargnent personne.
L’infirmerie des VIP est pleine
Les exemples récents ne manquent pas et touchent toutes les distances, du court à l’ultra, mais on peut citer entre autres :
Katie Schide
La tenante du titre de la Hardrock 100 vient d’annoncer sur ses réseaux qu’elle ne serait pas au départ de l’édition 2026 alors qu’elle était favorite. En cause, une fasciite plantaire tenace couplée à des problèmes nerveux au pied qui traînent depuis plusieurs mois. Preuve que même la gestion la plus méticuleuse de son corps ne peut rien face à une inflammation chronique rebelle.
Thibaut Baronian
Le coureur de la team Salomon a dû mettre de côté les dossards pour passer sur le billard après de longs mois à gérer une douleur persistante. Verdict, une méniscectomie (opération du ménisque) qui l’oblige à faire une longue phase de rééducation.
Claire Bannwarth
Athlète référence sur l’ultra long, connue pour enchaîner les courses de 200 miles comme on enfile des perles, l’élite alsacienne montre elle aussi que le corps finit par réclamer son dû. Atteinte au niveau du tendon tibial postérieur, sa blessure a nécessité une chirurgie lourde et son retour au très haut niveau est incertain.
François d’Haene
À l’inverse, le retour de François D’Haene, après une très longue période de convalescence (notamment due à une fracture de fatigue au pied), montre que le chemin de la guérison est long, sinueux, mais possible. Il représente l’espoir de pouvoir revenir à haut niveau pour tous les autres athlètes.
En résumé, les cartes sont redistribuées pour les grands rendez-vous de l’année
Si ces absences sont évidemment un coup dur pour nous spectateurs mais aussi pour les athlètes eux-mêmes, elles apportent un peu de piment et d’inattendu sur les grandes courses.
En l’absence de certaines têtes d’affiche quasi intouchables, les cartes au départ des courses sont redistribuées, et cela laisse davantage de chances à des athlètes qui n’auraient peut-être pas pu performer autant dans d’autres circonstances. Les courses deviennent ainsi beaucoup plus ouvertes et moins prévisibles. Peut-être que ça permet de laisser le champ libre à de jeunes talents qui attendaient leur heure dans l’ombre, ou à des coureurs moins connus qui pourront s’offrir un podium.
Le trail chez les élites semble aujourd’hui frappé par une loi des séries. De Kilian Jornet à Zegama jusqu’à Katie Schide, contrainte de renoncer à la Hardrock 100, les corps des athlètes flanchent les uns après les autres et c’est le mythe de l’invincibilité qui tombe. Ces athlètes que l’on pensait imperméables aux blessures ont finalement la même fragilité biologique que nous.
Si ces blessures en série redistribuent les cartes sur les grandes courses en laissant la place à d’autres, cela nous questionne sur un sujet presque tabou.
Pourquoi autant de blessures chez les athlètes ? À une époque où la science du sport est devenue pointue, comment expliquer que les physiques des élites se fragilisent ainsi ? Ne sont-ils pas en train de trop donner, de pousser le curseur au-delà du raisonnable pour satisfaire les exigences de sponsors toujours plus gourmands en visibilité et en contenus ?
Entre la multiplication des circuits mondiaux et la pression pour performer toute l’année afin d’exister sur les réseaux sociaux et de satisfaire les équipementiers, les athlètes n’arrivent plus à couper. À force de vouloir rentabiliser chaque saison au maximum, le trail au niveau professionnel est peut-être en train de consumer ses propres athlètes.






