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Il fallait presque regarder deux fois le classement pour y croire. Voir Kilian Jornet terminer 43e de Zegama-Aizkorri paraît irréel tant le Catalan a construit une partie de sa légende sur ces sentiers basques. Onze victoires, une domination qui semblait éternelle, une relation unique avec le public de Zegama : tout cela rendait ce résultat presque inconcevable.
Et pourtant, cette fois, il y avait une vraie explication physique derrière cette performance inhabituelle.
Kilian Jornet a couru avec une douleur très handicapante
À l’arrivée, Kilian Jornet n’a pas cherché d’excuse spectaculaire. Il a expliqué avoir souffert d’un problème « aux releveurs », une douleur qui l’a fortement limité dans les descentes et sur les portions roulantes.
Pour les traileurs, ce détail est loin d’être anodin.
Les muscles releveurs servent notamment à relever l’avant du pied pendant la foulée. Lorsqu’ils sont touchés, courir vite devient extrêmement compliqué. Sur un parcours aussi technique et boueux que Zegama, où il faut constamment relancer, stabiliser le pied et encaisser les descentes, ce type de douleur peut rapidement devenir un cauchemar.
C’est aussi ce qui explique pourquoi Jornet est resté un moment au contact des meilleurs avant de progressivement décrocher. Jusqu’au 22e kilomètre, il était encore dans la bataille. Puis, au fil des descentes et des sections plus rapides, l’écart s’est creusé.
Zegama est probablement la pire course possible avec ce type de blessure
Il y a des courses où l’on peut compenser une gêne physique avec de la gestion ou de l’expérience. Zegama-Aizkorri n’en fait pas partie.
Le terrain basque est brutal pour les jambes : boue, pierres glissantes, appuis instables, descentes très cassantes et relances permanentes. Chaque défaut physique finit par se payer immédiatement.
C’est sans doute ce qui rend la 43e place de Jornet moins choquante qu’elle n’en a l’air. Sur une course plus roulante, il aurait probablement pu limiter la casse. À Zegama, impossible de masquer ce type de problème.
D’ailleurs, malgré ses difficultés, le Catalan boucle tout de même les 42 km en 4 h 19 min 23 s. Une performance qui resterait énorme pour l’immense majorité des traileurs, mais qui paraît presque irréelle lorsqu’on parle d’un homme ayant gagné ici onze fois.
Kilian Jornet a choisi de rester malgré tout
Le plus intéressant dans sa réaction est peut-être ailleurs.
Beaucoup d’athlètes auraient abandonné en comprenant que la victoire était hors de portée. Lui a décidé de continuer. Pas pour le résultat, mais pour profiter de l’ambiance et de ce que représente Zegama dans sa carrière.
C’est aussi ce qu’il a expliqué après l’arrivée : il n’était plus dans une logique de performance pure, mais dans une forme de communion avec la course, le public et l’atmosphère unique du Pays basque.
Cette relation particulière avec Zegama explique probablement pourquoi sa 43e place fait autant parler. Quand Kilian Jornet court ici, il ne participe pas simplement à une course de trail. Il revient presque dans un lieu fondateur de son histoire sportive.
L’autre symbole fort de cette édition 2026, c’est que le vainqueur est Elhousine Elazzaoui… un athlète sponsorisé par NNormal, la marque cofondée par Jornet lui-même.
Le Marocain s’est imposé en 3 h 45 min 07 s devant l’Italien Daniel Pattis et l’Américain Taylor Stack, confirmant qu’il est aujourd’hui l’un des hommes les plus forts du circuit des Golden Trail World Series.
Dans un étrange clin d’œil, Jornet a donc vu “son” Zegama lui échapper pendant qu’un coureur de sa propre marque remportait la course.
En résumé, cette 43e place dit aussi quelque chose du trail actuel
Il y a encore quelques années, voir Kilian Jornet hors du top 10 à Zegama aurait semblé impossible. Aujourd’hui, le niveau mondial du trail est devenu tellement dense que la moindre gêne physique se paie immédiatement.
Cela ne veut pas dire que Jornet est fini. Au contraire mĂŞme.
Le Catalan a déjà annoncé que son grand objectif du début d’été reste Western States 100, prévue le 27 juin en Californie. Et connaissant son historique, il serait extrêmement risqué de tirer des conclusions définitives à partir d’une seule course disputée avec une douleur handicapante.
Mais cette édition 2026 restera particulière : pour la première fois depuis longtemps, Zegama a montré un Kilian Jornet vulnérable.
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