La sidération a laissé place à une prise de parole rare. Après l’annonce du maire de Nice, Catherine Poletti n’a pas masqué sa surprise. À la tête du UTMB Group, elle évoque une décision “brutale”, prise sans concertation, qui met directement en cause l’avenir de l’UTMB Nice Côte d’Azur.
Dans un univers où les événements se construisent sur plusieurs années, cette annonce tranche avec les pratiques habituelles. Elle crée surtout un sentiment d’instabilité pour les organisateurs, habitués à des relations plus progressives avec les collectivités.
“Nous sommes sous le choc” : le mot de Catherine Poletti en dit long
Le terme utilisé par Catherine Poletti n’est pas anodin. Il traduit à la fois la surprise et l’incompréhension face à une décision qui, selon ses déclarations, n’a pas été anticipée.
D’après les éléments relayés, les discussions portaient encore récemment sur le niveau de subvention. En quelques jours, le sujet aurait basculé vers une suppression pure et simple de l’événement. Ce changement de cap, rapide et sans transition, est au cœur des critiques formulées par le groupe UTMB.
Une dénonciation des méthodes plus que du fond
Elle pointe surtout la manière dont elle a été prise. L’absence de dialogue préalable, le calendrier serré et le caractère soudain de l’annonce sont clairement mis en avant.
Ce point est essentiel. Car au-delà du désaccord sur le fond, c’est la relation entre organisateurs et collectivités qui se trouve fragilisée. Habituellement, ces partenariats reposent sur une co-construction, avec des ajustements progressifs en fonction des contraintes budgétaires.
Ici, la rupture semble plus nette.
L’UTMB dépendant de décisions politiques
La réaction du UTMB Group dépasse le cadre d’un simple événement. Elle met en lumière la dépendance des grandes courses aux décisions politiques locales.
L’UTMB Nice Côte d’Azur faisait partie d’un circuit international structuré. Sa disparition ou son affaiblissement ne concerne donc pas uniquement Nice, mais l’ensemble de l’écosystème du trail.
En dénonçant les méthodes employées par Éric Ciotti, Catherine Poletti alerte indirectement sur un risque plus large : celui de voir les grandes épreuves devenir dépendantes de décisions politiques rapides et parfois imprévisibles.
Pour l’instant, plusieurs zones d’ombre subsistent. La suppression annoncée concerne-t-elle l’événement lui-même ou uniquement les financements publics ? L’UTMB Nice Côte d’Azur peut-il survivre sans soutien municipal ?
Ces questions restent ouvertes, mais une chose est certaine : la réaction de Catherine Poletti marque un tournant. Elle révèle une tension nouvelle entre le monde du trail et les décideurs politiques.
En résumé, en qualifiant la décision de “brutale”, Catherine Poletti ne se contente pas d’exprimer une émotion. Elle met en lumière une fracture dans la manière dont ces événements sont gérés.
Face à une logique budgétaire assumée par Éric Ciotti, le monde du trail découvre que son équilibre reste fragile. Et que, derrière une annonce politique, c’est tout un modèle qui peut vaciller en quelques jours.
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