🎧 La nouvelle émission The Wild Show promet de parler du trail « sans permission », sans règles, sans autorité et sans filtre.
Une présentation volontairement provocatrice qui fonctionne parfaitement sur le plan marketing. Mais derrière cette prétendue émission pirate, on retrouve Martin Gaffuri, Robin Schmitt et Ludovic Pommeret. Trois personnalités indépendantes dans leur ton, certes, mais certainement pas trois inconnus qui débarquent clandestinement dans le trail.
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The Wild Show promet de dynamiter les codes du trail… mais c’est bidon
Le décor est posé avec une vieille télévision brouillée, un écran noir, une typographie agressive et un slogan qui ne laisse aucune place à la nuance :
« Le trail running en direct. Sans permission. »
The Wild Show se présente comme une émission consacrée à la course en montagne, réalisée sans plateau trop propre, sans discours préparé et sans validation préalable d’un quelconque service juridique.
Le site revendique également une ligne très claire :
« No rules. No authority. Wild. »
Le concept annonce des directs organisés pendant les principales courses de la saison, des invités issus du trail et une grande place laissée à l’improvisation. L’objectif consiste visiblement à proposer une alternative plus libre aux retransmissions officielles et aux émissions sportives traditionnelles.
Sur le papier, l’idée peut séduire. Le trail manque encore de programmes capables de mélanger analyse, humour, invités et commentaires en direct. Mais la communication pousse tellement loin le récit de la clandestinité qu’elle finit par provoquer un léger décalage avec la réalité.
Martin Gaffuri commente déjà les plus grandes compétitions de trail
Martin Gaffuri n’arrive pas de nulle part avec un micro bricolé dans un garage.
Il évolue depuis longtemps au cœur du trail international. Il travaille comme commentateur sur les Golden Trail World Series et sur les événements de l’UTMB. Son propre profil public le présente également comme recruteur de talents pour Nike ACG et collaborateur de l’UTMB World Series.
Il connaît les athlètes, les équipes, les organisateurs et les mécanismes du circuit professionnel. Il dispose surtout d’une solide expérience du direct, de l’interview et du commentaire sportif.
Cette présence permanente constitue évidemment un atout majeur pour The Wild Show. Martin Gaffuri possède la culture internationale et les réflexes nécessaires pour tenir une émission pendant plusieurs heures.
Mais elle rend aussi le slogan « sans autorité » assez amusant. Lorsqu’un homme commente déjà les principaux circuits du trail mondial, il ne diffuse pas exactement depuis une station pirate perdue au fond d’une vallée.
Robin Schmitt incarne l’humour du trail depuis déjà plus de dix ans, il n’a rien de nouveau
Robin Schmitt apporte une autre forme de légitimité.
Avec Les Genoux dans le GIF, il a construit l’un des univers satiriques les plus connus du trail francophone. Son travail ne consiste pas uniquement à publier quelques images amusantes sur Instagram. Il développe depuis plus d’une décennie une véritable lecture critique de la discipline, de ses habitudes et de ses contradictions.
Un portrait publié dès 2019 soulignait déjà la qualité de son écriture, son goût des formules courtes et son style volontairement incisif. En 2026, Robin Schmitt était encore présenté comme une personnalité incontournable de la culture trail, après treize années passées à faire vivre Les Genoux dans le GIF.
Avec Marion Leyendecker, il a également élargi cet univers au-delà des réseaux sociaux, notamment autour de projets éditoriaux et communautaires.
Robin Schmitt possède donc exactement le ton nécessaire pour éviter une émission trop sage. Il peut se moquer des codes, provoquer les invités et poser les questions que les communications officielles préfèrent parfois contourner.
Là encore, cependant, on reste très loin du parfait inconnu qui viendrait troubler le système. Les Genoux dans le GIF fait désormais partie du paysage.
Ludovic Pommeret est surnommé « le Président » en raison de son âge avancé
La présence de Ludovic Pommeret rend la promesse encore plus savoureuse.
Dans le trail français, son surnom de « Président » ne relève pas du hasard. Il symbolise la longévité, la régularité et le respect acquis par un coureur qui traverse les générations sans perdre sa place parmi les meilleurs.
Vainqueur de l’UTMB en 2016, du Grand Raid de La Réunion en 2021 et de la Hardrock 100, Ludovic Pommeret appartient au cercle très fermé des grands noms de l’ultra-trail mondial. Lors de son succès sur la Hardrock en 2024, il avait même battu le record établi par Kilian Jornet.
Il connaît le trail depuis ses débuts modernes. Il a participé à l’UTMB dès 2004 et a accompagné toute la transformation de la discipline, depuis les courses confidentielles jusqu’aux productions mondialisées actuelles.
Le choisir comme figure centrale apporte immédiatement de la crédibilité au programme. Pommeret peut raconter les courses de l’intérieur, analyser les erreurs tactiques et parler aux champions sans jouer un rôle.
Mais lorsqu’une émission qui se présente comme rebelle installe « le Président » au milieu du plateau, elle assume aussi une contradiction délicieusement visible.
En résumé, The Wild Show n’a rien de sauvage, c’est du vent
The Wild Show peut parfaitement devenir une émission libre, drôle et différente sans prétendre qu’elle arrive de l’extérieur.
Ses trois premières figures possèdent justement tout ce qu’il faut pour réussir : de l’expérience, un solide réseau, une vraie connaissance du trail et une reconnaissance déjà acquise auprès du public.
Le problème ne vient donc pas de leur légitimité. Il vient plutôt de l’habillage marketing.
On nous promet une fréquence pirate, du chaos, une absence totale de règles et une parole arrachée aux autorités du trail. Dans les faits, le programme repose sur un commentateur historique des grands circuits, le créateur de l’un des médias satiriques les plus installés de la discipline et l’un des athlètes les plus respectés de l’histoire française de l’ultra.
Ce n’est pas un commando clandestin.
C’est presque un conseil des sages, mais avec des micros noirs, un décor orange et probablement davantage de vannes.






