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🎧 Brooks est très visible dans le trail, entre athlètes sponsorisés, influenceurs et communication sur les réseaux sociaux.
Pourtant, au moment de regarder ce que les coureurs portent réellement aux pieds sur la CCC 2026, la marque ne représente que 4,6 % des chaussures recensées. Un décalage qui pose une question : la puissance marketing suffit-elle encore à convaincre les traileurs ?
📊 D’où viennent ces chiffres ?
Les données utilisées dans cet article proviennent de Runyeah, qui a publié un relevé des marques de chaussures portées par les coureurs de la CCC 2026. Le comptage aurait été réalisé au deuxième kilomètre de la course. Runyeah précise que quelques chaussures ont pu échapper au relevé et indique avoir identifié plus de 39 marques différentes.
Il ne s’agit donc pas de statistiques officielles de l’UTMB, mais d’un comptage indépendant effectué par Runyeah. La méthode technique utilisée pour reconnaître les chaussures n’est pas détaillée dans la publication. Plusieurs coureurs ont d’ailleurs interrogé Runyeah sur la manière dont ce comptage avait été effectué.
Ces chiffres doivent donc être lus comme une photographie du peloton de la CCC à un endroit précis du parcours, et non comme une étude exhaustive du marché mondial des chaussures de trail.
Runyeah est un média chinois spécialisé dans le running et les chaussures de course. Il publie régulièrement des analyses de matériel et a réalisé pendant la CCC 2026 un comptage indépendant des marques portées par les coureurs.
Brooks est partout dans la communication trail
Brooks ne manque pas de visibilité. La marque investit dans le trail, s’appuie sur des athlètes et des créateurs de contenu très exposés sur les réseaux sociaux et a notamment renforcé son équipe en 2026 avec l’arrivée de Théo Détienne, dont l’UTMB faisait partie des grands objectifs de la saison.
Cette stratégie permet à Brooks d’occuper l’espace médiatique : tests de chaussures, contenus sponsorisés, publications d’influenceurs, présence d’athlètes élites… Pour un pratiquant qui suit régulièrement l’actualité trail sur Instagram, YouTube ou TikTok, difficile de passer complètement à côté de la marque.
Mais la visibilité numérique raconte seulement une partie de l’histoire.
Sur la CCC, Brooks ne représente que 4,6 % des chaussures observées
Le relevé effectué par Runyeah au deuxième kilomètre de la CCC 2026 replace les campagnes de communication face à une donnée beaucoup plus concrète : les chaussures réellement portées par les participants.
Brooks n’arrive qu’Ă 4,6 %, avec 85 paires recensĂ©es. La marque se retrouve loin derrière Hoka, qui concentre Ă elle seule 27,4 % des chaussures observĂ©es, mais aussi derrière La Sportiva, Salomon, Kailas Fuga, NNormal et Asics.
Le contraste est d’autant plus intĂ©ressant que Brooks n’est pas une petite marque cherchant encore Ă se faire connaĂ®tre. Elle dispose d’une forte notoriĂ©tĂ© dans la course Ă pied et investit dĂ©sormais largement le terrain du trail.
Voir une chaussure sur Instagram ne signifie pas vouloir courir 100 km avec
Ces chiffres ne permettent Ă©videmment pas d’affirmer que les traileurs « ne veulent pas » de Brooks. Un relevĂ© rĂ©alisĂ© sur une seule course et Ă un seul point du parcours ne mesure ni les ventes mondiales, ni la satisfaction des utilisateurs, ni l’ensemble du marchĂ© trail.
Il rĂ©vèle nĂ©anmoins quelque chose d’intĂ©ressant : la visibilitĂ© d’une marque auprès des influenceurs ne se traduit pas automatiquement par une prĂ©sence Ă©quivalente dans un peloton d’ultra-trail.
Le choix d’une chaussure pour parcourir environ 100 kilomètres dĂ©passe probablement la simple exposition publicitaire. Sur une telle distance, les coureurs cherchent avant tout un modèle qu’ils connaissent, qu’ils ont testĂ© pendant des heures et auquel ils font suffisamment confiance pour gĂ©rer fatigue, douleurs et gonflement du pied.
C’est lĂ que le marketing rencontre une limite très concrète : une chaussure peut apparaĂ®tre des dizaines de fois dans un fil Instagram sans devenir pour autant celle que le pratiquant choisira le jour d’une CCC.
Ces chiffres prouvent que les influenceurs vendent mal
📣 Influence : les marques surestiment-elles ce levier publicitaire ?
Les chiffres de la CCC montrent une chose importante : une forte visibilité sur les réseaux sociaux ne garantit absolument pas une forte présence aux pieds des traileurs. Brooks bénéficie d’une communication très visible, mais ne représente que 4,6 % des chaussures observées sur cette course.
1. Être vu ne signifie pas forcément déclencher un achat.
Dans un univers aussi technique que le trail, un média spécialisé touche souvent un lecteur qui cherche déjà une information sur une chaussure, un comparatif ou un conseil avant achat. L’influence, elle, peut produire énormément de visibilité sans que cette exposition se transforme automatiquement en choix de matériel.
2. L’image de l’influenceur peut également se retourner contre la marque.
Lorsqu’un créateur de contenu est jugé trop commercial, trop omniprésent ou devient impopulaire auprès d’une partie de sa communauté, le produit qu’il met en avant peut lui aussi subir ce rejet. Dans ce cas, multiplier les partenariats peut même finir par donner au public l’impression qu’une chaussure est poussée artificiellement plutôt que réellement choisie.
Le cas Brooks pose donc une vraie question aux marques : faut-il continuer à concentrer autant de budgets sur l’influence, ou investir davantage dans les médias spécialisés, les tests indépendants et la crédibilité technique auprès des pratiquants ? Les 4,6 % observés sur la CCC ne suffisent pas à trancher, mais ils montrent au minimum que la visibilité digitale et l’adoption réelle d’une chaussure sont deux choses très différentes.
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⚠️ Mention éditoriale
Cet article repose sur un relevé indépendant réalisé sur la CCC 2026 et sur une analyse éditoriale de la visibilité des marques dans le trail. Les chiffres cités ne constituent ni des données de ventes, ni une étude de marché exhaustive, ni une mesure directe de l’efficacité commerciale des campagnes d’influence.
Les formulations relatives à Brooks, aux influenceurs et à la publicité relèvent donc de l’analyse et du commentaire à partir des données disponibles. Elles ne permettent pas d’affirmer qu’une campagne particulière serait inefficace, qu’un influenceur ne ferait vendre aucun produit ou que Brooks rencontrerait un problème commercial global.
uTrail ne dispose pas des budgets marketing, des chiffres de ventes, des taux de conversion ni des données internes de Brooks. Le constat présenté ici porte uniquement sur l’écart observé entre la visibilité de la marque et sa part dans le comptage des chaussures effectué sur cette course précise.
Enfin, cet article n’est ni sponsorisé ni commandé par une marque concurrente. Il s’inscrit dans le traitement éditorial indépendant de uTrail consacré au marché du trail, au matériel et aux stratégies de communication des équipementiers.
Auteur : Axelle Anne, est la fondatrice de la redac. Dans le web depuis 1998, elle a fondĂ© de nombreux sites et s’est mise au trail en 2010. Anti-conformiste et sans langue de bois, elle a contribuĂ© Ă faire sortir le trail de sa niche pour magazine plan plan pour en faire un sport grand public. Depuis 2025, elle assiste impuissante aux dĂ©rives du trail.Vous pouvez contacter Axelle Anne par MP sur FB ou regarder ses vidĂ©os YouTube.





