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đ§ Chaque annĂ©e, la mĂȘme polĂ©mique ressurgit.
Des coureurs recalĂ©s au tirage au sort dĂ©couvrent que des influenceurs ou des crĂ©ateurs de contenu participeront Ă l’UTMB grĂące Ă une invitation. Pour beaucoup, ces dossards devraient revenir Ă des traileurs ayant accumulĂ© des Running Stones. Pourtant, l’organisation assume pleinement ce choix et avance plusieurs arguments pour le justifier.
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Faire connaĂźtre le trail et l’UTMB au-delĂ de la communautĂ© trail, communiquer auprĂšs du grand public
Pour Julien Chorier, directeur sportif de l’UTMB World Series, la premiĂšre raison est simple : faire dĂ©couvrir le trail Ă un public qui ne le connaĂźt pas encore.
Le trail reste un univers relativement confidentiel comparĂ© au football, au cyclisme ou au marathon. En dehors des pratiquants, beaucoup de personnes ignorent encore ce qu’est rĂ©ellement l’UTMB.
Les crĂ©ateurs de contenu permettent justement de sortir de ce cercle d’initiĂ©s en touchant des internautes qui ne suivent habituellement pas les mĂ©dias spĂ©cialisĂ©s.
Attirer une nouvelle génération de pratiquants
L’objectif est Ă©galement de sĂ©duire des profils plus jeunes.
Un influenceur suivi sur Instagram, TikTok ou YouTube peut donner envie Ă une communautĂ© entiĂšre de dĂ©couvrir la course Ă pied en montagne, mĂȘme si ses abonnĂ©s n’ont jamais mis les pieds sur un sentier.
L’UTMB considĂšre que cette visibilitĂ© constitue un investissement pour l’avenir de la discipline.
Changer l’image d’un sport jugĂ© inaccessible
Pour le grand public, l’UTMB est souvent rĂ©sumĂ© Ă une course de plus de 170 kilomĂštres rĂ©servĂ©e Ă des athlĂštes hors normes.
Cette image impressionnante peut décourager de futurs pratiquants.
En racontant leur prĂ©paration, leurs doutes ou leurs difficultĂ©s, certains crĂ©ateurs de contenu montrent qu’il existe diffĂ©rents niveaux de pratique et que le trail peut ĂȘtre abordĂ© progressivement.
L’objectif est donc aussi de rendre cette discipline plus proche et plus comprĂ©hensible.
Une visibilité que les autres coureurs ne peuvent pas offrir
L’organisation rappelle Ă©galement qu’un crĂ©ateur de contenu ne produit pas uniquement une performance sportive.
Il raconte une histoire, filme les coulisses, partage son expérience avant, pendant et aprÚs la course.
Cette couverture reprĂ©sente une visibilitĂ© considĂ©rable pour l’Ă©vĂ©nement.
Selon Julien Chorier, un influenceur sera naturellement vu par des centaines, voire des milliers de fois plus de personnes qu’un participant anonyme.
Les dossards de l’UTMB rĂ©servĂ©s aux influenceurs sont finalement peu nombreux
L’une des rĂ©ponses apportĂ©es par l’UTMB concerne aussi les volumes.
D’aprĂšs Julien Chorier, les invitations accordĂ©es aux mĂ©dias et aux crĂ©ateurs de contenu ne reprĂ©senteraient qu’environ 1 Ă 2 % des dossards.
Selon lui, cette proportion est suffisamment faible pour ne pas modifier significativement les chances des coureurs participant au tirage au sort.
C’est d’ailleurs pour cette raison qu’il estime que l’organisation gagnerait Ă communiquer publiquement sur ces chiffres afin de rĂ©duire les fantasmes autour de ces invitations.
PolĂ©mique des dossards UTMB : l’organisation assume et dĂ©voile les chiffres
Chaque annĂ©e, l’ouverture des listes de dĂ©part de l’UTMB ravive la mĂȘme frustration. Alors que des milliers de coureurs voient leurs efforts rĂ©duits Ă nĂ©ant aprĂšs le tirage au sort â malgrĂ© des annĂ©es d’attente et de cumul de Running Stones â, voir des crĂ©ateurs de contenu dĂ©crocher une invitation a de quoi faire grincer des dents. Pour beaucoup, ces passe-droits symbolisent une injustice difficile Ă avaler.
Face aux critiques, l’organisation ne se cache plus. InterrogĂ© sur le sujet, Julien Chorier, directeur sportif de lâUTMB World Series, assume totalement cette stratĂ©gie et l’explique par un objectif simple : le dĂ©veloppement de la discipline.
Le vrai chiffre : seulement 1 Ă 2 % des places
C’est l’Ă©lĂ©ment clĂ© qui permet de relativiser le dĂ©bat : selon Julien Chorier, les invitations accordĂ©es aux mĂ©dias et aux crĂ©ateurs de contenu ne reprĂ©sentent qu’environ 1 Ă 2 % des places disponibles.
Certes, un influenceur occupe un dossard qui aurait pu revenir Ă un coureur anonyme. Mais Ă l’Ă©chelle de l’Ă©vĂ©nement et de milliers de participants, leur volume reste ultra-minoritaire.
Pourquoi a-t-on l’impression qu’ils sont partout ?
Si la polĂ©mique enfle Ă chaque Ă©dition, c’est avant tout une question d’exposition. LĂ oĂč un coureur classique partage ses souvenirs avec ses proches, un crĂ©ateur de contenu inonde les rĂ©seaux sociaux (stories, vidĂ©os, publications) suivis par des centaines de milliers de personnes. Cette sur-visibilitĂ© donne l’illusion d’une invasion, alors que leur prĂ©sence rĂ©elle sur le terrain est infime.
Un choix stratĂ©gique assumĂ© par l’UTMB
Pour l’organisation, ces invitations rĂ©pondent Ă une nĂ©cessitĂ© marketing et d’ouverture. Le trail reste un milieu perçu comme fermĂ© et Ă©litiste par le grand public. Inviter des profils extĂ©rieurs permet de toucher un public plus jeune, nĂ©ophyte, et de faire rayonner l’Ă©preuve bien au-delĂ de la bulle des ultras-traileurs traditionnels.
Un débat sans fin ?
MalgrĂ© la transparence de l’organisation et ces pourcentages marginaux, le sujet continuera de diviser. Pour le passionnĂ© recalĂ© au tirage au sort, la pilule aura toujours du mal Ă passer. Mais le message de l’UTMB est clair : l’ouverture aux crĂ©ateurs de contenu est un levier jugĂ© indispensable pour faire grandir la course, peu importe les critiques.
En rĂ©sumĂ©, c’est une stratĂ©gie assumĂ©e par l’UTMB⊠mais toujours contestĂ©e
Ces explications ne convaincront probablement pas tous les traileurs.
Pour celui qui a attendu plusieurs annĂ©es avant d’obtenir son dossard, chaque invitation accordĂ©e Ă un influenceur reste difficile Ă accepter.
L’UTMB, de son cĂŽtĂ©, considĂšre que ces crĂ©ateurs de contenu participent au dĂ©veloppement du trail et Ă son rayonnement auprĂšs d’un public plus large.
Le dĂ©bat oppose donc deux visions lĂ©gitimes : celle des coureurs qui dĂ©fendent un accĂšs basĂ© uniquement sur le mĂ©rite sportif, et celle d’une organisation qui estime que la communication est devenue un levier indispensable pour faire grandir son Ă©vĂ©nement.
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