🎧 Le 90 km du Mont-Blanc est souvent présenté comme une simple course de 90 kilomètres.
En rĂ©alitĂ©, il s’agit d’un ultra-trail alpin particulièrement exigeant, capable de mettre en difficultĂ© des coureurs habituĂ©s aux formats bien plus longs.
Chaque annĂ©e, de nombreux participants dĂ©couvrent que la difficultĂ© ne vient pas seulement de la distance, mais de l’accumulation de plusieurs facteurs qui transforment cette course en vĂ©ritable test de montagne.
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Le dernier week-end de juin, Chamonix devient l’un des centres du monde du trail.
Alors que les regards se tournent souvent vers l’UTMB Ă la fin de l’Ă©tĂ©, le 90 km du Mont-Blanc possède une rĂ©putation particulière auprès des spĂ©cialistes.
Sur le papier, certains ultra-trails affichent des distances plus longues. Pourtant, beaucoup de coureurs considèrent que ce 90 km est l’une des courses les plus exigeantes de sa catĂ©gorie.
Le 90 km du Mont-Blanc est difficile parce qu’il cumule plus de 6 000 mètres de dĂ©nivelĂ© positif
Le premier élément qui frappe est son dénivelé. Avec environ 6 300 mètres de montée pour 90 kilomètres, le ratio entre distance et dénivelé est particulièrement élevé. Cela signifie que les périodes où il est possible de courir rapidement restent limitées.
Les ascensions s’enchaĂ®nent pendant des heures et sollicitent en permanence les quadriceps, les mollets et le système cardiovasculaire. Sur certaines portions, mĂŞme les meilleurs traileurs passent en mode randonnĂ©e rapide. Cette accumulation de montĂ©es finit par peser lourdement sur l’organisme. La fatigue musculaire apparaĂ®t bien avant les derniers kilomètres, obligeant les coureurs Ă gĂ©rer leur effort avec une grande prudence.
et parce que le terrain est extrĂŞmement technique
Le massif du Mont-Blanc ne pardonne pas les erreurs. Le parcours traverse des sentiers alpins parfois étroits, rocheux et irréguliers.
Les appuis changent constamment. Une seconde d’inattention peut coĂ»ter de prĂ©cieuses minutes ou provoquer une chute. Contrairement Ă certains ultra-trails roulants oĂą la gestion de l’endurance constitue la principale difficultĂ©, le 90 km du Mont-Blanc impose une concentration permanente. Les descentes sont particulièrement redoutĂ©es.
Elles permettent de gagner du temps, mais elles détruisent aussi progressivement les muscles des jambes. Beaucoup de coureurs arrivent à Chamonix avec les quadriceps complètement détruits après plusieurs heures passées à absorber les chocs.
et parce que l’altitude ajoute une difficultĂ© supplĂ©mentaire
MĂŞme si la course ne se dĂ©roule pas en très haute montagne, l’altitude joue un rĂ´le important.
Le parcours Ă©volue rĂ©gulièrement au-dessus de 2 000 mètres. Pour les coureurs vivant en plaine, la diffĂ©rence est souvent perceptible. L’oxygène devient lĂ©gèrement moins disponible, la respiration s’accĂ©lère et la fatigue apparaĂ®t plus vite lors des longues ascensions.
Cette contrainte peut sembler modeste au dĂ©but de la course, mais elle devient beaucoup plus marquĂ©e après plusieurs heures d’effort lorsque les rĂ©serves Ă©nergĂ©tiques commencent Ă diminuer.
et parce que la météo peut tout changer
La montagne possède ses propres règles. Une journĂ©e qui dĂ©bute sous un soleil radieux peut se transformer en course de survie quelques heures plus tard. Chaleur, vent, pluie, brouillard ou orage peuvent modifier complètement les conditions de course. Fin juin, les Ă©carts de tempĂ©rature sont parfois impressionnants entre le dĂ©part, les sommets et l’arrivĂ©e.
Les coureurs doivent donc transporter un Ă©quipement consĂ©quent tout en restant capables d’adapter leur stratĂ©gie en permanence. Cette incertitude mĂ©tĂ©orologique ajoute une dimension supplĂ©mentaire Ă la difficultĂ© physique dĂ©jĂ très Ă©levĂ©e.
et parce qu’il laisse très peu de temps pour rĂ©cupĂ©rer
Sur beaucoup d’ultra-trails, certaines portions permettent de rĂ©cupĂ©rer en courant tranquillement. Ici, ces moments sont rares. Après une montĂ©e difficile arrive souvent une descente technique, puis une nouvelle ascension.
Le corps reste constamment sollicitĂ©. Cette absence de vĂ©ritables pĂ©riodes de rĂ©cupĂ©ration explique pourquoi de nombreux coureurs ont l’impression de courir beaucoup plus longtemps que les 90 kilomètres annoncĂ©s.
Le temps passĂ© en montagne, la concentration permanente et l’effort musculaire continu crĂ©ent une fatigue qui dĂ©passe largement ce que laisse imaginer la distance.
et parce qu’il attire un plateau Ă©lite exceptionnel
Le Marathon du Mont-Blanc fait partie des événements les plus prestigieux du calendrier mondial. Chaque année, le plateau rassemble des athlètes internationaux parmi les meilleurs spécialistes de la montagne.
Même pour les amateurs, cette densité de niveau influence la course. Le rythme est souvent élevé dès les premiers kilomètres et il est facile de partir trop vite en essayant de suivre des concurrents mieux préparés. La gestion de course devient alors un élément essentiel du succès.
En résumé, le 90 km du Mont-Blanc est plus difficile que certains ultra-trails plus longs
C’est prĂ©cisĂ©ment ce qui fait sa rĂ©putation. De nombreux coureurs expliquent qu’ils ont davantage souffert sur ce 90 km que sur certains ultra-trails de 100 ou 120 kilomètres moins techniques.
La combinaison entre le dĂ©nivelĂ©, la technicitĂ©, l’altitude, la mĂ©tĂ©o et l’absence de rĂ©cupĂ©ration transforme cette Ă©preuve en vĂ©ritable dĂ©fi alpin.
C’est aussi ce qui explique son statut particulier dans le monde du trail. Finir le 90 km du Mont-Blanc ne consiste pas seulement Ă couvrir une distance. C’est rĂ©ussir Ă maĂ®triser pendant près d’une journĂ©e complète toutes les contraintes que la montagne peut imposer Ă un traileur.
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