entrainement tapis de course
La question est assez fréquente, notamment en hiver. Et que l’on se tienne pour acquis une assez bonne nouvelle, c’est que la réponse est oui ! D’ailleurs quelques grands traileurs intègrent dans leur pratique de l’entraînement sur tapis (Jon Albon par exemple).
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entrainement tapis de course – Ça peut être surtout utile en hiver, disais-je, quand il caille sa mère dehors, que les sentiers sont moins accessibles, ou alors si on est confinés à cause d’une pandémie.
Faire son entrainement trail sur tapis de course
Certains tapis montent à 15%, voire plus d’inclinaison. Et on ne s’en rend pas compte, mais c’est déjà pas mal. Alors si vous habitez en ville et que vous n’avez pas à côté de chez vous des côtes assez grandes pour faire du fractionné long (plus d’un km par exemple), ça fera le taf, et plutôt bien.
Vous pouvez donc assez bien travailler du dénivelé spécifique.
J’aurais tendance à privilégier le fractionné long dans la mesure où on doit tenir plus longtemps et aller moins vite (mais c’est personnel, car aller hyper vite sur un tapis de course, je trouve que ça craint).
Est-ce que ça peut totalement remplacer le travail extérieur ? En soi, ça va dépendre de votre préparation.
Si vous préparez l’Ecotrail, vu que c’est plutôt roulant et que le dénivelé est relativement limité, ça peut passer. Pour une prépa d’ultra en montagne, je le conseillerais moins. En tout cas, je le limiterais à un « ajout » à la prépa existante. Car fatalement, il ne sera pas possible de travailler la montée en mode technique ; il sera difficile de gérer l’altitude (sauf si vous avez le matos pour, mais ça coûte une blinde, de sorte que ça coûterait presque moins cher d’aller passer des week end en montagne… Bon, j’exagère peut être un tout petit peu). Et last but not least, on ne va pas se mentir… C’est un peu chiant, non ?
En résumé, il y a le dernier point, celui dont personne ne parle vraiment quand il défend le tapis “hyper pratique” : le tapis ne fatigue pas seulement les jambes, il fatigue aussi la tête, et c’est précisément pour ça qu’il peut devenir un outil intéressant… si on l’assume.
Oui, c’est monotone, oui, ça peut être chiant, et oui, ça n’a rien à voir avec la sensation d’un single en forêt.
Mais cette monotonie peut se transformer en séance mentale de traileur : apprendre à tenir un effort sans décor, sans micro-relances naturelles, sans variation de terrain qui occupe le cerveau, c’est une forme de travail de patience et de discipline qui ressemble, au fond, à ce qui se passe sur un ultra quand tout devient long, répétitif, et que la motivation ne vient plus de l’extérieur.
Le tapis peut aussi être l’endroit où l’on teste des détails qui font gagner gros dehors : courir avec le gilet d’hydratation pour vérifier les frottements, caler une stratégie d’alimentation en effort sans “pause rando” automatique, travailler la marche active en pente en restant propre, trouver une cadence efficace, et même simuler des blocs “montée continue” sans tricher avec une descente qui casse le rythme.
Bref, le tapis ne remplace pas la montagne, mais il peut remplacer une séance ratée, il peut sauver une semaine d’entraînement quand la météo ou la vie met tout à l’envers, et il peut surtout compléter une prépa en ajoutant du spécifique sans avoir besoin de partir loin. À condition de le traiter comme un outil, pas comme une prison : une ou deux séances bien pensées, intégrées intelligemment, avec un objectif clair, et le reste dehors dès que possible.
Parce que le jour de course, ce ne sera pas un tapis qui décidera si ça passe, ce sera la capacité à encaisser du réel… et le tapis, lui, n’est qu’un moyen de plus pour y arriver.
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