🎧 Mathieu Blanchard comme Blandine L’Hirondel utilisent régulièrement le vélo pour augmenter leur volume d’entraînement, récupérer plus efficacement et limiter les blessures.
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Une évolution qui change progressivement la manière de préparer les trails et les courses d’endurance.
Pendant longtemps, voir un coureur enfourcher un vélo signifiait généralement une chose : il était blessé. Cette association reste encore très présente dans l’esprit de nombreux pratiquants. Pourtant, les habitudes évoluent rapidement, y compris chez les meilleurs athlètes français.
Invitée à s’exprimer sur sa préparation, Blandine L’Hirondel a expliqué que le vélo faisait désormais partie intégrante de son entraînement. La double championne du monde de trail raconte avoir elle-même demandé à intégrer davantage de cyclisme lorsqu’elle s’est orientée vers le demi-fond. L’objectif était simple : augmenter son volume d’entraînement sans risquer une blessure liée à une hausse trop brutale du kilométrage à pied.
Elle explique également avoir utilisé le vélo lors d’une période compliquée marquée par un syndrome de l’essuie-glace. À cette époque, certaines séances de course à pied étaient devenues impossibles à réaliser. Elle a alors transféré une grande partie de son travail d’endurance sur le vélo, tout en poursuivant sa progression jusqu’à se qualifier pour les Championnats du monde d’athlétisme.
Mathieu Blanchard suit une logique similaire. Depuis plusieurs saisons, le vainqueur de la Diagonale des Fous partage régulièrement des sorties vélo au sein de sa préparation. Pour les ultra-traileurs, cette discipline est devenue un moyen particulièrement efficace d’accumuler des heures d’effort tout en limitant les contraintes imposées au corps par les impacts répétés de la course à pied.
Le phénomène dépasse aujourd’hui largement le cadre du trail. Blandine L’Hirondel observe elle-même que de plus en plus d’athlètes internationaux intègrent le vélo à leur préparation. Elle cite notamment plusieurs spécialistes britanniques du demi-fond qui utilisent désormais régulièrement ce type d’entraînement croisé.
Pourquoi les meilleurs coureurs utilisent de plus en plus le vélo
Parce qu’il permet de développer son endurance avec moins d’impacts
Cette évolution peut sembler paradoxale.
Le grand public imagine souvent que les meilleurs coureurs passent leur temps à courir. Pourtant, la réalité de l’entraînement moderne est beaucoup plus nuancée.
Chez les athlètes de haut niveau, chaque kilomètre supplémentaire doit être justifié. Le problème n’est pas seulement de développer l’endurance, mais aussi de rester suffisamment frais pour enchaîner les semaines d’entraînement sans se blesser.
C’est précisément ce que permet le vélo.
Une sortie de deux heures à faible intensité sollicite fortement le système cardiovasculaire tout en générant beaucoup moins de contraintes mécaniques qu’une sortie équivalente en course à pied. Le cœur travaille, les muscles travaillent, mais les articulations encaissent beaucoup moins de chocs.
Pour des athlètes qui s’entraînent parfois plusieurs fois par jour, cette différence est loin d’être anodine.
Parce qu’il permet de faire plus de volume sans augmenter le risque de blessure
L’un des grands enjeux de la préparation en endurance consiste à trouver le bon équilibre entre progression et récupération.
Pendant des années, la réponse semblait simple : courir davantage. Aujourd’hui, les entraîneurs cherchent plutôt à optimiser la charge globale d’entraînement.
Le vélo offre une solution particulièrement intéressante. Il permet d’ajouter plusieurs heures d’effort dans la semaine sans augmenter proportionnellement les risques de blessure.
Chez les traileurs, cette stratégie est devenue presque incontournable lors des périodes de préparation les plus chargées. Plutôt que d’ajouter systématiquement une sortie de course à pied supplémentaire, certains préfèrent compléter leur semaine avec plusieurs heures de vélo.
Le résultat est souvent le même sur le plan cardiovasculaire, mais beaucoup plus facile à supporter sur le plan mécanique.
Parce qu’il favorise la récupération entre les grosses séances
Le développement du vélo ne s’explique pas uniquement par la recherche de volume.
Les entraîneurs l’utilisent également comme outil de récupération active.
Après une compétition ou une sortie longue en montagne, il n’est pas rare de voir les coureurs remplacer leur footing de récupération par une sortie cycliste tranquille.
Cette approche permet de maintenir une activité physique tout en laissant davantage de temps aux muscles, aux tendons et aux articulations pour récupérer des impacts accumulés.
Pour les athlètes qui préparent des objectifs exigeants comme l’UTMB, la Western States ou les Championnats du monde, cette capacité à récupérer tout en continuant à s’entraîner constitue un avantage considérable.
Parce qu’il permet de simuler la fatigue d’un ultra-trail
L’utilisation du vélo va parfois encore plus loin.
Certains entraîneurs mettent en place ce que l’on appelle des séances de pré-fatigue. Le principe consiste à effectuer plusieurs heures de vélo avant d’enchaîner avec une sortie course à pied.
L’objectif est de reproduire les sensations ressenties après plusieurs dizaines de kilomètres de trail sans imposer au corps une sortie extrêmement longue réalisée uniquement à pied.
Un athlète peut par exemple rouler plusieurs heures avant de partir courir en montagne. Au moment où commence la séance de trail, son organisme se trouve déjà dans un état de fatigue proche de celui rencontré en compétition.
Cette méthode permet de préparer les exigences physiologiques de l’ultra-trail tout en réduisant significativement les impacts.
Parce qu’il est en train de transformer les méthodes d’entraînement
Ce que racontent aujourd’hui Mathieu Blanchard et Blandine L’Hirondel illustre finalement une transformation beaucoup plus profonde.
Le temps où l’on jugeait la qualité d’un entraînement uniquement au nombre de kilomètres parcourus semble progressivement s’éloigner. Les meilleurs athlètes cherchent désormais à construire une préparation durable, capable d’accumuler du volume tout en préservant l’organisme.
Dans cette nouvelle approche, le vélo n’est plus un sport de remplacement. Il devient un véritable partenaire de la course à pied.
Et lorsque des champions capables de gagner les plus grandes courses du monde passent autant de temps sur une selle que sur les sentiers, cela mérite sans doute que les amateurs s’interrogent eux aussi sur leur manière de s’entraîner.
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