🎧 Coup de chaud sur l’Ultra Marin
Arrivé deuxième sur la ligne d’arrivée du Grand Raid (175 km) à Vannes ce matin, le Morbihannais Julien Le Corff a été sanctionné d’une pénalité d’une heure lors du contrôle de matériel obligatoire. Une sanction ultra-stricte liée au « kit canicule » rendu obligatoire, qui le relègue au pied du podium, et on s’interroge forcément sur la lourdeur de cette peine.
ACHETER UNE MONTRE GPS EN SOLDES SUR I-RUN
-42%
montre Garmin Fenix 7X Pro Sapphire Solar Titane 
L’Ultra-Marin – L’enfer plat du Morbihan
Mythe du trail breton, l’Ultra Marin est une course à part dans le monde de l’ultra. Son épreuve reine, le Grand Raid, propose un parcours XXL de 175 kilomètres et seulement 1 430 mètres de dénivelé positif, qui dessine une gigantesque boucle autour du Golfe du Morbihan. Sans aucune ascension vers des sommets potentiels qui permettent de couper le rythme et de récupérer, ce parcours le long du littoral est en fait un défi mental et physique car les athlètes ont l’obligation de courir quasi en continu s’ils veulent être bien classés.
Une météo extrême et un « kit canicule » obligatoire
Cette édition de l’Ultra Marin restera historiquement marquée par des conditions climatiques hors norme. Frappé par une vigilance canicule extrême avec des températures jamais vues proches des 40 °C, le Morbihan a dû s’adapter en urgence. Sous la pression préfectorale, l’organisation a d’ailleurs du prendre la décision radicale d’annuler l’épreuve du Raid (100 km), dont le départ était prévu en plein pic de chaleur le jeudi midi.
Pour le Grand Raid (175 km), maintenu puisque le départ était vendredi soir à 19h, l’organisation avait activé le « kit canicule ».
Julien Le Corff, l’ambition des 40 ans coupée nette à l’arrivée
À 40 ans, l’athlète Français Julien Le Corff ne cachait pas ses ambitions au départ de cette édition 2026 du Grand Raid de l’Ultra Marin. Après être arrivé 9ème en 2024 sur cette même distance, et 4ème sur le format 100 km en 2025, le coureur Breton avait annoncé s’être entrainé spécifiquement depuis 10 mois, et avoir le podium dans le viseur pour cette course qui représentait son objectif de l’année.
Sur les sentiers de l’Ultra Marin, sa stratégie de course a été parfaite. La course a été gérée en 14 heures et 47 minutes, et le Morbihannais a franchi la ligne d’arrivée sur le port de Vannes en deuxième position, juste derrière l’intouchable Jean-Louis Lallican. Une performance énorme.
60 minutes de pénalité pour des lunettes… qu’il avait pourtant avec lui
C’est lors du contrôle de matériel obligatoire d’après course que la pénalité est tombée. Les lunettes de soleil de Julien Le Corff étaient bien dans son équipement, mais pas à l’endroit réglementaire où elles auraient du être lors du contrôle.
On peut donc penser que l’absence des lunettes de soleil à l’endroit voulu par les commissaires de course n’est absolument pas une tentative de triche ou de gain de poids volontaire. Mais appliquant le règlement de l’épreuve à la lettre, le jury lui a tout de même infligé une pénalité de 60 minutes. Un gouffre chronométrique qui fait basculer le Breton de la 2ème à la 4ème place du classement officiel, et offre ainsi la deuxième marche du podium à Emmanuel Bonnier et la troisième à Loan Le Rohellec.
En résumé, si l’équité sportive exige une application stricte des règles, cette sanction laisse un immense goût amer et nous pose la question du curseur de la sévérité en ultra-trail.
Qu’un athlète soit lourdement sanctionné pour un manque de réserve d’eau, l’absence d’une couverture de survie ou d’un sifflet est du bon sens car cela relève de la sécurité vitale des coureurs. Mais appliquer une heure de pénalité à un coureur lucide, dont les lunettes de soleil étaient pourtant bien présentes dans son équipement, mais simplement pas au bon endroit au bon moment, interroge sur le bon sens des commissaires de course. Pas sûr qu’une paire de lunettes de soleil change vraiment grand chose au fait qu’un coureur soit susceptible de faire un coup de chaud ou non…
L’esprit sportif et le bon sens devraient être privilégiés face à l’effort humain, et on ne peut pas toujours appliquer un règlement à la virgule près. Pour Julien Le Corff, la pilule est forcément très difficile à avaler, et tous ses sacrifices des derniers mois se retrouvent réduits à néant par une décision administrative plus que discutable.
Lire aussi
- Les pollueurs de l’UTMB seront sévèrement sanctionnés
- Résultat Ultra Marin : victoire de Jean-Louis Lallican qui bat le record de l’épreuve du 175 km
- Autre polémique sur l’ultra marin
- Quelles chaussures pour courir l’ Ultra Marin Raid Golfe du Morbihan
- Ultra Marin 175 km : ClemQuiCourt termine 24e, à 4 h 32 min du vainqueur






