sources préférées Google
🎧 Samedi 19 septembre, à Mably, dans la Loire, une battue aux sangliers aurait pu se terminer beaucoup plus mal. Vers 12 h 30, la balle tirée par un chasseur de 70 ans a quitté sa trajectoire initiale et terminé sa course contre le mur d’une maison. Avant cela, elle aurait transpercé une chaise de jardin et une balancelle. Personne n’a été blessé. Cette fois.
Le parquet de Roanne a ouvert une enquête pour mise en danger de la vie d’autrui par violation d’une obligation de sécurité ou de prudence. Le permis du tireur était en règle et les dépistages effectués se sont révélés négatifs. Le chasseur a reconnu avoir tiré deux fois avec une carabine Browning 300 en direction d’un groupe de neuf sangliers et affirme avoir respecté l’angle de tir prévu par le plan de battue.
Si une balle peut finir dans le jardin puis sur le mur d’une maison alors que son auteur affirme avoir respecté son angle de tir, comment peut-on nous demander de considérer que le risque est totalement maîtrisé lorsque nous courons sur les chemins voisins ?
Acheter un gilet fluo pour courir pendant la chasse

Les faits se sont produits dans le quartier des Tuileries à Mably, près de Roanne pendant une partie de chasse : La balle a traversé une chaise et une balancelle avant de toucher la maison
Une battue aux sangliers était en cours lorsque le projectile a atteint une propriété privée.
Selon les éléments rapportés, la balle aurait d’abord traversé une chaise de jardin et une balancelle avant de terminer sa course contre le mur du pavillon.
Il suffit alors d’imaginer la même scène avec quelqu’un assis sur cette chaise. Ou un enfant sur la balancelle. Ou un promeneur. Ou un traileur qui passe cinquante mètres plus loin.
Cette fois, personne n’a été touché. Mais le fait qu’il n’y ait pas de blessé ne transforme pas le projectile en événement anodin. Une balle capable d’atteindre une habitation après avoir traversé du mobilier de jardin possède évidemment assez d’énergie pour blesser très gravement une personne.
Si une balle est arrivée cette fois jusque dans une maison, comment garantir qu’elle restera loin des traileurs une prochaine fois ?
C’est la question qui nous concerne directement.
On explique régulièrement aux coureurs que les battues sont organisées, que les angles de tir sont définis, que les règles de sécurité existent et que les chasseurs savent ce qu’ils font.
Dans cette affaire, le tireur affirme justement avoir respecté l’angle prévu, lequel excluait les pavillons. Pourtant, un projectile a tout de même atteint une maison. L’enquête devra désormais établir précisément ce qui s’est passé et déterminer si des infractions ont été commises.
Pour un traileur, le problème est simple : déjà on doit s’adapter à cette présence en respectant les panneaux de chasse en course, mais même si on contourne une battue, on porte des couleurs visibles et si on reste sur un sentier, nous ne contrôlons jamais la trajectoire d’une balle tirée plusieurs dizaines ou centaines de mètres plus loin.
Si un projectile peut atteindre une habitation qui devait se trouver hors de la zone de tir, comment garantir que le prochain ne frappera pas la jambe d’un coureur ? Son thorax ? Sa tête ?
Personne ne peut donner cette garantie.
« Il n’y a pas eu de blessé » n’est pas vraiment rassurant
C’est souvent la première phrase qui accompagne ce genre d’événement : heureusement, aucun blessé. Évidemment que c’est une bonne nouvelle.
Mais en matière de sécurité, l’absence de victime ne suffit pas à effacer ce qui aurait pu se produire.
Une chaise a été traversée. Une balancelle a été touchée. Une maison a reçu la balle. Le parquet lui-même considère les faits suffisamment sérieux pour ouvrir une enquête pour mise en danger de la vie d’autrui.
Pour les personnes qui courent plusieurs heures dans la nature pendant la saison de chasse, ce type d’événement nourrit forcément l’inquiétude.
Parce qu’un traileur n’est pas derrière un mur. Il avance à découvert, parfois silencieusement, parfois dans la végétation, parfois à proximité d’une battue dont il ne connaît même pas précisément les limites.
En résumé, pour un traileur, la peur n’est donc pas irrationnelle
On reproche régulièrement aux coureurs de « psychoter » lorsqu’ils disent avoir peur pendant la saison de chasse.
Mais que faut-il penser lorsque quelques jours après l’ouverture, une balle tirée pendant une battue termine dans une maison ?
La peur ne consiste pas à penser que chaque chasseur va volontairement tirer sur un traileur. Elle vient d’un raisonnement beaucoup plus simple : une balle ne distingue pas un mur d’une jambe, une balancelle d’un enfant ou un sanglier d’un coureur une fois qu’elle a quitté la trajectoire prévue.
Le samedi 19 septembre, elle a terminé contre une maison.
La prochaine fois, personne ne sait ce qui se trouvera sur son chemin.
Et c’est exactement pour cette raison que lorsque les traileurs demandent davantage de sécurité, de transparence et de partage réel de la nature pendant la saison de chasse, ils ne parlent pas d’une peur abstraite : ils parlent de leur intégrité physique.
Lire aussi
- DÉCRYPTAGE : les chasseurs disent que les forêts sont privées pour nous empêcher de courir
- « J’ai rempli le congélateur : 13 lapins, 6 lièvres, 4 faisans, 1 chevreuil, 3 marcassins et, pour finir, 2 Arabes que j’ai donnés au chien pour récompense » : voilà pourquoi on a peur des chasseurs quand on va courir
- OUI : on a le droit de courir pendant la chasse et même pendant une battue
Vous pouvez contacter Axelle Anne par MP sur FB ou regarder ses vidéos YouTube.
🏃 Depuis 2012, u-Trail vous informe gratuitement sur l’actualité du trail.
❤️ Votre soutien nous aide à préserver un média trail libre et indépendant.





