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🎧 Des Iraniennes ont participé tête découverte à une course de 10 km organisée vendredi 18 septembre 2026 à Téhéran.
Les images ont rapidement circulé sur les réseaux sociaux. Dès le lendemain, le parquet de la capitale a annoncé l’ouverture d’une procédure contre les responsables de l’événement pour non-respect des règles « légales et religieuses ».
Plusieurs participantes ont couru sans voile à Téhéran
La scène s’est déroulée au parc Velayat, dans le sud-ouest de Téhéran. Le parcours de 10 kilomètres était constitué de deux boucles, avec deux courses séparées : les femmes ont pris le départ à 5 h 30, puis les hommes à 7 heures.
Les vidéos diffusées après l’épreuve montrent un peloton féminin important.
La course avait pourtant reçu une autorisation du Conseil de sécurité de la province. Selon le directeur des sports et de la jeunesse de Téhéran, les participants avaient également signé avant le départ un engagement à respecter les règles islamiques. L’autorisation de la manifestation sportive ne valait donc pas autorisation de courir sans voile.
Parisa Arab, détentrice des records nationaux féminins iraniens du 5 000 mètres, du 10 000 mètres et du semi-marathon, a remporté l’épreuve. Après sa victoire, elle a publié des images de sa course et remercié les spectateurs pour leurs encouragements.
Le parquet de Téhéran ouvre une procédure
Le 19 septembre, le centre de communication du pouvoir judiciaire iranien a confirmé l’intervention du parquet de Téhéran.
Les organisateurs et les personnes chargées du déroulement de la course sont visés par une procédure pour ne pas avoir respecté les exigences « légales et religieuses ». Les autorités sportives ont aussi annoncé que les athlètes considérés comme fautifs pourraient faire l’objet de mesures disciplinaires ou judiciaires. La nature exacte de ces éventuelles sanctions n’a toutefois pas été précisée.
Il faut donc rester prudent face à certaines affirmations publiées sur les réseaux sociaux. À ce stade, aucune source fiable n’indique que les coureuses risquent la peine de mort pour leur participation à ce 10 km.
Un précédent avait déjà provoqué des arrestations
Cette affaire rappelle le marathon organisé en décembre 2025 sur l’île de Kish. Des images de femmes courant sans voile avaient alors déclenché la colère des milieux conservateurs. Deux personnes impliquées dans l’organisation avaient été arrêtées et une procédure pénale avait été ouverte.
Quelques jours seulement avant le 10 km de Téhéran, une autre manifestation proposant des distances de 5, 10 et 21 kilomètres avait été annulée à Kerman. Des responsables religieux s’opposaient notamment à la présence annoncée d’hommes et de femmes sur le même événement.
Courir devient un acte public de désobéissance
En Iran, la pratique féminine de la course à pied reste encadrée. Les compétitions sont généralement séparées de celles des hommes et les participantes doivent porter un voile ainsi qu’une tenue couvrante.
Depuis la mort de Mahsa Amini en septembre 2022, après son arrestation par la police des mœurs, de nombreuses Iraniennes apparaissent pourtant sans voile dans les rues, les cafés ou les parcs. L’application des règles s’est assouplie dans certains lieux, mais le port du hijab reste légalement obligatoire et les sanctions n’ont pas disparu.
Dans ce contexte, courir dix kilomètres tête découverte dépasse le simple choix d’une tenue adaptée à l’effort. Le geste place les participantes face à une règle qu’elles refusent publiquement, devant des spectateurs et des caméras.
Le courage de ces femmes iraniennes a suscité de nombreuses réactions
Première réaction : une très large vague de soutien
Dans les commentaires publiés sous les images, la réaction dominante est l’admiration. Les mots « courage », « liberté », « respect » et « soutien » reviennent constamment.
De nombreux internautes présentent les coureuses comme des « résistantes » ou des « guerrières ». Certains reprennent le slogan « Femme, Vie, Liberté », devenu le symbole de la contestation née après la mort de Mahsa Amini.
La course est alors perçue comme une démonstration collective : chacune accomplit son effort personnel, mais le peloton rend la contestation visible et plus difficile à isoler.
Deuxième réaction : le débat est immédiatement ramené à la France
Une autre partie des commentaires compare la situation des Iraniennes Ă celle des femmes portant volontairement le voile en France.
Des internautes disent ne pas comprendre que certaines femmes se battent pour retirer leur voile en Iran alors que d’autres revendiquent le droit de le porter en France. Plusieurs messages s’en prennent également à La France insoumise ou à certaines associations féministes, accusées de ne pas soutenir suffisamment les Iraniennes.
Cette comparaison occupe une place importante dans les réactions, mais elle déplace rapidement la discussion. En Iran, le sujet porte sur une obligation imposée par l’État et assortie de sanctions. En France, le débat concerne principalement la possibilité de porter ou non un signe religieux selon les lieux et les règles qui leur sont applicables.
Troisième réaction : la liberté de choisir plutôt que l’obligation ou l’interdiction
Quelques internautes refusent justement d’opposer les femmes entre elles.
Leur position peut se résumer ainsi : contraindre une femme à porter un voile et lui interdire de le porter relèvent de deux restrictions différentes imposées à sa liberté. Selon eux, le message essentiel de cette course réside dans la possibilité, pour chaque femme, de décider de sa tenue.
Un commentaire appelle ainsi à cesser les comparaisons avec la France pour revenir aux demandes des Iraniennes : courir, étudier, travailler, sortir et s’habiller sans subir la décision d’une autorité ou d’un tiers.
Quatrième réaction : quelques internautes contestent le récit
Une minorité de commentaires affirme que la course aurait été entièrement autorisée par le régime ou que les images serviraient une opération de propagande étrangère.
Les faits connus apportent une réponse plus nuancée. L’événement sportif avait bien obtenu une autorisation, mais les participantes avaient été invitées à respecter les règles vestimentaires islamiques. L’ouverture d’une procédure judiciaire contre l’organisation confirme que la présence de femmes tête découverte n’avait pas été officiellement validée.
Il reste impossible, à partir des seules vidéos, de connaître les motivations personnelles de chaque coureuse. Toutes ne se considèrent pas nécessairement comme des militantes. Leur participation sans voile constitue néanmoins une infraction aux règles toujours en vigueur.
Cinquième réaction : la crainte des représailles
Enfin, plusieurs messages expriment surtout de l’inquiétude. Les internautes redoutent l’identification des participantes grâce aux vidéos devenues virales et demandent que leur sécurité soit protégée.
Cette peur s’explique par les précédentes arrestations d’organisateurs et par la répression qui a suivi les manifestations de 2022. Elle ne permet cependant pas d’annoncer à l’avance la nature des sanctions.
Pour le moment, la seule conséquence officiellement confirmée concerne l’ouverture d’une procédure contre les responsables de la course, avec la possibilité évoquée de mesures contre certains athlètes.
En résumé, sportivement, l’épreuve de Téhéran reste un 10 kilomètres urbain couru sur deux boucles. Politiquement et socialement, les images racontent autre chose.
Elles montrent que la course à pied peut devenir un moyen d’occuper l’espace public et d’afficher collectivement une liberté revendiquée. En prenant le départ sans voile, ces Iraniennes n’ont pas seulement franchi une ligne chronométrique : elles ont rendu visible, au cœur de Téhéran, la transformation progressive de la société iranienne.
Les réactions présentées dans cet article proviennent des commentaires visibles sous une publication Instagram consacrée à cette course. Elles illustrent plusieurs tendances du débat, mais ne constituent pas un sondage représentatif de l’opinion publique.
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Auteur : Axelle Anne, est la fondatrice de la redac. Dans le web depuis 1998, elle a fondĂ© de nombreux sites et s’est mise au trail en 2010. Anti-conformiste et sans langue de bois, elle a contribuĂ© Ă faire sortir le trail de sa niche pour magazine plan plan pour en faire un sport grand public. Depuis 2025, elle assiste impuissante aux dĂ©rives du trail.Vous pouvez contacter Axelle Anne par MP sur FB ou regarder ses vidĂ©os YouTube.








