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Hugo ClĂ©ment se trompe en utilisant l’argument du chasseur-cueilleur pour banaliser la bigorexie

En voulant expliquer notre besoin de mouvement par l'héritage des chasseurs-cueilleurs, Hugo Clément relance un débat scientifique qui est loin de faire consensus.

28 juillet 2026
dans EDITO
hugo clément
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🎧 Hugo ClĂ©ment part d’une idĂ©e simple : si l’ĂȘtre humain doit bouger, c’est parce qu’il a Ă©tĂ© pendant l’essentiel de son histoire un chasseur-cueilleur.

Écouter le rĂ©sumĂ© de l’article — DurĂ©e totale : 0:48

Sommaire

Toggle
  • On n’en peut plus de l’argument di chasseur-cueilleur
  • À 0 min 12, Hugo ClĂ©ment dit que nous sommes « dĂ©connectĂ©s de la machine biologique qui est notre corps »
    • Pourquoi Hugo ClĂ©ment se trompe sur notre machine biologique
  • À 0 min 26, Hugo ClĂ©ment dit que pendant « 290 000 ans », nous avons Ă©tĂ© des chasseurs-cueilleurs
    • Pourquoi Hugo ClĂ©ment se trompe en reprenant le sempiternel exemple des chasseurs-ceuilleurs
  • À 0 min 32, Hugo ClĂ©ment dit que les chasseurs-cueilleurs « passaient leur temps Ă  se dĂ©placer »
    • Pourquoi Hugo ClĂ©ment se trompe car les chasseurs-cueilleurs ne couraient pas des 42 km non stop, ils faisaient des pauses
  • À 0 min 48, Hugo ClĂ©ment dit que notre corps « a Ă©voluĂ© pour le mouvement »
    • Pourquoi Hugo ClĂ©ment se trompe en mettant mouvement et sport intensif au mĂȘme niveau
  • À 0 min 51, Hugo ClĂ©ment dit que nous sommes faits pour « nous dĂ©placer sur de longues distances »
    • Pourquoi Hugo ClĂ©ment se trompe en mettant sur le mĂȘme plan capacitĂ© et norme
  • À 1 min 33, Hugo ClĂ©ment dit que faire de l’activitĂ© physique « tous les jours ou presque » devrait ĂȘtre normal
    • Pourquoi Hugo ClĂ©ment se trompe en confondant activitĂ© physique et sport
  • À 1 min 39, Hugo ClĂ©ment dit que « ce n’est pas un truc de fou de faire du sport tous les jours »
    • Pourquoi Hugo ClĂ©ment se trompe en Ă©tant trop gĂ©nĂ©raliste
  • À 1 min 44, Hugo ClĂ©ment reconnaĂźt qu’il faut respecter « la progressivitĂ©, la rĂ©cupĂ©ration, l’alimentation »
    • Pourquoi Hugo ClĂ©ment se trompe quand mĂȘme
  • À 1 min 54, Hugo ClĂ©ment dit que « le risque, ce n’est pas de faire trop d’activitĂ©s physiques »
    • Pourquoi Hugo ClĂ©ment se trompe car les problĂšmes de santĂ© et de santĂ© mentale liĂ©s Ă  la bigorexie existent rĂ©ellement
  • À 2 min 02, Hugo ClĂ©ment se moque des alertes sur « l’addiction au sport »
    • Pourquoi Hugo ClĂ©ment se trompe encore sur la bigorexie
  • À 2 min 17, Hugo ClĂ©ment dit que le terme « addiction au sport » est un « mot valise »
    • Pourquoi Hugo ClĂ©ment se trompe
  • À 2 min 37, Hugo ClĂ©ment dit que c’est normal d’avoir envie de faire du sport car « notre corps est fait pour ça »
    • Pourquoi Hugo ClĂ©ment se trompe parce que l’envie ne suffit pas Ă  prouver que la pratique est toujours bonne.
  • À 2 min 43, Hugo ClĂ©ment dit que « nous sommes des singes » et que nous ne sommes pas faits pour rester immobiles
    • Pourquoi Hugo ClĂ©ment se trompe parce que justement les humains sont diffĂ©rents des singes
  • À 2 min 50, Hugo ClĂ©ment dit que nous sommes faits pour ĂȘtre « en permanence dans le mouvement »
    • Pourquoi Hugo ClĂ©ment se trompe
  • En rĂ©sumĂ©, Hugo ClĂ©ment a raison contre la sĂ©dentaritĂ©, mais tort sur les chasseurs-cueilleurs
  • Source

 

Si j’ai bien compris son raisonnement, nous serions donc faits pour courir, ou au moins pour fournir rĂ©guliĂšrement de longs efforts, parce que nos ancĂȘtres auraient passĂ© leur vie Ă  se dĂ©placer, Ă  chasser, Ă  cueillir et Ă  survivre dans un environnement beaucoup plus physique que le nĂŽtre.

Sur le fond, personne ne contestera sĂ©rieusement que la sĂ©dentaritĂ© moderne pose un vrai problĂšme. Passer huit heures par jour assis devant un Ă©cran, rĂ©duire ses dĂ©placements au strict minimum et considĂ©rer le mouvement comme une option du week-end n’a rien d’idĂ©al pour le corps humain. LĂ -dessus, Hugo ClĂ©ment touche un point juste.

On n’en peut plus de l’argument di chasseur-cueilleur

Mais il y a un problĂšme avec l’argument du chasseur-cueilleur : on n’en peut plus de le voir remis Ă  toutes les sauces. DĂšs qu’il faut justifier le jeĂ»ne, la viande, le vĂ©gĂ©tal, le minimalisme, le froid, le barefoot, le sport quotidien ou la course longue, quelqu’un ressort l’image de l’humain ancestral qui vivait dehors et bougeait tout le temps. Sauf que cette image est souvent beaucoup plus fantasmĂ©e que dĂ©montrĂ©e.

Les chasseurs-cueilleurs se dĂ©plaçaient, oui. Ils marchaient probablement beaucoup. Ils pouvaient courir dans certaines situations. Ils devaient porter, grimper, chercher, observer, suivre des traces, Ă©viter des dangers, transporter de la nourriture ou changer de campement. Mais ils ne couraient sans doute pas 42 km sans s’arrĂȘter pour faire un marathon, ni 170 km autour du Mont-Blanc avec un dossard, une montre GPS et des ravitaillements.

C’est prĂ©cisĂ©ment lĂ  que le raisonnement devient fragile. Dire que l’ĂȘtre humain est fait pour bouger est une chose. Dire qu’il est fait pour courir longtemps, souvent, et que le sport quotidien serait simplement un retour Ă  notre nature profonde en est une autre. Entre le mouvement nĂ©cessaire Ă  la survie et l’endurance sportive moderne, il y a une diffĂ©rence majeure.

Il faut donc reprendre point par point ce que dit Hugo ClĂ©ment. Non pas pour nier les bienfaits de l’activitĂ© physique, mais pour montrer oĂč son raisonnement glisse, oĂč il mĂ©lange mouvement et sport, oĂč il confond chasse-cueillette et entraĂźnement moderne, et pourquoi l’argument du chasseur-cueilleur ne suffit pas Ă  prouver que nous serions faits pour courir tous les jours.

 

À 0 min 12, Hugo ClĂ©ment dit que nous sommes « dĂ©connectĂ©s de la machine biologique qui est notre corps »

(0:12)
et ça me fait un peu sourire, parce que ça montre Ă  quel point on est complĂštement dĂ©connectĂ© de la machine biologique qui est notre corps (0:19) et des animaux que nous sommes. Nous, les Homo sapiens, on a Ă  peu prĂšs 300 000 ans, et sur ces 300 000 ans d’existence

Dans sa vidéo, Hugo Clément affirme : « ça montre à quel point on est complÚtement déconnecté de la machine biologique qui est notre corps et des animaux que nous sommes ».

Son idĂ©e est simple : ceux qui mettent en garde contre l’excĂšs de sport auraient oubliĂ© que l’ĂȘtre humain est d’abord un corps vivant, un animal, un organisme fait pour se mouvoir. Il oppose donc la prudence autour du sport Ă  une forme de dĂ©connexion moderne.

Il y a une part de vĂ©ritĂ© dans cette phrase. Nos modes de vie ont changĂ© trĂšs vite. Beaucoup de personnes bougent trop peu. Le corps humain ne fonctionne pas idĂ©alement lorsqu’il reste assis toute la journĂ©e.

Pourquoi Hugo Clément se trompe sur notre machine biologique

Le problĂšme, c’est qu’il transforme une remarque juste sur la sĂ©dentaritĂ© en argument contre les alertes sur l’excĂšs de sport.

Dire que le corps humain est fait pour bouger ne veut pas dire que toutes les pratiques sportives sont bonnes, ni que toutes les mises en garde sont absurdes. Un corps peut ĂȘtre conçu pour le mouvement et quand mĂȘme souffrir d’un excĂšs de charge, d’un manque de rĂ©cupĂ©ration, d’une blessure mal gĂ©rĂ©e ou d’une pratique compulsive.

Le vrai dĂ©bat n’est donc pas : « faut-il bouger ou rester assis ? » Tout le monde sait qu’il vaut mieux bouger. Le vrai dĂ©bat est : Ă  partir de quel moment le sport devient-il excessif, mal dosĂ© ou risquĂ© ? En ramenant tout Ă  une opposition entre nature et dĂ©connexion moderne, Hugo ClĂ©ment simplifie trop.

À 0 min 26, Hugo ClĂ©ment dit que pendant « 290 000 ans », nous avons Ă©tĂ© des chasseurs-cueilleurs

(0:26)
pendant 290 000 ans, donc pendant la grande majoritĂ© de notre existence, (0:30) on a Ă©tĂ© des chasseurs-cueilleurs

Il affirme : « Nous, les Homo sapiens, on a Ă  peu prĂšs trois cent mille ans, et sur ces trois cent mille ans d’existence, pendant deux cent quatre-vingt-dix mille ans, donc pendant la grande majoritĂ© de notre existence, on a Ă©tĂ© des chasseurs-cueilleurs, nomades ».

Son argument repose sur l’évolution. L’ĂȘtre humain aurait passĂ© l’immense majoritĂ© de son histoire dans des sociĂ©tĂ©s de chasseurs-cueilleurs. La sĂ©dentarisation, l’agriculture et la ville seraient trĂšs rĂ©centes. Donc notre corps serait encore adaptĂ© Ă  ce mode de vie ancien.

LĂ  encore, le raisonnement semble logique. Il est vrai que la sĂ©dentaritĂ© agricole et industrielle est rĂ©cente Ă  l’échelle de l’histoire humaine. Il est aussi vrai que les modes de vie anciens impliquaient davantage de mouvement que nos journĂ©es modernes passĂ©es assis.

Pourquoi Hugo Clément se trompe en reprenant le sempiternel exemple des chasseurs-ceuilleurs

Il se trompe quand il fait de cette histoire Ă©volutive une preuve directe que nous serions faits pour le sport quotidien, ou pour l’effort long moderne.

Les chasseurs-cueilleurs ne vivaient pas comme des marathoniens. Ils ne suivaient pas un plan d’entraĂźnement. Ils ne faisaient pas une sortie longue le dimanche, du fractionnĂ© le mardi, du renforcement le jeudi et une course de cent kilomĂštres le week-end. Ils marchaient, portaient, grimpaient, cueillaient, observaient, attendaient, chassaient parfois, se reposaient aussi.

Leur activitĂ© Ă©tait intĂ©grĂ©e Ă  la survie. Elle n’était pas une pratique sportive autonome. Le mouvement servait Ă  se nourrir, se dĂ©placer, se protĂ©ger, rejoindre un groupe ou exploiter un territoire. Ce n’est pas la mĂȘme chose qu’un entraĂźnement de course Ă  pied ou de trail.

Utiliser les chasseurs-cueilleurs pour dire que l’ĂȘtre humain doit bouger est raisonnable. Les utiliser pour justifier le sport quotidien ou l’endurance rĂ©pĂ©tĂ©e est beaucoup plus fragile.

À 0 min 32, Hugo ClĂ©ment dit que les chasseurs-cueilleurs « passaient leur temps Ă  se dĂ©placer »

(0:30)
on a Ă©tĂ© des chasseurs-cueilleurs, (0:32) nomades, qui passaient leur temps Ă  se dĂ©placer.

Il dit prĂ©cisĂ©ment que nos ancĂȘtres Ă©taient des chasseurs-cueilleurs « nomades, qui passaient leur temps Ă  se dĂ©placer ».

Cette phrase est centrale. Elle donne l’image d’humains en mouvement permanent, toujours en marche, toujours actifs, toujours en train de parcourir de longues distances.

Mais cette image est incomplĂšte.

Pourquoi Hugo Clément se trompe car les chasseurs-cueilleurs ne couraient pas des 42 km non stop, ils faisaient des pauses

Les chasseurs-cueilleurs se dĂ©plaçaient, oui. Mais ils ne passaient pas littĂ©ralement tout leur temps Ă  marcher ou Ă  courir. Leur quotidien comportait aussi des temps longs d’arrĂȘt, de prĂ©paration, de repos, de transformation des aliments, de fabrication d’outils, de soins aux enfants, de vie sociale, de transmission et d’observation.

Surtout, le dĂ©placement n’était pas forcĂ©ment intense. Une grande partie de l’activitĂ© physique humaine ancestrale relevait probablement de la marche, de la marche lente, du portage, des gestes rĂ©pĂ©tĂ©s et de l’alternance d’efforts. Rien Ă  voir avec l’imaginaire moderne du coureur qui accumule des kilomĂštres pour performer.

C’est lĂ  que la phrase pose problĂšme pour le trail. Un ultra-traileur qui court cent kilomĂštres avec du dĂ©nivelĂ© ne reproduit pas simplement la vie d’un chasseur-cueilleur. Il impose Ă  son corps une contrainte sportive spĂ©cifique, avec des impacts, une fatigue musculaire, une dette de sommeil, un stress digestif et une recherche de performance.

Dire que nos ancĂȘtres se dĂ©plaçaient beaucoup ne prouve donc pas que nous sommes faits pour courir longtemps, souvent, et sans risque.

À 0 min 48, Hugo ClĂ©ment dit que notre corps « a Ă©voluĂ© pour le mouvement »

(0:40)
et encore moins de temps qu’on vit de maniĂšre moderne, comme aujourd’hui. Donc notre corps, il a Ă©voluĂ© pendant des dizaines de milliers d’annĂ©es (0:48) pour le mouvement

Il affirme : « notre corps, il a Ă©voluĂ© pendant des dizaines de milliers d’annĂ©es pour le mouvement, et il est adaptĂ© au mouvement, pas Ă  la sĂ©dentaritĂ© ».

Cette phrase est probablement la plus juste de sa vidĂ©o. Le corps humain n’est pas fait pour rester immobile toute la journĂ©e. La marche, l’activitĂ© physique rĂ©guliĂšre, le renforcement musculaire et l’endurance raisonnable sont bĂ©nĂ©fiques pour la santĂ©.

Mais le mot important ici, c’est « mouvement ». Pas « sport intensif ». Pas « marathon ». Pas « ultra-trail ». Pas « entraĂźnement quotidien soutenu ».

Pourquoi Hugo ClĂ©ment se trompe en mettant mouvement et sport intensif au mĂȘme niveau

Il se trompe parce qu’il glisse du mouvement vers le sport sans vraiment distinguer les deux.

Le mouvement, c’est marcher, monter des escaliers, jardiner, porter des charges, se lever souvent, se dĂ©placer Ă  pied, jouer, travailler physiquement, faire du vĂ©lo tranquille ou courir doucement.

Le sport, lui, implique souvent une intensitĂ©, un objectif, une rĂ©pĂ©tition, une progression, une charge d’entraĂźnement et parfois une logique de performance. Ce n’est pas la mĂȘme chose.

Un corps adaptĂ© au mouvement peut trĂšs bien ĂȘtre fragilisĂ© par un sport mal dosĂ©. En course Ă  pied, les blessures de surcharge existent. En trail, les descentes sollicitent fortement les quadriceps, les tendons, les articulations et le systĂšme nerveux. Sur ultra, la fatigue, le manque de sommeil, la dĂ©shydratation, les troubles digestifs et les microtraumatismes sont rĂ©els.

Donc oui, notre corps est fait pour bouger. Non, cela ne signifie pas qu’il est fait pour encaisser n’importe quelle dose de sport.

À 0 min 51, Hugo ClĂ©ment dit que nous sommes faits pour « nous dĂ©placer sur de longues distances »

(0:51)
adapté au mouvement, pas à la sédentarité. On a un corps qui est fait pour bouger tous les jours, pour se déplacer sur de longues distances,

Il dit : « On a un corps qui est fait pour bouger tous les jours, pour se déplacer sur de longues distances, pour fournir des efforts pendant de longues périodes, parfois de maniÚre soutenue ».

Cette phrase parle directement aux coureurs. Elle ressemble presque à une justification biologique du marathon, du trail long ou de l’ultra-endurance. Elle suggùre que les longues distances feraient partie de notre programme naturel.

Il est vrai que l’ĂȘtre humain possĂšde des capacitĂ©s d’endurance remarquables. Nous ne sommes pas les animaux les plus rapides, mais nous sommes capables de marcher longtemps, de courir longtemps Ă  intensitĂ© modĂ©rĂ©e, de rĂ©guler notre tempĂ©rature et d’enchaĂźner des efforts prolongĂ©s.

Pourquoi Hugo ClĂ©ment se trompe en mettant sur le mĂȘme plan capacitĂ© et norme

Il se trompe parce qu’une capacitĂ© ne devient pas automatiquement une norme.

L’ĂȘtre humain peut courir longtemps. Cela ne veut pas dire qu’il doit courir longtemps tout le temps. Il peut jeĂ»ner, mais cela ne veut pas dire qu’il doit jeĂ»ner en permanence. Il peut porter lourd, mais cela ne veut pas dire qu’il doit porter lourd tous les jours. Il peut survivre dans le froid, mais cela ne veut pas dire que le froid est toujours bon pour lui.

La capacitĂ© d’endurance humaine prouve une chose : notre espĂšce peut produire des efforts longs. Elle ne prouve pas que le marathon moderne, les ultras ou les entraĂźnements quotidiens sont naturellement sans danger.

Dans le trail, cette nuance est fondamentale. Un corps peut ĂȘtre capable de finir une course de cent kilomĂštres et avoir besoin de plusieurs semaines pour rĂ©cupĂ©rer. Un coureur peut terminer un ultra et ressortir avec des douleurs, une fatigue profonde, des troubles digestifs ou des signaux de surcharge. Le fait d’ĂȘtre capable ne signifie pas que l’effort est neutre.

À 1 min 33, Hugo ClĂ©ment dit que faire de l’activitĂ© physique « tous les jours ou presque » devrait ĂȘtre normal

A l’inverse, faire de l’activitĂ© physique
 (1:33) tous les jours, ou presque tous les jours, quelle que soit cette activitĂ© physique, ça devrait ĂȘtre la normalitĂ©. 

Il affirme : « faire de l’activitĂ© physique tous les jours, ou presque tous les jours, quelle que soit cette activitĂ© physique, ça devrait ĂȘtre la normalitĂ© ».

Cette phrase est plus prudente que d’autres, parce qu’il parle ici d’activitĂ© physique et pas seulement de sport. Si l’on comprend « activitĂ© physique » comme marcher, bouger, s’activer, jardiner, faire du vĂ©lo doux ou courir tranquillement, l’idĂ©e tient.

Bouger tous les jours devrait effectivement ĂȘtre plus normal que rester immobile.

Pourquoi Hugo Clément se trompe en confondant activité physique et sport

Il se trompe lorsqu’il enchaĂźne immĂ©diatement avec l’idĂ©e que « faire du sport tous les jours » ne serait « pas un truc de fou ».

L’activitĂ© physique quotidienne, oui. Le sport quotidien, cela dĂ©pend. Le sport intense quotidien, encore plus.

Une personne peut marcher tous les jours sans problĂšme. Elle peut aussi faire du renforcement doux, de la mobilitĂ©, du vĂ©lo tranquille ou des activitĂ©s variĂ©es. Mais courir tous les jours, faire de la musculation lourde tous les jours, s’entraĂźner sans rĂ©cupĂ©ration ou enchaĂźner des sĂ©ances dures n’a rien d’automatiquement sain.

Le corps progresse pendant la rĂ©cupĂ©ration autant que pendant l’effort. Les tendons, les muscles, les os, le systĂšme nerveux et le systĂšme hormonal ont besoin d’alternance. En trail, l’erreur classique consiste justement Ă  croire que plus on en fait, mieux c’est. Or la progression vient souvent du bon dosage, pas de l’accumulation aveugle.

À 1 min 39, Hugo ClĂ©ment dit que « ce n’est pas un truc de fou de faire du sport tous les jours »

(1:39)
C’est pas un truc de fou, en fait, de faire du sport tous les jours.

Il dit : « C’est pas un truc de fou, en fait, de faire du sport tous les jours. C’est juste ce pourquoi on est fait ».

Cette phrase est la plus contestable, parce qu’elle transforme une recommandation gĂ©nĂ©rale de mouvement en affirmation trĂšs large sur le sport quotidien.

Elle peut ĂȘtre entendue comme une banalisation : si vous faites du sport tous les jours, vous ne faites que respecter votre nature. Ceux qui s’inquiĂštent exagĂšrent.

Pourquoi Hugo Clément se trompe en étant trop généraliste

Il se trompe parce que le sport quotidien n’a pas la mĂȘme signification selon les personnes, les intensitĂ©s et les contextes.

Faire 30 minutes de marche rapide chaque jour n’a rien Ă  voir avec courir 15 kilomĂštres par jour. Faire un footing lĂ©ger n’a rien Ă  voir avec une sĂ©ance de cĂŽtes, une sortie longue ou un bloc trail en montagne. Faire du yoga doux n’a rien Ă  voir avec du fractionnĂ©, du crossfit ou une prĂ©paration marathon.

La phrase devient donc trop gĂ©nĂ©rale pour ĂȘtre juste. Elle peut mĂȘme devenir problĂ©matique pour des personnes dĂ©jĂ  fragiles, blessĂ©es, fatiguĂ©es, ou enfermĂ©es dans une relation compulsive au sport.

Dire que l’activitĂ© physique quotidienne est souhaitable est une chose. Dire que le sport quotidien est « ce pourquoi on est fait » en est une autre. Le corps humain est fait pour bouger, mais il est aussi fait pour rĂ©cupĂ©rer, dormir, manger suffisamment, alterner les efforts et Ă©conomiser son Ă©nergie.

À 1 min 44, Hugo ClĂ©ment reconnaĂźt qu’il faut respecter « la progressivitĂ©, la rĂ©cupĂ©ration, l’alimentation »

Alors évidemment, il y a
 (1:44) des rĂšgles Ă  respecter, la progressivitĂ©, la rĂ©cupĂ©ration, l’alimentation. 

Il ajoute : « Alors Ă©videmment, il y a des rĂšgles Ă  respecter, la progressivitĂ©, la rĂ©cupĂ©ration, l’alimentation. Bien sĂ»r, on peut se faire mal ou s’abĂźmer la santĂ© si on fait trop de sport, d’un coup, n’importe comment ».

Cette prĂ©cision est importante. Hugo ClĂ©ment reconnaĂźt lui-mĂȘme que l’excĂšs, la brutalitĂ© et le manque de mĂ©thode peuvent poser problĂšme.

Sur ce passage, il nuance son propos. Il admet qu’il existe une maniùre dangereuse de pratiquer.

Pourquoi Hugo ClĂ©ment se trompe quand mĂȘme

Le problùme, c’est que cette nuance arrive aprùs un discours trùs affirmatif sur le fait que le corps serait fait pour le sport quotidien.

Or ce sont prĂ©cisĂ©ment ces rĂšgles qui changent tout. La progressivitĂ©, la rĂ©cupĂ©ration et l’alimentation ne sont pas des dĂ©tails. Ce sont les conditions mĂȘmes d’une pratique durable.

En course Ă  pied, beaucoup de blessures viennent d’une augmentation trop rapide du volume, d’une intensitĂ© mal placĂ©e, d’un dĂ©ficit de rĂ©cupĂ©ration ou d’un manque d’énergie disponible. En trail, cela se voit encore davantage parce que le dĂ©nivelĂ© et les descentes ajoutent une contrainte mĂ©canique.

Donc oui, Hugo ClĂ©ment a raison de rappeler ces rĂšgles. Mais s’il faut les rappeler, c’est bien que le corps n’est pas simplement « fait pour ça » sans condition. Il est capable de s’adapter, mais seulement si on lui laisse le temps de s’adapter.

À 1 min 54, Hugo ClĂ©ment dit que « le risque, ce n’est pas de faire trop d’activitĂ©s physiques »

(1:54)
Mais globalement, le risque, c’est pas de faire trop d’activitĂ©s physiques. 

Il affirme : « Mais globalement, le risque, c’est pas de faire trop d’activitĂ©s physiques. C’est l’inverse ».

À l’échelle de la population gĂ©nĂ©rale, cette phrase est comprĂ©hensible. La plupart des gens ne souffrent pas d’un excĂšs de sport. Beaucoup souffrent plutĂŽt d’un manque d’activitĂ© physique.

Mais le mot « globalement » ne doit pas effacer les situations individuelles.

Pourquoi Hugo Clément se trompe car les problÚmes de santé et de santé mentale liés à la bigorexie existent réellement

Il se trompe s’il laisse entendre que l’excĂšs d’activitĂ© physique serait un sujet secondaire ou presque imaginaire.

Pour une personne sĂ©dentaire, le risque principal est de ne pas assez bouger. Pour un sportif compulsif, un coureur blessĂ©, un traileur qui enchaĂźne les ultras, une personne qui restreint son alimentation ou un athlĂšte qui ne rĂ©cupĂšre jamais, le risque peut ĂȘtre exactement inverse.

Le mĂȘme message ne s’applique pas de la mĂȘme maniĂšre Ă  tout le monde. Un discours de santĂ© publique doit encourager les sĂ©dentaires Ă  bouger, mais il ne doit pas invisibiliser les risques des pratiques excessives chez les sportifs.

Dans le trail, ce point est trĂšs concret. On connaĂźt tous des coureurs qui continuent malgrĂ© une douleur, qui reprennent trop tĂŽt, qui ajoutent du volume pour se rassurer, qui confondent fatigue et faiblesse, ou qui considĂšrent le repos comme un Ă©chec. Pour eux, dire que le vrai problĂšme n’est jamais le trop de sport peut devenir contre-productif.

À 2 min 02, Hugo ClĂ©ment se moque des alertes sur « l’addiction au sport »

(2:02)
« Attention, l’addiction au sport, c’est trĂšs dangereux pour le cƓur, c’est dangereux pour les articulations, (2:08) alerte, alerte ! » 

Il cite des intervenants qui diraient : « Attention, l’addiction au sport, c’est trĂšs dangereux pour le cƓur, c’est dangereux pour les articulations, alerte, alerte ! »

Puis il ajoute : « Franchement, les gars, il y a vraiment d’autres prioritĂ©s en termes de santĂ© publique que de faire peur aux gens sur faites pas trop de sport ».

Il vise ici les discours alarmistes qui pourraient dĂ©courager les gens de bouger. Sur ce point, on peut comprendre son agacement. Faire peur Ă  une population dĂ©jĂ  trop sĂ©dentaire peut ĂȘtre maladroit.

Pourquoi Hugo Clément se trompe encore sur la bigorexie

Il se trompe parce qu’il oppose deux problùmes qui peuvent coexister.

Oui, la sĂ©dentaritĂ© est un problĂšme massif. Oui, il faut encourager l’activitĂ© physique. Mais non, cela ne rend pas inutile le discours sur l’addiction au sport, le surentraĂźnement, les blessures ou les troubles alimentaires associĂ©s Ă  certaines pratiques.

L’addiction au sport ne concerne pas tout le monde. Elle ne doit pas ĂȘtre utilisĂ©e pour culpabiliser les sportifs rĂ©guliers. Mais elle existe. Elle touche notamment des personnes qui ne parviennent plus Ă  rĂ©duire leur pratique malgrĂ© la douleur, la fatigue, les consĂ©quences sociales ou les signaux mĂ©dicaux.

Dans l’endurance, ce sujet est particuliĂšrement sensible. La frontiĂšre entre passion, discipline et compulsion peut parfois devenir floue. Un coureur qui panique Ă  l’idĂ©e de manquer une sĂ©ance, qui s’entraĂźne blessĂ©, qui compense chaque repas ou qui ne supporte plus le repos n’est pas simplement quelqu’un dont « le corps est fait pour bouger ».

À 2 min 17, Hugo ClĂ©ment dit que le terme « addiction au sport » est un « mot valise »

(2:17)
mĂȘme sur le terme « addiction au sport », on met tout et n’importe quoi dans ce mot valise.

Il affirme : « mĂȘme sur le terme addiction au sport, on met tout et n’importe quoi dans ce mot valise ».

Cette phrase contient une part de vĂ©ritĂ©. Le mot addiction est parfois utilisĂ© trop vite. Aimer courir, avoir besoin de sortir, se sentir mieux aprĂšs une sĂ©ance ou organiser sa vie autour du sport ne signifie pas automatiquement ĂȘtre malade.

Beaucoup de coureurs ont simplement trouvĂ© un Ă©quilibre. Pour certains, le sport aide Ă  gĂ©rer le stress, Ă  retrouver confiance, Ă  mieux dormir, Ă  sortir d’une pĂ©riode difficile ou Ă  crĂ©er du lien social.

Pourquoi Hugo Clément se trompe

Il se trompe s’il utilise cette critique du « mot valise » pour minimiser le problĂšme.

Le mauvais usage d’un terme ne prouve pas que le phĂ©nomĂšne n’existe pas. Oui, il faut Ă©viter de pathologiser tous les sportifs passionnĂ©s. Mais il faut aussi reconnaĂźtre que certains comportements sportifs deviennent problĂ©matiques.

La diffĂ©rence se joue souvent dans la libertĂ©. Si le sport enrichit la vie, structure la semaine, amĂ©liore la santĂ© et reste compatible avec le repos, il peut ĂȘtre trĂšs positif. Si le sport devient une obligation intĂ©rieure, une punition, une compensation, une fuite permanente ou une source d’angoisse dĂšs qu’il manque, on change de registre.

Dans le trail, c’est important de le dire. La culture du dĂ©passement est belle quand elle reste choisie. Elle devient dangereuse quand elle empĂȘche d’écouter les signaux du corps.

À 2 min 37, Hugo ClĂ©ment dit que c’est normal d’avoir envie de faire du sport car « notre corps est fait pour ça »

(2:37)
d’avoir envie d’en faire quand on commence Ă  s’y mettre, parce que, encore une fois, notre corps est fait pour ça.

Il explique : « sur le sport en lui-mĂȘme, l’activitĂ© physique en elle-mĂȘme, c’est normal d’avoir envie d’en faire quand on commence Ă  s’y mettre, parce que, encore une fois, notre corps est fait pour ça ».

Il veut ici défendre le plaisir du mouvement. Et il a raison sur un point : quand on commence à bouger réguliÚrement, le corps peut réclamer cette activité. On dort mieux, on respire mieux, on se sent plus stable, plus énergique, plus présent.

Le plaisir de courir ou de marcher n’est pas suspect en soi.

Pourquoi Hugo ClĂ©ment se trompe parce que l’envie ne suffit pas Ă  prouver que la pratique est toujours bonne.

On peut avoir envie de courir alors qu’on est fatiguĂ©. On peut avoir envie de s’entraĂźner alors qu’on devrait rĂ©cupĂ©rer. On peut avoir envie de repartir trop tĂŽt aprĂšs une course. On peut mĂȘme ressentir un besoin trĂšs fort de sport prĂ©cisĂ©ment parce qu’on ne sait plus gĂ©rer l’arrĂȘt.

L’argument du « corps est fait pour ça » ne permet pas de distinguer une envie saine d’une compulsion. Or cette distinction est essentielle.

Un corps en bonne santĂ© peut aimer le mouvement. Un corps Ă©puisĂ© peut aussi rĂ©clamer une sĂ©ance pour retrouver une sensation de contrĂŽle ou calmer l’anxiĂ©tĂ©. Dans les deux cas, l’envie existe. Mais elle ne signifie pas la mĂȘme chose.

À 2 min 43, Hugo ClĂ©ment dit que « nous sommes des singes » et que nous ne sommes pas faits pour rester immobiles

(2:43)
En fait, c’est pas trĂšs compliquĂ©. On est juste des singes, on est des primates de la famille des grands singes, comme les chimpanzĂ©s,

Il conclut : « On est juste des singes, on est des primates de la famille des grands singes, comme les chimpanzĂ©s, comme les gorilles, et on n’est pas fait pour rester immobile toute la journĂ©e ».

La formule est forte. Elle rappelle que l’ĂȘtre humain est un animal, pas seulement un travailleur assis devant un Ă©cran. Sur le fond, l’idĂ©e est utile : nous avons besoin de mouvement.

Mais l’exemple des grands singes ne prouve pas ce qu’il veut prouver.

Pourquoi Hugo Clément se trompe parce que justement les humains sont différents des singes

Les chimpanzĂ©s et les gorilles ne sont pas des marathoniens. Ils ne sont pas des modĂšles de course d’endurance. Les comparer Ă  nous permet de rappeler notre appartenance aux primates, mais cela ne justifie pas le sport quotidien intense.

L’humain a des spĂ©cificitĂ©s propres : la marche bipĂšde, une bonne capacitĂ© de thermorĂ©gulation, une aptitude Ă  l’endurance modĂ©rĂ©e. Mais ces spĂ©cificitĂ©s ne veulent pas dire que l’on doit ĂȘtre « en permanence dans le mouvement », comme il le dit ensuite.

Aucun organisme vivant n’est fait pour ĂȘtre en permanence dans l’effort. MĂȘme les espĂšces trĂšs mobiles alternent activitĂ© et repos. Le repos n’est pas une anomalie moderne. C’est une fonction biologique fondamentale.

À 2 min 50, Hugo ClĂ©ment dit que nous sommes faits pour ĂȘtre « en permanence dans le mouvement »

(2:49)
gorilles, et on n’est pas fait pour rester immobile toute la journĂ©e. On est fait pour bouger tous les jours, ĂȘtre en permanence dans le mouvement.

Il dit enfin : « On est fait pour bouger tous les jours, ĂȘtre en permanence dans le mouvement ».

C’est probablement la formule qui rĂ©sume le mieux sa thĂšse.
L’immobilitĂ© serait anormale. Le mouvement permanent serait notre Ă©tat naturel.

La premiĂšre partie est dĂ©fendable : bouger tous les jours est souhaitable. La deuxiĂšme est beaucoup plus discutable : ĂȘtre en permanence dans le mouvement n’est pas un objectif biologique rĂ©aliste.

Pourquoi Hugo Clément se trompe

Il se trompe parce qu’un corps vivant n’est pas fait pour ĂȘtre constamment actif. Il est fait pour alterner.

Alterner le mouvement et le repos. L’effort et la rĂ©cupĂ©ration. La dĂ©pense et la recharge. La tension et le relĂąchement. La course et la marche. L’entraĂźnement et l’assimilation.

C’est exactement ce que beaucoup de sportifs oublient. En trail, la performance ne vient pas seulement des kilomĂštres accumulĂ©s. Elle vient de la capacitĂ© Ă  encaisser, assimiler, rĂ©cupĂ©rer et repartir. Le repos n’est pas l’inverse de l’entraĂźnement. Il en fait partie.

Dire que nous devons sortir de la sĂ©dentaritĂ© est juste. Dire que nous devons ĂȘtre en permanence dans le mouvement est excessif.

Voici une version harmonisĂ©e, sans rupture entre les deux conclusions, avec une montĂ©e logique et ton angle sur l’absence d’étude scientifique clairement citĂ©e.

En résumé, Hugo Clément a raison contre la sédentarité, mais tort sur les chasseurs-cueilleurs

Le dĂ©bat ne doit pas ĂȘtre caricaturĂ©. Hugo ClĂ©ment ne dit pas qu’il faut courir un ultra tous les jours. Il rappelle mĂȘme qu’il faut respecter la progressivitĂ©, la rĂ©cupĂ©ration et l’alimentation. Il a aussi raison de dire que la sĂ©dentaritĂ© est un problĂšme beaucoup plus massif que l’excĂšs de sport dans la population gĂ©nĂ©rale.

Le problĂšme n’est donc pas de dire que l’ĂȘtre humain doit bouger. Sur ce point, il a raison : la sĂ©dentaritĂ© moderne est un vrai sujet de santĂ© publique, et personne ne peut sĂ©rieusement dĂ©fendre l’idĂ©e qu’un corps humain est fait pour rester assis toute la journĂ©e devant un Ă©cran.

Le problĂšme, c’est le raccourci. Dans sa vidĂ©o, Hugo ClĂ©ment affirme que notre corps serait fait pour bouger, courir et fournir de longs efforts parce que nous avons Ă©tĂ© chasseurs-cueilleurs pendant l’essentiel de notre histoire. Mais sur quoi s’appuie-t-il prĂ©cisĂ©ment ? Quelle Ă©tude scientifique cite-t-il pour passer de « les chasseurs-cueilleurs se dĂ©plaçaient beaucoup » Ă  « faire du sport tous les jours, c’est ce pourquoi nous sommes faits » ?

C’est lĂ  que son raisonnement devient fragile. Il ne suffit pas d’invoquer Homo sapiens, les grands singes, la chasse, la cueillette et les 290 000 ans d’évolution pour prouver que le corps moderne est fait pour encaisser n’importe quelle pratique sportive. Les chasseurs-cueilleurs marchaient, portaient, grimpaient, se dĂ©plaçaient, couraient parfois, mais rien ne permet d’affirmer qu’ils reproduisaient l’équivalent d’un marathon, d’un ultra-trail ou d’un entraĂźnement quotidien structurĂ©.

Les chasseurs-cueilleurs ne couraient pas 42 km pour faire un marathon. Ils ne couraient pas 170 km autour du Mont-Blanc avec un dossard, une montre GPS, un classement et des ravitaillements. Ils ne cherchaient pas un chrono, un record personnel ou une qualification. Ils marchaient beaucoup, se déplaçaient, portaient, cueillaient, chassaient parfois, mais ils économisaient aussi leur énergie.

Leur vie Ă©tait active. Elle n’était pas sportive au sens moderne.

En réalité, Hugo Clément défend une idée juste avec un argument trop large. Oui, nous sommes faits pour bouger. Non, cela ne prouve pas que nous sommes faits pour courir longtemps, souvent, et encore moins sans tenir compte de la récupération, des blessures, de la fatigue ou des excÚs.

La vraie question n’est donc pas de savoir si le mouvement est bon pour la santĂ©. La rĂ©ponse est oui. La vraie question est de savoir jusqu’oĂč on peut utiliser l’argument du chasseur-cueilleur pour justifier le sport moderne. Et sur ce point, il manque une dĂ©monstration solide. Sans Ă©tude prĂ©cise, sans nuance entre marche, activitĂ© physique, entraĂźnement, course longue et ultra-endurance, cet argument ressemble davantage Ă  une formule sĂ©duisante qu’à une preuve scientifique.

Source

 

  • https://www.facebook.com/reel/1384890456720702
  • (0:00) Les gens qui disent, ouais, attention, trop de sport, c’est pas bon, (0:05) c’est dangereux pour la santĂ©, (0:06) une fois de temps en temps c’est bien, mais pas tous les jours… J’entends pas mal ça ces derniers temps dans la vie, mais (0:10) aussi dans les mĂ©dias, (0:12) et ça me fait un peu sourire, parce que ça montre Ă  quel point on est complĂštement dĂ©connectĂ© de la machine biologique qui est notre corps (0:19) et des animaux que nous sommes. Nous, les Homo sapiens, on a Ă  peu prĂšs 300 000 ans, et sur ces 300 000 ans d’existence, (0:26) pendant 290 000 ans, donc pendant la grande majoritĂ© de notre existence, (0:30) on a Ă©tĂ© des chasseurs-cueilleurs, (0:32) nomades, qui passaient leur temps Ă  se dĂ©placer. En fait, Ă  l’Ă©chelle de l’Ă©volution, ça fait trĂšs peu de temps qu’on s’est (0:37) sĂ©dentarisĂ©, qu’on a inventĂ© l’agriculture, qu’on a construit des villes, etc.

     

    (0:40) et encore moins de temps qu’on vit de maniĂšre moderne, comme aujourd’hui. Donc notre corps, il a Ă©voluĂ© pendant des dizaines de milliers d’annĂ©es (0:48) pour le mouvement, et il est (0:51) adaptĂ© au mouvement, pas Ă  la sĂ©dentaritĂ©. On a un corps qui est fait pour bouger tous les jours, pour se dĂ©placer sur de longues distances, (0:58) pour fournir des efforts pendant de longues pĂ©riodes, (1:01) parfois de maniĂšre soutenue.

     

    Alors qu’aujourd’hui, on a l’impression que ce qui est (1:04) normal, c’est de passer huit heures par jour assis sur une chaise devant un ordinateur, (1:08) de passer la grande majoritĂ© de notre temps assis, immobile. Et ça, notre corps, en fait, il n’est pas fait pour ça. Donc ça gĂ©nĂšre (1:15) tout un tas de problĂšmes de santĂ©, de l’obĂ©sitĂ©, du surpoids, des maladies cardiovasculaires, (1:20) certains types de cancers aussi, qui sont encouragĂ©s par la sĂ©dentaritĂ©, ou encore des troubles (1:25) psychologiques, comme des dĂ©pressions ou de l’anxiĂ©tĂ©.

     

    Tout ça est trĂšs bien documentĂ© scientifiquement. A l’inverse, faire de l’activitĂ© physique (1:33) tous les jours, ou presque tous les jours, quelle que soit cette activitĂ© physique, ça devrait ĂȘtre la normalitĂ©. (1:39) C’est pas un truc de fou, en fait, de faire du sport tous les jours.

     

    C’est juste ce pourquoi on est fait. Alors Ă©videmment, il y a (1:44) des rĂšgles Ă  respecter, la progressivitĂ©, la rĂ©cupĂ©ration, l’alimentation. (1:49) Bien sĂ»r, on peut se faire mal ou s’abĂźmer la santĂ© si on fait trop de sport, d’un coup, n’importe comment.

     

    (1:54) Mais globalement, le risque, c’est pas de faire trop d’activitĂ©s physiques. (1:58) C’est l’inverse. Donc, quand j’entends sur certains plateaux tĂ©lĂ© des intervenants dire (2:02) Â« Attention, l’addiction au sport, c’est trĂšs dangereux pour le cƓur, c’est dangereux pour les articulations, (2:08) alerte, alerte ! » (2:09) Franchement, les gars, (2:11) il y a vraiment d’autres prioritĂ©s en termes de santĂ© publique que de faire peur aux gens sur « faites pas trop de sport ». Et puis, (2:17) mĂȘme sur le terme « addiction au sport », on met tout et n’importe quoi dans ce mot valise.

     

    (2:22) Effectivement, il peut y avoir une forme d’addiction Ă  l’apparence. Il y a des gens qui (2:26) vont jusqu’Ă  se faire du mal physiquement pour avoir un physique qui correspond aux critĂšres qu’ils veulent atteindre. (2:33) Mais sur le sport en lui-mĂȘme, l’activitĂ© physique en elle-mĂȘme, c’est normal (2:37) d’avoir envie d’en faire quand on commence Ă  s’y mettre, parce que, encore une fois, notre corps est fait pour ça.

     

    (2:43) En fait, c’est pas trĂšs compliquĂ©. On est juste des singes, on est des primates de la famille des grands singes, comme les chimpanzĂ©s, comme les (2:49) gorilles, et on n’est pas fait pour rester immobile toute la journĂ©e. On est fait pour bouger tous les jours, ĂȘtre en permanence dans le mouvement.

     

    (2:56) Et ça devrait ĂȘtre ça, la normalitĂ©, et pas l’inverse.

     

 

Mention Ă©ditoriale : Cet article relĂšve de l’analyse et du commentaire. Il ne remet pas en cause les intentions, l’intĂ©gritĂ© ou l’engagement personnel d’Hugo ClĂ©ment. Il s’intĂ©resse uniquement Ă  un argument utilisĂ© publiquement dans le dĂ©bat sur le sport et la bigorexie. Le terme « banaliser » renvoie ici Ă  l’effet potentiel d’un raisonnement dans l’espace public et ne signifie pas qu’Hugo ClĂ©ment ferait la promotion de la bigorexie ou encouragerait volontairement des comportements addictifs liĂ©s au sport.
Auteur : Axelle Anne, est la fondatrice de la redac. Dans le web depuis 1998, elle a fondĂ© de nombreux sites et s’est mise au trail en 2010. Anti-conformiste et sans langue de bois, elle a contribuĂ© Ă  faire sortir le trail de sa niche pour magazine plan plan pour en faire un sport grand public. Depuis 2025, elle assiste impuissante aux dĂ©rives du trail.
Vous pouvez contacter Axelle Anne par MP sur FB ou regarder ses vidéos YouTube.

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