🎧 Ce coup de communication en montagne pose question
Faire venir près de 300 personnes en bus jusqu’Ă un col de montagne pour battre un record du monde de « mountain climbers » : l’opĂ©ration menĂ©e par Basic-Fit pendant le Tour de France interroge.
Alors que les grands Ă©vĂ©nements sportifs sont de plus en plus critiquĂ©s pour leur impact sur les espaces naturels, ce type d’initiative relance le dĂ©bat sur l’utilisation de la montagne comme support de communication.
Un record du monde organisé au bord de la route du Tour de France
Ă€ l’occasion de la 14ᵉ Ă©tape du Tour de France dans les Vosges, Basic-Fit, partenaire officiel de l’Ă©preuve, a rĂ©uni 299 participants au col Amic afin d’Ă©tablir un record Guinness du plus grand nombre de personnes rĂ©alisant simultanĂ©ment des « mountain climbers ».
Les participants, recrutĂ©s via les rĂ©seaux sociaux, ont Ă©tĂ© transportĂ©s en bus depuis Mulhouse, Colmar et Belfort avant d’effectuer l’exercice sous le contrĂ´le de coachs et d’un juge officiel du Guinness World Records.
L’objectif Ă©tait avant tout de crĂ©er un Ă©vĂ©nement autour du passage du Tour et de mettre en avant le partenariat entre la marque et la Grande Boucle.
Une opĂ©ration qui s’inscrit dans un contexte particulier
Ă€ elle seule, cette animation n’aurait sans doute pas suscitĂ© autant de rĂ©actions il y a quelques annĂ©es.
Mais aujourd’hui, les dĂ©bats autour de la frĂ©quentation des massifs, de l’empreinte environnementale des Ă©vĂ©nements sportifs et de la prĂ©servation des espaces naturels occupent une place croissante.
La montagne est devenue un terrain privilĂ©giĂ© pour les campagnes de communication, les dĂ©fis sportifs, les tournages et les opĂ©rations marketing. Dans ce contexte, chaque nouvelle initiative est dĂ©sormais observĂ©e sous l’angle de son impact sur les territoires qui l’accueillent.
Le problème ce n’est plus l’UTMB ou le Tour de France mais tout ce qui gravite autour
L’opĂ©ration de Basic-Fit illustre une Ă©volution que l’on retrouve aujourd’hui dans de nombreux grands rendez-vous sportifs.
Le Tour de France n’est plus uniquement une course cycliste. Ă€ chaque Ă©tape s’ajoutent des opĂ©rations de communication, des animations commerciales, des dĂ©fis imaginĂ©s par les partenaires, des tournages pour les rĂ©seaux sociaux ou encore des campagnes d’influence.
Le même phénomène est visible dans le trail.
Ă€ Chamonix, le nouveau maire n’a jamais expliquĂ© que les 10 000 coureurs de l’UTMB constituaient, Ă eux seuls, le problème. Ce qui interroge dĂ©sormais, c’est l’ensemble de l’Ă©cosystème qui accompagne la course.
Pendant une semaine, la vallĂ©e accueille non seulement les participants, mais aussi leurs familles, les Ă©quipes d’assistance, les mĂ©dias, les influenceurs, les partenaires, les exposants, les opĂ©rations de communication des marques, les fan zones et des dizaines de milliers de visiteurs venus vivre l’Ă©vĂ©nement sans prendre le dĂ©part.
Autrement dit, la course n’est plus seule. Elle est dĂ©sormais entourĂ©e d’une multitude d’opĂ©rations qui, prises individuellement, peuvent sembler anodines. Mais leur accumulation finit par transformer profondĂ©ment un territoire.
Une question de cohérence pour les sports de nature
L’opĂ©ration de Basic-Fit n’a Ă©videmment rien de comparable, en termes d’ampleur, avec l’UTMB ou le Tour de France.
En revanche, elle illustre une tendance de fond : celle qui consiste Ă ajouter toujours plus d’animations, de records, de contenus et d’opĂ©rations marketing autour d’Ă©vĂ©nements dĂ©jĂ très populaires.
C’est prĂ©cisĂ©ment cette inflation qui nourrit aujourd’hui les dĂ©bats sur la frĂ©quentation de la montagne. Car si chaque initiative est prise sĂ©parĂ©ment, son impact paraĂ®t limitĂ©. Mais mises bout Ă bout, elles contribuent toutes Ă augmenter la pression exercĂ©e sur les espaces naturels.
Le dĂ©bat dĂ©passe donc largement Basic-Fit. Il pose une question plus gĂ©nĂ©rale : Ă partir de quel moment ce n’est plus l’Ă©vĂ©nement sportif qui occupe la montagne, mais tout ce qui est organisĂ© autour de lui ?
En rĂ©sumĂ©, c’est une question de cohĂ©rence
L’opĂ©ration de Basic-Fit n’est Ă©videmment pas responsable, Ă elle seule, des dĂ©bats sur la frĂ©quentation de la montagne. En revanche, elle illustre une Ă©volution de plus en plus visible : autour des grands Ă©vĂ©nements sportifs se multiplient les opĂ©rations de communication, les animations et les records destinĂ©s Ă crĂ©er des images et de la visibilitĂ©. C’est cette accumulation qui nourrit aujourd’hui les interrogations sur la place prise par les grands rendez-vous sportifs dans les espaces naturels.
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