sources préférées Google
🎧 Garmin est en train d’élargir considérablement son écosystème.
Après les montres GPS haut de gamme, la marque propose désormais un bracelet connecté sans écran et prépare très probablement une bague connectée, tandis que Garmin Connect+ ajoute en parallèle une couche Premium à son application. Pris séparément, chacun de ces produits peut avoir une logique. Mis bout à bout, ils posent une question beaucoup plus simple : jusqu’où un coureur a-t-il réellement envie d’aller pour suivre sa santé, sa récupération et son entraînement ?
Car la force historique de Garmin a longtemps été précisément inverse. On achetait une montre chère, parfois très chère, mais elle avait vocation à tout faire. Une Fenix servait à suivre un trail, à naviguer, à mesurer la fréquence cardiaque, à enregistrer le sommeil, à analyser la récupération et à centraliser toutes les données dans Garmin Connect. Le produit était complexe, mais le contrat restait lisible : une montre, un écosystème, et l’essentiel des fonctions accessibles sans devoir multiplier les objets autour de soi.
ACHETER LA GARMIN FENIX 9 SUR I-RUN
VOIR TOUTES LES GARMIN FENIX 9 DISPONIBLES CHEZ I-RUN
Une Fenix était censée suffire
C’est probablement là que naît le malaise.
Une Garmin Fenix n’est pas un objet d’entrée de gamme. Elle est justement achetée parce qu’elle concentre énormément de fonctions dans un seul appareil et parce qu’elle accompagne le sportif aussi bien pendant l’entraînement qu’en dehors. Pour beaucoup de traileurs, elle représente déjà le centre de tout leur suivi sportif.
Or Garmin commence désormais à proposer d’autres objets qui viennent compléter ce rôle. Le CIRQA Smart Band, lancé en 2026, permet par exemple de poursuivre le suivi de certaines données lorsqu’on ne souhaite pas porter sa montre. L’idée se défend parfaitement : un bracelet léger et sans écran est plus discret, plus confortable dans certaines situations et peut séduire ceux qui ne veulent pas garder une grosse montre au poignet toute la journée ou pendant leur sommeil.
Mais cette logique crée immédiatement une question commerciale assez étrange : si l’on vient d’acheter une montre premium capable de suivre son activité vingt-quatre heures sur vingt-quatre, pourquoi faudrait-il désormais acheter un deuxième appareil pour mieux profiter de son écosystème ?
Après le bracelet, voici maintenant la bague
La future CIRQA Smart Ring accentue encore cette impression.
Garmin ne l’a pas encore annoncée officiellement, mais les certifications réglementaires découvertes ces dernières semaines rendent son existence de plus en plus crédible. Si elle arrive effectivement sur le marché, la marque pourrait bientôt proposer trois appareils capables, chacun à leur manière, de suivre une partie des données physiologiques du sportif : la montre, le bracelet et la bague.
Évidemment, ils ne rempliront pas exactement les mêmes fonctions. La montre restera l’outil central pour courir, naviguer, afficher une trace GPS, suivre le dénivelé ou consulter ses données en direct. Le bracelet peut devenir un outil discret pour la vie quotidienne. Quant à la bague, elle pourrait trouver sa place la nuit ou dans les périodes où l’on souhaite simplement conserver un suivi continu sans porter de montre.
Sur le papier, l’écosystème est cohérent. Dans la vie réelle, il devient surtout de plus en plus coûteux et de plus en plus encombrant.
Car on finit par imaginer un sportif qui court avec sa Fenix, passe ensuite au bracelet pendant la journée, puis met sa bague pour dormir, tout cela afin que Garmin ne perde aucune minute de données physiologiques. C’est technologiquement impressionnant. Mais on peut aussi se demander à partir de quel moment l’optimisation devient simplement une accumulation.
Garmin Connect+ change aussi la perception de l’écosystème
L’autre élément important est l’arrivée de Garmin Connect+.
Garmin Connect n’est pas devenu payant, et il faut être précis sur ce point. Les fonctions historiques gratuites restent disponibles, tandis que Connect+ ajoute des services supplémentaires dans une formule Premium. Il ne s’agit donc pas d’un abonnement obligatoire pour utiliser une montre Garmin.
Néanmoins, le symbole est fort.
Garmin ne se contente plus de vendre du matériel et de fournir l’application qui va avec. La marque commence aussi à monétiser une couche supplémentaire d’analyse et de services autour des données produites par ses propres appareils.
Cela ne pose aucun problème en soi si les fonctions supplémentaires apportent une vraie valeur. Mais pour le consommateur, la facture potentielle commence à changer de nature. Il ne s’agit plus seulement d’acheter une montre premium une fois tous les quelques années. On entre progressivement dans un modèle où l’on peut aussi être tenté d’ajouter un bracelet, demain une bague, puis éventuellement un abonnement annuel pour exploiter encore davantage tout ce que ces appareils mesurent.
Le vrai risque est de créer un besoin après l’autre
Le marché des objets connectés fonctionne depuis longtemps de cette manière : chaque nouvelle génération promet de mesurer quelque chose de plus précisément, plus souvent ou plus confortablement.
Au début, une montre permettait surtout de savoir combien de kilomètres on avait parcourus. Puis elle a commencé à mesurer la fréquence cardiaque, le sommeil, le stress, la variabilité cardiaque, la récupération, la charge d’entraînement et une quantité croissante d’indicateurs physiologiques. Désormais, l’enjeu n’est même plus seulement de mesurer davantage, mais de faire en sorte que la mesure ne s’arrête jamais.
C’est précisément là que bracelet et bague trouvent leur justification.
Ils ne remplacent pas nécessairement la montre : ils remplissent les moments où la montre n’est pas portée.
Mais cette logique peut devenir sans fin. Si le problème est que la montre est trop encombrante pour dormir, on achète une bague. Si la bague n’est pas pratique pendant certaines activités, on remet le bracelet. Si l’on veut ensuite mieux comprendre toutes les données récoltées, on ajoute une couche Premium.
À chaque étape, le produit supplémentaire répond à un problème réel. Mais lorsqu’on regarde l’ensemble, on peut aussi se demander si l’industrie ne finit pas par fabriquer elle-même les besoins auxquels elle apporte ensuite une solution.
Et le trail dans tout ça ?
Le paradoxe est particulièrement visible dans notre sport.
Le trail aime encore se raconter comme une pratique simple : une paire de chaussures, un sac, quelques sentiers et du temps dehors. Dans les faits, le pratiquant connecté peut aujourd’hui courir avec une montre GPS haut de gamme, un téléphone, une ceinture cardio, des écouteurs, parfois un capteur supplémentaire et bientôt peut-être une bague qui prendra le relais lorsqu’il aura retiré sa montre.
Cela ne signifie pas qu’il faille rejeter la technologie. Au contraire, les montres GPS modernes ont énormément apporté à la sécurité, à l’entraînement, à la navigation et à la compréhension de l’effort. Pour un ultra-traileur, certaines fonctions sont devenues extrêmement utiles.
La question n’est donc pas de savoir si Garmin produit de bons outils. Elle est plutôt de savoir si la logique de multiplication des outils finit par dépasser les besoins réels du coureur.
Coût du total look Garmin
tableau récapitulatif
| Produit | Prix estimé |
|---|---|
| Garmin Fenix 9 | 999,99 € |
| CIRQA Smart Band | 199,99 € |
| Future bague Garmin | ≈ 350 à 450 € |
| Garmin Connect+ pendant 1 an | 89,99 € |
| Total première année | ≈ 1 640 à 1 740 € |
Infographie
À force, l’écosystème Garmin peut approcher les 1 700 euros
Si l’on pousse la logique jusqu’au bout, l’addition devient spectaculaire. Une Fenix 9 démarre à près de 1 000 euros, le bracelet CIRQA ajoute 200 euros et Garmin Connect+ près de 90 euros par an. Le prix de la future bague reste inconnu, mais si Garmin se positionne dans la zone des bagues connectées premium, autour de 350 à 450 euros, le traileur qui voudrait tout acheter pourrait dépenser entre 1 640 et 1 740 euros dès la première année. Et encore, en choisissant la Fenix 9 de base : avec une Fenix 9 Pro, des options de connectivité ou plusieurs années d’abonnement, la facture grimperait davantage.
Presque 1 700 euros pour une montre, un bracelet, une bague et une application Premium : c’est peut-être là que la stratégie Garmin commence à devenir difficile à expliquer au coureur qui voulait simplement suivre ses sorties et sa récupération.
Garmin devra surtout expliquer pourquoi il faudrait tout acheter
Le défi de Garmin n’est probablement pas technique. La marque sait construire des produits solides, exploiter des données physiologiques et faire fonctionner plusieurs appareils dans un même environnement logiciel.
Le défi est désormais commercial et presque philosophique : convaincre le sportif que chaque nouvel objet apporte suffisamment de valeur pour justifier sa place aux côtés des précédents.
Parce qu’un coureur qui possède déjà une Fenix peut légitimement se demander ce qu’il gagne réellement à ajouter un bracelet. Celui qui possède déjà la montre et le bracelet pourra poser exactement la même question lorsqu’arrivera la bague. Et lorsque l’on ajoute encore Connect+, l’écosystème extrêmement complet peut finir par donner l’impression qu’il faut toujours acheter quelque chose de plus pour profiter pleinement de ce que Garmin sait mesurer.
Au fond, c’est peut-être le principal danger pour la marque : à force de vouloir couvrir chaque minute de la vie du sportif, Garmin risque de rendre compliqué ce qui faisait justement sa force, à savoir concentrer énormément de choses dans un seul appareil.
Une Fenix, un bracelet, une bague et un abonnement Premium peuvent chacun avoir une raison d’exister. Mais personne n’a encore démontré que le traileur avait besoin des quatre pour mieux courir.
Lire aussi
- CIRQA Smart Ring : une fuite laisse penser que Garmin serait sur le point de lancer sa bague connectée
- Garmin nous vend deux fois le même produit (voire trois fois)
- Garmin CIRQA Smart Ring : on en parle depuis 2024, on n’y croyait plus… la bague Garmin arrive enfin
- Pourquoi les montres GPS vont disparaître la nuit
- 200 euros : Garmin vend un truc sans écran sans carto sans rien
Vous pouvez contacter Axelle Anne par MP sur FB ou regarder ses vidéos YouTube.
u-Trail est un média indépendant. Depuis 2012, nous parlons de trail librement, sans aucun sponsor.
🏃 Produire une information libre et accessible à tous a un coût.
⚖️ Certains de nos articles entraînent aussi des pressions ou des procédures juridiques.
❤️ Votre soutien nous aide à nous défendre et à préserver notre liberté éditoriale.







