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🎧 La cycliste française Océane Mahé a révélé ne plus avoir ses règles depuis trois ans.
Derrière ce témoignage très personnel se cache un problème bien connu dans les sports d’endurance : lorsque l’organisme ne reçoit plus suffisamment d’énergie pour répondre aux exigences de l’entraînement, il commence à mettre certaines fonctions en veille.
Le cyclisme est concerné, mais le trail aussi. Kilométrage élevé, recherche de légèreté, entraînements à jeun et récupération insuffisante peuvent exposer les traileuses au même dérèglement.
Elle court en 2026 pour la nouvelle équipe française Ma Petite Entreprise.
Elle dispute cette année son premier Tour de France Femmes. Elle s’est fait remarquer dès la première étape en prenant l’échappée et les points dans les ascensions, ce qui lui a permis d’endosser le maillot à pois de meilleure grimpeuse. Elle le conservait encore après la deuxième étape.
Donc, pour ton article, son nom n’est probablement pas assez connu pour porter seul le titre. Je partirais plutôt sur :
Elle n’a plus ses règles depuis trois ans : l’alerte de cette cycliste concerne aussi les traileuses
Et on explique seulement dans l’introduction qu’il s’agit d’Océane Mahé, actuelle porteuse du maillot à pois du Tour de France Femmes.
Océane Mahé n’a plus ses règles depuis trois ans
Océane Mahé s’est fait connaître du grand public en portant le premier maillot à pois du Tour de France femmes 2026. Mais la Française de 24 ans a surtout profité de cette exposition pour aborder un sujet beaucoup moins visible que ses performances en montagne.
La cycliste a expliqué ne plus avoir ses règles depuis trois ans. Selon son témoignage, ce dérèglement serait apparu après une perte de poids importante et une période durant laquelle son corps a été fortement sollicité par l’entraînement.
L’absence de règles, appelée aménorrhée, ne doit pourtant pas être considérée comme une conséquence normale du sport de haut niveau. Elle peut signaler que l’organisme ne dispose plus de suffisamment d’énergie pour assurer simultanément l’entraînement, la récupération et ses fonctions physiologiques habituelles.
Les traileuses sont exposées au même problème
Ce phénomène ne concerne pas uniquement les cyclistes professionnelles. Les sports d’endurance comme la course à pied, le marathon et le trail font partie des disciplines dans lesquelles les déficits énergétiques peuvent apparaître.
Une traileuse peut manger normalement en apparence tout en restant en déficit. Les longues sorties, le dénivelé, les séances rapprochées et les compétitions augmentent fortement les dépenses. Lorsque les apports ne progressent pas dans les mêmes proportions, l’organisme manque progressivement de carburant.
Le risque peut encore augmenter lorsqu’une sportive cherche volontairement à perdre du poids pour courir plus vite dans les montées. L’idée selon laquelle une traileuse plus légère serait nécessairement plus performante reste très présente dans les sports d’endurance.
Pourtant, une perte de poids trop importante peut produire l’effet inverse : fatigue persistante, récupération plus lente, baisse des performances, blessures répétées et dérèglement du cycle menstruel.
L’absence de règles n’est pas une preuve que l’entraînement fonctionne
Certaines sportives ont longtemps considéré la disparition de leurs règles comme une conséquence presque normale d’un entraînement intensif. Ce n’est pas le cas.
L’aménorrhée peut faire partie d’un ensemble de troubles regroupés sous le nom de RED-S, pour déficit énergétique relatif dans le sport. Il apparaît lorsque l’énergie disponible après l’entraînement ne suffit plus à assurer correctement les autres fonctions de l’organisme.
Le Comité international olympique explique que ce déficit peut affecter les hormones, la santé osseuse, le métabolisme, le système immunitaire, la santé cardiovasculaire et les capacités de récupération.
La notion de « triade de la sportive » décrit plus particulièrement l’association entre une faible disponibilité énergétique, des perturbations menstruelles et une diminution de la densité osseuse.
Ne plus avoir ses règles ne constitue donc ni un avantage ni une validation du sérieux de l’entraînement. C’est un signal que le corps peut ne plus réussir à suivre.
Le danger concerne notamment les os des traileuses
La diminution des hormones sexuelles peut fragiliser les os. Dans un sport comme le trail, où chaque descente impose des chocs répétés au squelette, cette conséquence est particulièrement préoccupante.
Une traileuse touchée par un déficit énergétique prolongé peut être davantage exposée aux réactions de stress osseux et aux fractures de fatigue. Le tibia, le bassin, le sacrum ou les métatarsiens font partie des zones susceptibles d’être concernées chez les coureuses.
Le problème ne se résume donc pas à la fertilité ou à la possibilité d’avoir des enfants. La disparition des règles peut avoir des conséquences immédiates sur la santé et empêcher une sportive de continuer à s’entraîner normalement.
World Athletics rappelle également le lien entre faible disponibilité énergétique, aménorrhée et fragilisation osseuse chez les athlètes d’endurance.
Les traileuses amateurs ne sont pas protégées
Il serait rassurant de penser que ce phénomène ne touche que les professionnelles accumulant plusieurs dizaines d’heures d’entraînement chaque semaine. Ce serait faux.
Une amatrice peut également se retrouver en déficit énergétique lorsqu’elle augmente rapidement son volume en vue d’un ultra-trail, enchaîne les sorties longues tout en réduisant ses portions ou supprime certains aliments pour perdre du poids.
Le travail, le manque de sommeil et le stress quotidien peuvent encore compliquer la récupération. Une sportive peut alors continuer à s’entraîner sans comprendre pourquoi ses performances diminuent, pourquoi elle se blesse régulièrement ou pourquoi son cycle devient irrégulier.
Les principaux signaux d’alerte sont notamment la disparition ou l’irrégularité des règles, une fatigue inhabituelle, une sensation permanente de froid, une baisse de motivation, des blessures à répétition et une récupération de plus en plus difficile.
En résumé, le témoignage d’Océane Mahé dépasse donc largement le cadre du Tour de France femmes. Il interroge une culture encore très présente dans les sports d’endurance : celle qui associe automatiquement minceur et performance.
En trail, perdre quelques kilos peut sembler faciliter les montées. Mais lorsque cette perte prive l’organisme de l’énergie nécessaire pour fonctionner, le bénéfice recherché disparaît rapidement.
Une traileuse en bonne santé, correctement alimentée et capable de récupérer progressera davantage qu’une sportive plus légère, mais épuisée, blessée ou privée de cycle menstruel.
L’absence de règles pendant plusieurs mois mérite un avis médical. Elle ne doit jamais être banalisée ni interprétée comme le prix normal à payer pour terminer un ultra-trail ou gagner quelques minutes en montée.
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