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🎧 New Balance a engagé une procédure judiciaire contre Decathlon aux États-Unis.
La marque américaine reproche au groupe français d’utiliser sur certaines chaussures de running Kiprun un « K » stylisé et inversé qui ressemblerait trop à son emblématique « N ». La plainte a été déposée le 15 septembre 2026 devant un tribunal fédéral du Massachusetts, État où New Balance possède son siège.
Dans l’univers du running, l’affaire dépasse largement une simple querelle graphique. Kiprun occupe désormais une place de plus en plus visible sur le marché de la chaussure de course, tandis que New Balance protège depuis plusieurs décennies l’un des logos les plus identifiables du secteur.
New Balance estime que le « K » de Kiprun peut être confondu avec son « N »
Au centre de la plainte se trouve le logo apposé sur certaines chaussures Kiprun. Il représente un « K » stylisé dont une version apparaît en miroir.
Pour New Balance, cette disposition le rapproche suffisamment de son propre « N » pour créer un risque de confusion auprès des consommateurs. Dans sa plainte, la marque américaine va jusqu’à présenter ce symbole comme ressemblant clairement à son identité visuelle.
La comparaison visuelle explique immĂ©diatement pourquoi l’affaire fait autant rĂ©agir : vus sur le cĂ´tĂ© d’une chaussure, les deux signes reposent sur de grandes lignes obliques qui occupent une partie importante de l’empeigne.
New Balance rappelle Ă©galement qu’elle utilise son « N » sur ses chaussures depuis les annĂ©es 1970.
New Balance rĂ©clame l’interdiction du logo et des dommages financiers
L’enjeu dĂ©passe donc la simple demande de modification esthĂ©tique.
New Balance demande au tribunal de faire cesser l’utilisation qu’elle considère comme portant atteinte Ă sa marque et rĂ©clame Ă©galement des dommages financiers dont le montant n’a pas Ă©tĂ© prĂ©cisĂ©.
La procĂ©dure vise Decathlon America LLC. Selon la plainte rapportĂ©e par Reuters, les chaussures Kiprun sont commercialisĂ©es auprès des consommateurs amĂ©ricains en ligne ainsi que par l’intermĂ©diaire de revendeurs physiques.
Au moment oĂą l’affaire a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©e, ni Decathlon ni New Balance n’avaient apportĂ© de commentaire dĂ©taillĂ© Ă Reuters sur le fond du dossier.
Sur les réseaux sociaux, beaucoup de coureurs prennent déjà le parti de Kiprun
La publication de Wii Run consacrĂ©e Ă l’affaire a rapidement dĂ©clenchĂ© des rĂ©actions. Plusieurs internautes interprètent la procĂ©dure comme le signe de la montĂ©e en puissance de Kiprun dans le running et le trail. D’autres reconnaissent au contraire une rĂ©elle proximitĂ© graphique entre les deux logos.
Certains commentaires rĂ©sument ainsi l’affaire Ă une question très simple : un acheteur peut-il rĂ©ellement prendre une chaussure Kiprun pour une New Balance ?
D’autres y voient surtout une bataille commerciale entre deux marques dĂ©sormais prĂ©sentes sur un terrain commun. Plusieurs rĂ©actions affirment notamment que Kiprun prend progressivement davantage de place sur le marchĂ©.
Ces commentaires montrent la perception d’une partie des coureurs, mais ils ne permettent Ă©videmment pas de dĂ©terminer juridiquement si le logo constitue une contrefaçon. C’est prĂ©cisĂ©ment ce que la justice amĂ©ricaine devra examiner.
Pour New Balance, protéger son « N » est une vieille bataille
New Balance possède déjà une solide expérience des procédures autour de son identité graphique.
La sociĂ©tĂ© amĂ©ricaine a auparavant engagĂ© des actions aux États-Unis concernant son « N », notamment face Ă Michael Kors et Nautica. Elle a Ă©galement obtenu en Chine, en 2017, une dĂ©cision lui accordant 1,5 million de dollars dans une affaire concernant l’utilisation de signes proches de son logo.
La procĂ©dure contre Decathlon s’inscrit donc dans une stratĂ©gie de protection de marque dĂ©jĂ ancienne.
Pour Kiprun, l’affaire arrive toutefois Ă un moment particulier. La marque de Decathlon est dĂ©sormais installĂ©e dans le paysage du running, avec des chaussures destinĂ©es aussi bien Ă l’entraĂ®nement qu’Ă la performance, et bĂ©nĂ©ficie d’une visibilitĂ© croissante auprès des coureurs.
En résumé, derrière les chaussures de running ou de trail, les marques se battent aussi devant les tribunaux
Cette nouvelle affaire rappelle surtout à quel point la compétition entre les grandes marques de running, de trail et de sport connecté se joue désormais aussi sur le terrain juridique.
Strava a déposé le 30 septembre 2025 une plainte contre Garmin concernant notamment des technologies liées aux segments et à la cartographie. La procédure a finalement été abandonnée volontairement par Strava le 21 octobre 2025, sans empêcher juridiquement un éventuel nouveau dépôt.
Presque simultanĂ©ment, Suunto a attaquĂ© Garmin dans une autre affaire concernant cette fois des brevets. Cette procĂ©dure, dĂ©posĂ©e le 22 septembre 2025 au Texas, s’est poursuivie en 2026, Garmin ayant Ă son tour formulĂ© des demandes reconventionnelles.
Après les segments, les cartes et les technologies embarquĂ©es des montres GPS, c’est donc aujourd’hui un simple dessin apposĂ© sur le cĂ´tĂ© d’une chaussure qui dĂ©clenche une nouvelle bataille judiciaire.
Dans le running et le trail, la concurrence se joue sur les sentiers, dans les laboratoires… et de plus en plus souvent devant les juges.
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Auteur : Axelle Anne, est la fondatrice de la redac. Dans le web depuis 1998, elle a fondĂ© de nombreux sites et s’est mise au trail en 2010. Anti-conformiste et sans langue de bois, elle a contribuĂ© Ă faire sortir le trail de sa niche pour magazine plan plan pour en faire un sport grand public. Depuis 2025, elle assiste impuissante aux dĂ©rives du trail.Vous pouvez contacter Axelle Anne par MP sur FB ou regarder ses vidĂ©os YouTube.








