sources préférées Google
🎧 La Hardrock 100 est l’un des monuments de l’ultra-trail américain.
Organisée depuis 1992 dans les montagnes du Colorado, cette course de 164 km et plus de 10 000 mètres de dénivelé positif traverse le massif des San Juan, avec des passages à plus de 4 000 mètres d’altitude. Une épreuve mythique, extrêmement sélective, dont les choix sont forcément observés dans le monde du trail.
La Hardrock 100 vient justement d’annoncer une nouvelle politique destinée aux athlètes transgenres et non-binaires. L’organisation crée une catégorie non-binaire, reconnaît le genre déclaré par les participants et affiche publiquement un message très simple : « Vous êtes les bienvenus. »
Dans l’Amérique de Donald Trump, où les personnes transgenres sont devenues la cible de nombreuses décisions politiques et de débats particulièrement violents, voir une institution aussi importante du trail américain prendre publiquement cette direction donne à cette annonce une portée particulière.
La décision de la Hardrock 100 marque un tournant important dans l’histoire récente du trail. Lorsqu’une course aussi reconnue crée une catégorie non-binaire et affirme publiquement que les athlètes transgenres sont les bienvenus, elle pose un acte fort dans une discipline encore très attachée à ses catégories historiques. Qu’on approuve ou non cette évolution, voir une épreuve de cette importance assumer ouvertement une telle politique constitue une actualité notable dans l’histoire récente de l’ultra-trail.
« Ça n’a aucun rapport avec le trail » : pourquoi la décision de la Hardrock est pourtant importante
La Hardrock 100 a annoncé une nouvelle politique concernant les coureurs transgenres et non-binaires :
- création d’une catégorie non-binaire ;
- prise en compte du genre déclaré par les participants ;
- absence de justificatifs demandés dans la plupart des situations.
L’annonce a immédiatement fait réagir.
Sous la publication de notre groupe Trail je suis addict consacrée à cette actualité, un lecteur a notamment estimé que cela n’avait « aucun rapport avec le trail ».
Pourtant, les règles qui déterminent qui peut s’inscrire à une course, dans quelle catégorie un coureur peut participer et comment il sera classé font pleinement partie du sport. Lorsqu’une organisation comme la Hardrock prend une décision de cette nature, elle parle directement de trail.
La Hardrock fait partie des courses qui comptent aux États-Unis
Pour comprendre la portée de l’annonce, il faut rappeler ce que représente la Hardrock Hundred Endurance Run.
Organisée dans les montagnes de San Juan, dans le Colorado, la Hardrock est un ultra d’environ 164 km avec plus de 10 000 mètres de dénivelé positif. Son parcours évolue à très haute altitude, avec un point culminant à plus de 4 280 mètres.
La course existe depuis 1992 et son accès est particulièrement difficile. Les candidats doivent remplir des critères de qualification avant de participer à une loterie extrêmement sélective. Pour l’édition 2026, l’organisation indiquait devoir sélectionner 146 participants parmi environ 3 000 candidats.
Lorsqu’une épreuve de cette importance choisit publiquement de modifier la manière dont elle accueille et classe une partie de ses participants, la portée dépasse largement le simple formulaire d’inscription.
Ce que la Hardrock vient réellement de décider
La nouvelle politique repose d’abord sur un principe d’accueil.
La Hardrock annonce désormais une division non-binaire et précise qu’elle respectera le genre déclaré par chaque participant au moment de la loterie et de l’inscription, sans demander de document justificatif.
L’organisation met également en avant la protection de la vie privée et de la dignité des coureurs.
Une procédure particulière reste toutefois prévue pour la compétition au plus haut niveau. Une contestation de l’éligibilité peut être déposée lorsqu’un athlète termine parmi les trois premiers. Cette procédure doit alors rester confidentielle et suivre le cadre défini par l’organisation.
Pour tous les autres participants, la Hardrock affirme qu’aucun coureur n’aura à défendre ou à justifier son identité.
La Hardrock distingue donc la possibilité de participer à la course de la question plus sensible des podiums et de l’éligibilité sportive.
Cette nuance compte, car les débats sur les athlètes transgenres mélangent régulièrement deux questions différentes : permettre à quelqu’un de prendre le départ d’une course et déterminer les règles applicables aux catégories compétitives et aux podiums.
Une telle annonce prend une dimension particulière dans l’Amérique de Donald Trump
Depuis son retour à la Maison-Blanche, Donald Trump et son administration multiplient les décisions visant les droits et la reconnaissance des personnes LGBT, et particulièrement des personnes transgenres.
Dès janvier 2025, Donald Trump a imposé à l’administration fédérale la reconnaissance de deux sexes, masculin et féminin, en écartant l’identité de genre de cette définition. Son administration a également supprimé différentes politiques fédérales destinées à protéger ou à favoriser l’inclusion des personnes LGBTQI+.
Dans le sport, cette orientation politique est particulièrement visible. La Maison-Blanche a fait de l’exclusion des femmes transgenres des compétitions féminines l’un de ses combats, en invoquant notamment la protection du sport féminin, l’équité sportive et les différences biologiques entre les sexes.
Les commentaires montrent pourquoi cette annonce compte
Les réactions reçues par la Hardrock montrent immédiatement à quel point le sujet reste sensible.
L’organisation a elle-même dû rappeler dans les commentaires de son annonce que les messages haineux ne seraient pas tolérés.
Une partie des internautes a salué la démarche. D’autres ont demandé que les catégories sportives restent exclusivement fondées sur le sexe biologique.
Certains se sont interrogés sur les conséquences pour les podiums, la loterie ou encore les qualifications automatiques.
D’autres réactions ont été beaucoup plus agressives.
L’enjeu ici consiste moins à départager les différentes positions qu’à constater une réalité : le niveau des réactions provoquées par cette annonce montre à quel point les questions liées au genre traversent désormais directement le sport d’endurance.
Et les États-Unis sont loin d’être les seuls concernés.
En France aussi, parler des athlètes trans ou non-binaires provoque immédiatement des réactions
u-Trail le constate régulièrement lorsque ces questions apparaissent dans l’actualité de la course à pied.
Le dossier de la sprinteuse transgenre Halba Diouf a par exemple placé directement la Fédération française d’athlétisme au centre du débat. Après avoir été empêchée de participer aux compétitions régionales et nationales féminines en application des règles suivies par la FFA, l’athlète avait engagé une procédure pour discrimination et harcèlement moral contre la Fédération. La FFA a finalement été relaxée par le tribunal correctionnel de Paris en janvier 2026.
À chaque fois que u-Trail traite ce type de sujet, les réactions montrent à quel point la question reste clivante.
Le même phénomène apparaît lorsqu’une grande course internationale propose officiellement une catégorie non-binaire.
Le marathon de New York possède par exemple une telle catégorie. En 2025, Daniel Mata a remporté cette division en 2 h 41 min 39 s. New York Road Runners propose depuis plusieurs années cette identification dans ses courses et dans certains de ses systèmes de qualification.
Il s’agit bien de sport : inscriptions, catégories, classements, podiums et règles de qualification.
Une course englobe évidemment la performance réalisée entre le départ et l’arrivée. Elle comprend aussi les règles qui déterminent qui peut participer, dans quelle catégorie et avec quelle reconnaissance dans les résultats.
En résumé, OUI, cette décision de la Hardrock est importante pour le trail
Les modalités choisies par la Hardrock peuvent évidemment être débattues. Les catégories, l’équité sportive, les podiums et les critères d’éligibilité posent des questions réelles.
Mais lorsqu’une des courses de montagne les plus importantes des États-Unis définit publiquement la place qu’elle souhaite donner aux coureurs transgenres et non-binaires, cette décision concerne directement l’évolution de la discipline.
Dans un contexte où ces sujets déclenchent encore des réactions extrêmement violentes, aux États-Unis comme en France, écrire noir sur blanc à une communauté de coureurs qu’elle est la bienvenue possède une portée qui dépasse largement quelques cases sur un formulaire d’inscription.
La Hardrock affirme ici la vision du trail qu’elle souhaite défendre : une course ouverte, accueillante, où chacun peut trouver sa place tout en conservant des règles pour la compétition.
Garmin Fenix 8 en promotion sur i-run
lien affilié sans partenariat avec Garmin
montre Garmin Fenix 8 AMOLED Sapphire Titane

Vous pouvez contacter Axelle Anne par MP sur FB ou regarder ses vidéos YouTube.
u-Trail est un média indépendant. Depuis 2012, nous parlons de trail librement, sans aucun sponsor.
🏃 Produire une information libre et accessible à tous a un coût.
⚖️ Certains de nos articles entraînent aussi des pressions ou des procédures juridiques.
❤️ Votre soutien nous aide à nous défendre et à préserver notre liberté éditoriale.






