🎧 La marque de montres de luxe Tudor s’offre des athlètes de renom. On est en plein dans l’absurditĂ© du sponsoring – ou – De la haute horlogerie pour courir dans la boue.
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La marque suisse de montres haut de gamme Tudor a annoncĂ© aujourd’hui la signature d’un partenariat avec quatre grandes figures du trail mondial.
Si le coup de projecteur est indéniable pour la discipline, ce choix nous interpelle. Quel est le rapport entre de la haute horlogerie mécanique et un sport en plein air où les données numériques, le GPS et le capteur cardio sont censés primer sur la possibilité de lire l’heure avec un petit bijou ? En s’affichant sur le site de la marque avec de superbes montres automatiques en acier au poignet, les athlètes vendent une esthétique qui contraste radicalement avec la réalité de leurs besoins sur les sentiers.
La marque Tudor en quelques mots
Tudor est une marque horlogère suisse haut de gamme fondĂ©e officiellement en 1946 par Hans Wilsdorf, le crĂ©ateur de Rolex, avec l’ambition de proposer des montresmĂ©caniques d’une qualitĂ© et d’une robustesse identiques Ă sa grande sĹ“ur, mais Ă un prix plus abordable. Historiquement choisie par les explorateurs et les militaires pour rĂ©sister aux environnements les plus extrĂŞmes, la marque valorise l’audace et les accomplissements hors normes. Aujourd’hui rĂ©compensĂ©e pour ses designs sophistiquĂ©s et ses innovations techniques, la marque s’associe Ă des ambassadeurs de renom pour incarner cet esprit d’aventure et de rĂ©silience mĂ©canique.
Quatre athlètes cinq étoiles pour conquérir le trail
Pour faire son entrĂ©e dans le monde du trail, la marque au bouclier n’a pas fait les choses Ă moitiĂ©. Fidèle Ă son positionnement axĂ© sur la rĂ©silience et le dĂ©passement de soi, elle s’est entourĂ©e de quatre ambassadeurs de renom, connus sur tous les formats de trail:
– Courtney Dauwalter : L’AmĂ©ricaine, lĂ©gende vivante de l’ultra-endurance et triple mĂ©daillĂ©e historique des 3 plus gros ultras de 100 miles en une seule saison.
– Miao Yao : La traileuse chinoise au profil ultra-rapide, double mĂ©daille d’or de l’OCC Ă l’UTMB, qui incarne l’explosion de la discipline sur le marchĂ© asiatique.
– RĂ©mi Bonnet : L’excellent grimpeur suisse, maĂ®tre du format court explosif et des kilomètres verticaux sur le circuit des Golden Trail World Series.
– Baptiste Chassagne : La figure montante de l’ultra français, vainqueur rĂ©cemment de la Diagonale des Fous et deuxième du dernier UTMB.
Un casting parfait donc, sur le plan sportif.
Pourtant, sur les visuels officiels du site de la marque, voir ces Ă©lites poser fièrement avec des modèles mĂ©caniques traditionnels a de quoi faire sourire. En pleine course, les yeux de ces athlètes sont plutĂ´t rivĂ©s sur l’autonomie de leur batterie GPS, leur suivi d’itinĂ©raire et leur charge d’entraĂ®nement; des fonctionnalitĂ©s que l’horlogerie de luxe n’a pas vocation Ă offrir.
Quand les athlètes deviennent des panneaux publicitaires grand luxe
Ce contraste peut surprendre, mais il s’inscrit dans une tendance dĂ©sormais bien rĂ©elle et devenue courante dans le sport de haut niveau. Il est devenu presque normal de voir des visages connus faire la promotion de l’automobile, de banques ou des services publics sans aucun lien direct avec leur matĂ©riel de course quotidien.
On peut citer notamment l’icĂ´ne de l’ultra-trail François D’Haene qui est devenu ambassadeur de Corum, un groupe d’épargne et de placements financiers. Dans un autre registre, ThĂ©o Detienne, spĂ©cialiste des formats courts et explosifs, a signĂ© un partenariat avec SNCF Connect. Enfin, Mathieu Blanchard est un des ambassadeurs du constructeur automobile Skoda. Dans tous ces cas, l’athlète n’est plus choisi pour l’usage technique qu’il fait du produit, mais pour son image de performance et de prestige qu’il renvoie auprès d’une communautĂ© de pratiquants très engagĂ©e.
En résumé, le trail subit les dérives du business
Pour nous, cette entrée de la haute horlogerie représente toute une évolution qui peut faire grincer quelques dents. Le trail, autrefois perçu comme un sport simple basé sur un esprit de liberté et un retour à la nature, est définitivement devenu un énorme business.
L’augmentation exponentielle du prix des dossards, la professionnalisation et l’arrivĂ©e de sponsors aux budgets colossaux transforment peu Ă peu la discipline. Pour certains, voir le monde des sentiers oĂą l’on passe des heures dans la boue et la poussière s’associer aux codes du luxe et de l’affichage marketing reprĂ©sente une dĂ©rive par rapport aux valeurs de base qui Ă©taient la simplicitĂ© et l’authenticitĂ©.
Quoi qu’on en pense sur le plan Ă©thique, cette annonce confirme une rĂ©alitĂ© Ă©conomique. Le trail a changĂ© de dimension. Il attire dĂ©sormais bien au-delĂ des marques d’équipements purement sportifs, que ce soit pour du textile, des chaussures, ou de la nutrition.
En s’offrant des athlètes internationaux du trail, des marques comme Tudor prouvent qu’une partie du public du trail, amateur d’aventure et dotĂ© d’un pouvoir d’achat Ă©levĂ©, est devenu une cible prioritaire pour le marchĂ© du haut de gamme…
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Mention éditoriale :
Tudor est une marque horlogère suisse indĂ©pendante fondĂ©e par Hans Wilsdorf, Ă©galement fondateur de Rolex. Elle est souvent prĂ©sentĂ©e comme la « petite sĹ“ur de Rolex » en raison de cette histoire commune et de leur appartenance au mĂŞme groupe. Cette expression est utilisĂ©e dans cet article Ă titre de simplification journalistique afin d’aider les lecteurs Ă situer la marque dans l’univers de l’horlogerie. Elle ne signifie pas que les montres Tudor sont identiques aux montres Rolex ni qu’elles partagent les mĂŞmes caractĂ©ristiques techniques ou le mĂŞme positionnement tarifaire. Les visuels et informations mentionnĂ©s proviennent des communications publiques de la marque et de ses ambassadeurs.
Auteur : Marta, serre-file