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🎧 Hugo Clément vient d’annoncer sur Instagram qu’il participera à l’OCC à la fin du mois d’août 2026.
Le journaliste, connu pour ses enquêtes et ses prises de position écologistes, sera donc au départ de l’une des courses du HOKA UTMB Mont-Blanc, un événement régulièrement critiqué pour son impact environnemental et la saturation qu’il provoque dans la vallée de Chamonix.
L’annonce pose nécessairement une question de cohérence. Hugo Clément peut-il intégrer la grande semaine de l’UTMB sans s’exprimer sur le modèle écologique de l’événement ? Sa participation à l’OCC n’est pas en elle-même contradictoire avec ses engagements. Mais son arrivée dans cet univers intervient alors que les critiques contre l’UTMB deviennent de plus en plus précises.
Hugo Clément vient d’annoncer sa participation à l’OCC
Hugo Clément poursuit son investissement dans le monde du trail.
Sur son compte consacré au sport, le journaliste a annoncé qu’il prendra le départ de l’OCC à la fin du mois d’août. Cette course organisée pendant la semaine du HOKA UTMB Mont-Blanc propose environ 60 kilomètres et 3 500 mètres de dénivelé positif.
Pour préparer cet objectif, Hugo Clément a participé à un camp organisé par Hoka à Saint-Gervais. Il s’est entraîné aux côtés de plusieurs athlètes de la marque, dont Ludovic Pommeret, Audrey Tanguy, Thibaut Garrivier, Manon Bohard, Vincent Bouillard et Hugo Tormento.
Il explique qu’une telle course ne s’improvise pas et qu’il lui reste encore plusieurs semaines de préparation avant le départ.
L’UTMB est régulièrement attaqué pour son impact environnemental
L’UTMB génère 18 600 tonnes de CO₂, principalement à cause de l’avion
Le bilan carbone officiel du HOKA UTMB Mont-Blanc pour l’année 2024 atteint 18 600 tonnes équivalent CO₂, soit environ 1,6 tonne par coureur. Les transports représentent 88 % des émissions totales de l’événement et, à lui seul, l’avion pris par les participants et leurs accompagnants génère 85 % de l’ensemble du bilan. Autrement dit, les mesures concernant les déchets, les ravitaillements ou le plastique restent très secondaires face à l’impact des milliers de personnes venues du monde entier.
L’organisation reconnaît elle-même que les déplacements constituent son principal problème environnemental. Elle s’est engagée à réduire ses émissions de 20 % d’ici 2030. Depuis 2026, les participants doivent verser une contribution calculée selon les émissions de leur trajet et ceux qui s’engagent à rejoindre les vallées du Mont-Blanc par un itinéraire moins carboné et sans voiture bénéficient de 30 % de chances supplémentaires au tirage au sort de l’UTMB, de la CCC, de l’OCC ou de l’ETC.
Ces mesures montrent que l’UTMB a identifié le problème. Elles ne changent toutefois pas le paradoxe de fond : l’événement continue d’attirer plus de 10 000 coureurs et leurs accompagnants dans une vallée alpine fragile, au terme de déplacements qui constituent l’écrasante majorité de son empreinte carbone.
L’annonce d’Hugo Clément n’est donc pas totalement anodine compte tenu son profil
L’UTMB est régulièrement critiqué pour les conséquences de son développement. Les reproches concernent notamment le nombre de participants et d’accompagnateurs présents pendant la semaine des courses, la circulation, la saturation de Chamonix ainsi que les déplacements de milliers de personnes venues de France et de l’étranger.
Le nouveau maire de Chamonix a récemment lui-même remis en question le modèle de l’événement, en évoquant son impact sur la vallée, ses habitants et l’environnement.
L’organisation reconnaît d’ailleurs que les transports représentent son principal poste d’impact. Son bilan carbone 2024 est évalué à 18 600 tonnes équivalent CO₂, soit environ 1,6 tonne par coureur. L’UTMB affirme vouloir réduire ses émissions de 20 % d’ici 2030 et investit dans un plan de mobilité destiné à limiter la circulation individuelle.
Le débat environnemental ne repose donc pas seulement sur les déchets laissés sur les sentiers. Il concerne surtout la manière dont les coureurs, leurs accompagnateurs, les marques et les médias rejoignent Chamonix.
La participation d’Hugo Clément est-elle contradictoire avec ses engagements ?
Participer à l’OCC ne suffit pas à rendre Hugo Clément incohérent.
La course se déroule dans les Alpes, à proximité de la France, et rien n’indique qu’il prendra l’avion pour rejoindre Chamonix. Le trail reste par ailleurs une activité compatible avec une sensibilité écologique lorsqu’elle est pratiquée sans multiplier les déplacements lointains et en respectant les espaces traversés.
La contradiction potentielle se trouve ailleurs.
Hugo Clément ne sera pas seulement un coureur anonyme présent pendant l’UTMB. Il est l’un des journalistes écologistes les plus connus de France. À ce titre, son entrée dans cet événement pose la question du regard qu’il portera sur son modèle.
Cette question est d’autant plus légitime que le journaliste traite régulièrement de pollution, de biodiversité, d’agriculture ou de dérèglement climatique. L’impact des grands événements sportifs et des déplacements qu’ils génèrent entre directement dans ce champ.
Hugo Clément pourrait observer l’UTMB de l’intérieur
Sa participation pourrait précisément devenir une occasion de documenter la situation.
Hugo Clément pourra constater l’affluence dans la vallée, les déplacements des coureurs, la circulation, les transports mis à disposition et les mesures environnementales annoncées par l’organisation.
L’UTMB met en avant plusieurs initiatives : réduction des déchets, suppression progressive du plastique à usage unique, navettes, contribution environnementale et investissements dans la mobilité. ([UTMB Mont-Blanc][2])
Ces actions existent. Elles n’empêchent pas les critiques sur la croissance de l’événement ni sur l’impact majeur des déplacements.
La présence d’un journaliste écologique pourrait donc permettre de confronter la communication de l’UTMB à la réalité observée pendant la semaine des courses.
Pour le moment, Hugo Clément n’a toutefois annoncé aucune enquête ni aucun contenu consacré à ces questions. Sa publication porte uniquement sur sa préparation sportive et sur les partenaires qui l’accompagnent.
Son annonce met surtout Hoka en avant
Dans son message, Hugo Clément remercie Hoka Europe et i-Run pour leur invitation au camp organisé à Saint-Gervais.
Il présente également la nouvelle Tecton X 4, qu’il a pu tester en avant-première et qu’il décrit comme très performante sur les sentiers. Les photographies montrent clairement les chaussures, le sac et les vêtements de la marque.
La nature commerciale de la publication est identifiable puisque Hugo Clément désigne lui-même Hoka et i-Run comme ses partenaires.
Cette mise en avant soulève cependant une autre question, distincte de celle de l’environnement.
Ses partenariats posent une autre question : celle de son indépendance
Hoka n’est pas seulement le partenaire sportif d’Hugo Clément. La marque est également le partenaire titre de l’UTMB Mont-Blanc.
Le journaliste se retrouve donc soutenu par une entreprise directement associée à l’événement auquel il va participer.
Cette situation ne prouve aucune faute ni aucune perte d’indépendance. Elle rend simplement plus complexe l’éventualité d’un regard critique sur l’UTMB et sur l’industrie du trail.
Le média écologiste Reporterre a récemment consacré une enquête aux partenariats commerciaux d’Hugo Clément, notamment avec Hoka et Overstim.s. L’article interroge la frontière entre son activité journalistique et son rôle d’ambassadeur de marques. ([u-Trail][3])
Deux sujets doivent donc être séparés.
Le premier concerne la cohérence écologique : un journaliste engagé pour l’environnement participera à un événement lui-même critiqué pour son impact.
Le second concerne l’indépendance journalistique : ce même journaliste est partenaire de la marque qui accompagne et donne son nom à l’événement.
La réponse dépendra de ce qu’Hugo Clément fera de sa présence à l’UTMB
En l’état, sa participation à l’OCC ne suffit pas à établir une contradiction.
Elle peut même lui permettre d’observer de l’intérieur un événement majeur du trail et de poser des questions importantes sur son avenir.
Mais la cohérence de sa démarche dépendra de sa capacité à ne pas limiter cette participation à une succession de contenus sportifs et publicitaires.
Hugo Clément vient d’annoncer qu’il courra l’OCC. Il reste désormais à savoir s’il abordera également les critiques environnementales qui entourent l’UTMB ou s’il restera uniquement dans le rôle du coureur accompagné par Hoka.
Sources
Cet article s’appuie sur la publication diffusée par Hugo Clément sur son compte Instagram consacré au sport, dans laquelle il annonce sa participation à l’OCC 2026, détaille sa préparation au camp Hoka de Saint-Gervais et remercie ses partenaires Hoka et i-Run. Les informations relatives au parcours de l’OCC, à l’organisation de l’UTMB Mont-Blanc et à ses engagements environnementaux proviennent des pages officielles de l’événement. Les interrogations concernant les partenariats commerciaux d’Hugo Clément avec Hoka et leur possible incidence sur son indépendance journalistique renvoient enfin à l’enquête publiée par Reporterre, déjà analysée par uTrail.
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