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🎧 L’UTMB 2026 s’élancera dans un mois à Chamonix.
Alexandre Boucheix doit y prendre le départ pour la sixième fois, mais Casquette Verte aborde le rendez-vous le plus observé de la saison mondiale d’ultra-trail après une fracture de la cheville, plusieurs mois de rééducation et sans avoir encore retrouvé son meilleur niveau.
Chaque année, l’UTMB réunit une grande partie des meilleurs ultra-traileurs mondiaux.
Les absences des principales têtes d’affiche sont remarquées, tandis que les résultats, les temps de passage et les abandons de chaque élite sont suivis et comparés pendant toute la course. Pour Alexandre Boucheix, renoncer ne constituerait donc pas un simple changement de calendrier. L’UTMB occupe une place centrale dans son parcours : il l’a déjà terminé à plusieurs reprises et y a obtenu son meilleur résultat en 2022, avec une 18e place en moins de 23 heures.
L’année de Casquette Verte a été marquée par une fracture et une longue reconstruction
Le début de saison d’Alexandre Boucheix a été brutalement interrompu sur l’Arc of Attrition.
Le Français s’y est fracturé la cheville, après plusieurs saisons déjà perturbées par différents problèmes physiques. La blessure l’a contraint à passer plusieurs semaines dans le plâtre, avant d’entamer une longue rééducation. Son retour à l’entraînement s’est ensuite effectué progressivement, loin de la continuité nécessaire pour préparer sereinement un ultra de 170 kilomètres autour du mont Blanc.
Casquette Verte a néanmoins envoyé récemment un signal encourageant en bouclant son défi du Cœur des Guilands, à Montreuil. Il a répété plus de 200 fois le même segment pour atteindre environ 100 kilomètres et plus de 5 000 mètres de dénivelé positif. Cette performance montre qu’il a retrouvé une importante capacité d’endurance. Elle ne suffit toutefois pas à reproduire les contraintes de l’UTMB, notamment les longues descentes alpines, l’altitude, la technicité du parcours et l’accumulation de fatigue après plusieurs cols.
Dans sa publication, Alexandre Boucheix reconnaît lui-même les limites de son état actuel. Il évoque une récupération encore incomplète, des compensations au genou, une faiblesse importante en descente et l’absence de véritable entraînement en montagne depuis la Diagonale des Fous disputée en octobre dernier.
Casquette Verte doit aussi composer avec l’arrivée de son deuxième enfant
À cette reconstruction sportive s’ajoute un changement majeur dans sa vie personnelle. Alexandre Boucheix et sa compagne viennent d’accueillir leur deuxième enfant.
Cette naissance ne remet évidemment pas en cause ses ambitions, mais elle modifie nécessairement son quotidien. Le sommeil, la récupération et l’organisation des entraînements deviennent plus difficiles à maîtriser avec deux jeunes enfants à la maison.
Pour un coureur qui cherche simplement à entretenir son niveau, cette fatigue supplémentaire peut déjà peser. Elle devient encore plus importante lorsqu’il s’agit de reconstruire une cheville, de retrouver de la force en descente et de préparer plusieurs ultras en quelques mois.
Casquette Verte doit également continuer à travailler. Contrairement à certains athlètes professionnels entièrement consacrés à leur préparation, il doit faire cohabiter son activité salariée, sa vie de famille, sa rééducation et ses objectifs sportifs.
Ce contexte ne rend pas sa participation impossible. Il explique toutefois pourquoi son niveau de forme à un mois de l’UTMB reste difficile à évaluer.
Son objectif est plus modeste que lors de ses précédentes participations
Alexandre Boucheix ne se présente pas à Chamonix avec les ambitions de ses meilleures années. Sa 18e place obtenue en 2022 appartient désormais à une autre période de sa carrière. En 2024, il n’avait déjà pas retrouvé ce niveau, puis il avait choisi la TDS en 2025, sans parvenir à jouer les premiers rôles.
Pour l’UTMB 2026, Casquette Verte a évoqué un objectif autour du Top 150. Un classement nettement plus modeste, qui correspond à une année de reprise après sa fracture de la cheville et plusieurs mois de reconstruction.
C’est plus journalistique, parce que cela montre l’évolution de sa trajectoire, au lieu de comparer artificiellement 2026 à une seule grande performance datant de quatre ans.
« Cet UTMB, je m’en cogne » ne signifie pas qu’il n’ira pas
Alexandre Boucheix répète à plusieurs reprises qu’il se moque de cet UTMB. Pris isolément, ce passage pourrait donner l’impression qu’il prépare un forfait ou qu’il ne considère plus la course comme importante.
Son texte dit pourtant exactement l’inverse.
S’il cherche autant à se convaincre que cet UTMB ne compte pas, c’est précisément parce que la course compte énormément pour lui. Il tente de réduire mentalement l’enjeu afin de ne pas courir comme lors de ses meilleures années.
Son message ressemble moins à l’annonce d’un renoncement qu’à une tentative de modifier son propre rapport à la compétition.
Il ne veut pas oublier l’UTMB pour rester chez lui. Il veut oublier ce que représente l’UTMB afin de pouvoir y aller sans se jeter immédiatement dans une course qu’il n’a probablement pas les moyens physiques d’assumer à pleine intensité.
La formule devient alors une consigne qu’il s’adresse à lui-même : ne pas courir après un classement, ne pas chercher à fermer des bouches et accepter que cette édition soit très différente des précédentes.
Le problème reste que Casquette Verte ne sait pas courir à moitié
C’est ici que se situe le principal risque.
Alexandre Boucheix connaît son état physique, mais il connaît également son tempérament. Il reconnaît que sa fougue peut dépasser ses capacités actuelles.
Prendre le départ sans objectif chronométrique paraît raisonnable en théorie. Encore faut-il parvenir à conserver cette prudence une fois la course lancée, au milieu du public, des autres élites et de l’ambiance de Chamonix.
L’UTMB expose immédiatement chaque coureur à la comparaison. Les temps de passage sont suivis en direct, les positions circulent sur les réseaux sociaux et chaque baisse de régime devient visible.
Pour Casquette Verte, habitué à courir devant et à assumer des stratégies offensives, accepter de ralentir volontairement pourrait être plus difficile que de prendre le départ lui-même.
Son véritable défi ne sera donc peut-être pas de terminer les 170 kilomètres. Il sera de rester fidèle à la prudence affichée avant la course.
L’UTMB pourrait fragiliser ses autres objectifs
Le Français a déjà annoncé la suite de son programme. Il prévoit de courir la Cappadocia Ultra Trail en octobre, puis le Kullamannen en novembre afin de valider sa cinquième participation et d’obtenir la Diamond Ring.
En janvier 2027, il souhaite retourner sur l’Arc of Attrition, la course sur laquelle il s’est fracturé la cheville. Cette échéance doit constituer une étape importante de sa revanche sportive.
Son objectif général reste de retrouver son meilleur niveau pour l’UTMB 2027.
Dans ce calendrier, l’UTMB 2026 devait initialement servir de course de retour, sans exigence comparable à celle de 2022. Mais une course de 170 kilomètres ne devient pas anodine simplement parce qu’on décide de ne pas jouer le classement.
Une aggravation du genou, une nouvelle blessure ou une récupération trop longue pourrait remettre en cause toute la suite du programme.
À l’inverse, une course correctement maîtrisée pourrait lui permettre de retrouver de la confiance et de valider une nouvelle étape dans sa reconstruction.
En résumé, Casquette Verte semble avoir choisi de tenter sa chance
Alexandre Boucheix ne dit jamais explicitement qu’il prendra le départ quelles que soient les circonstances. Il lui reste encore un mois et son état peut évoluer avant la semaine de l’UTMB.
Mais l’orientation générale de son message est claire.
Il sait que la logique pourrait lui conseiller de renoncer. Il sait également qu’il ne possède pas encore le niveau qui lui permettrait de courir comme lors de ses meilleures années. Pourtant, il ne semble pas capable d’accepter un forfait sans avoir d’abord essayé.
La dernière phrase de sa publication confirme cette intention : « Promis, on n’y va pas pour rien. »
Sauf aggravation de sa blessure ou décision médicale contraire, Casquette Verte devrait donc bien se présenter au départ de l’UTMB.
Il n’y arrivera pas avec les mêmes ambitions qu’en 2022. Mais dans une course où tout le monde observe le résultat de tout le monde, réussir à ne pas courir contre les autres sera peut-être son défi le plus difficile.
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