🎧 48 secondes pour comprendre le défi de Matthis Granet
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Matthis Granet veut lever des fonds pour une noble cause, oui… mais quand même
Du vendredi 22 au dimanche 24 mai 2026, le traileur haut-savoyard Matthis Granet va tenter de battre le record du monde de dénivelé positif en 48 heures au Salève, près d’Archamps. L’objectif est clair : accumuler suffisamment de mètres positifs en répétant inlassablement une boucle de 69 mètres de D+.
Sur le fond, difficile de critiquer l’intention. Le défi vise aussi à soutenir la Fédération Williams France, qui accompagne les personnes atteintes du syndrome de Williams-Beuren, une maladie génétique rare. Dans le trail, beaucoup de défis solidaires permettent aujourd’hui de récolter des fonds et de donner de la visibilité à des associations qui en manquent.
Mais une fois passée la dimension caritative, une autre question apparaît immédiatement : à quel moment ce type de défi bascule-t-il dans quelque chose de complètement absurde ?
Faire 348 fois la même montée c’est comme faire le hamster
Le chiffre donne presque le vertige. Pour battre le record, Matthis Granet prévoit de répéter environ 348 fois exactement la même montée.
Pas une traversée alpine. Pas une aventure sauvage de plusieurs centaines de kilomètres. Pas un tour de massif.
Non : la même pente. Encore. Et encore. Et encore.
Dans l’imaginaire collectif, le trail évoque normalement les grands espaces, les paysages, la découverte, l’autonomie ou l’exploration. Ici, on se rapproche davantage d’une expérience de laboratoire ou d’un test mental poussé à l’extrême.
Le problème n’est pas le courage physique nécessaire. Parce qu’il en faudra énormément. Le problème, c’est le sens.
À force de vouloir transformer chaque effort en record mesurable, le trail finit parfois par ressembler à une version sportive du hamster dans sa roue : beaucoup d’énergie dépensée, mais sans véritable déplacement.
Le trail moderne adore les défis absurdes
Ce défi n’arrive pas par hasard. Depuis plusieurs années, l’ultra-trail glisse progressivement vers une culture de l’extrême où le concept compte parfois plus que l’aventure elle-même.
Les Backyard Ultra consistent à tourner jusqu’à ce qu’il ne reste plus qu’un seul coureur. Les Everesting imposent de grimper et descendre la même côte jusqu’à atteindre l’équivalent de l’Everest. Certains records de tapis de course attirent désormais autant d’attention que des vraies courses de montagne.
Dans cette logique, répéter 348 fois une boucle devient presque cohérent.
Le problème, c’est que ces formats interrogent aussi la direction prise par le trail. Est-ce qu’on célèbre encore la montagne, l’aventure et le déplacement ? Ou simplement la capacité à souffrir longtemps dans un cadre répétitif ?
En réalité, ce défi dit quelque chose de notre époque
Ce genre de projet fonctionne très bien sur les réseaux sociaux parce qu’il repose sur une mécanique simple : plus le concept paraît absurde, plus il attire l’attention.
“348 fois la même montée” devient un titre. Une statistique partageable. Un défi immédiatement compréhensible.
Et dans un univers où les performances extrêmes se multiplient chaque semaine, il faut désormais trouver un angle toujours plus spectaculaire pour exister médiatiquement.
Le paradoxe, c’est qu’on finit parfois par parler davantage du caractère absurde du défi que de la cause qu’il défend.
Ce n’est pas une critique de la personne
Il faut aussi être honnête : Matthis Granet ne fait de mal à personne. Il s’entraîne, il prépare son défi sérieusement et il cherche à récolter des fonds pour une association.
Le débat concerne surtout l’évolution du trail moderne et cette obsession grandissante pour les records toujours plus conceptuels.
Parce qu’à force de transformer le sport en défi de répétition extrême, certains traileurs commencent aussi à se demander si le trail ne perd pas une partie de ce qui faisait son ADN : avancer quelque part.
🧠 En résumé
Le défi de Matthis Granet force le respect sur le plan physique et solidaire. Mais il symbolise aussi une tendance du trail moderne : des records toujours plus extrêmes, parfois au point de devenir totalement absurdes. Répéter 348 fois la même montée pendant 48 heures pose une vraie question : jusqu’où le trail peut-il aller dans la logique du défi sans perdre son sens initial ?





