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Clemquicourt avait pourtant été très clair. Pour ses « 25 heures qui courent », organisées ce vendredi 6 novembre 2026 dans les Pyrénées-Orientales, le lieu de la backyard devait rester secret et les spectateurs ne devaient surtout pas chercher à rejoindre le parcours. Mais à quelques heures du départ, la communication autour de l’événement révèle un paradoxe : alors que l’organisateur demande la plus grande discrétion, des images du cadre dans lequel se déroule la course circulent sur les réseaux sociaux, notamment à travers une story attribuée à Mathieu Blanchard. De quoi rendre l’identification du site beaucoup plus facile que prévu.
Ce n’est pas la première fois que la question du lieu des « 25 heures qui courent » suscite des interrogations. Depuis plusieurs jours, Clemquicourt explique vouloir préserver le caractère intimiste de sa course caritative, qui rassemble une centaine de participants, parmi lesquels des champions du trail et des influenceurs particulièrement populaires. Mais lorsqu’on invite autant de personnalités habituées à documenter leurs déplacements sur Instagram, peut-on réellement espérer garder un lieu confidentiel pendant tout un week-end ?
Clemquicourt avait expressément demandé de garder le lieu de sa backyard secret
À la veille du départ, Clément Deffrenne, plus connu sous le pseudonyme Clemquicourt, avait publié un communiqué officiel pour expliquer pourquoi les spectateurs ne pourraient pas assister librement aux « 25 heures qui courent ».
Sa demande était sans ambiguïté : il ne souhaitait pas que les internautes cherchent à se rendre sur place.
« Aujourd’hui, je vous demande une chose très importante : n’essayez surtout pas de vous rendre sur le lieu de la course. »
L’organisateur justifiait cette décision par sa conception de la backyard, qu’il présentait comme une expérience intimiste, dans laquelle les participants devaient pouvoir apprendre à se connaître, s’entraider et partager leurs émotions au fil des heures.
Il évoquait également des questions de sécurité et le risque qu’une présence importante de spectateurs perturbe le déroulement de l’événement.
Le communiqué précisait que le parcours et les installations étaient réservés aux participants et aux personnes accréditées.
Une exception était toutefois envisagée pour la 25e et dernière boucle, avec la création d’une fan zone dont les modalités d’accès devaient être communiquées pendant la course.
Cette décision avait déjà suscité des réactions contrastées, entre compréhension des impératifs de sécurité et frustration de supporters qui espéraient encourager leurs champions.
Mais ce vendredi 6 novembre, un autre problème apparaît : comment préserver la confidentialité d’un site lorsque les participants eux-mêmes partagent des images de leur environnement ?
Mathieu Blanchard publie des images du cadre de la backyard sur Instagram





Parmi les éléments transmis à la rédaction de u-Trail figurent plusieurs captures d’écran montrant l’environnement dans lequel se déroule l’événement.
Une story attribuée à Mathieu Blanchard donne notamment à voir le paysage environnant, avec des espaces aménagés pour accueillir les participants et les installations de la manifestation.
Prise isolément, une telle image pourrait sembler anodine. Après tout, les athlètes publient régulièrement des photographies de leurs déplacements, de leurs hébergements ou de leurs lieux de compétition.
Mais dans le contexte d’un événement dont l’emplacement est volontairement tenu confidentiel, ces publications prennent une tout autre dimension.
Les paysages, les bâtiments et les aménagements visibles peuvent devenir des indices permettant de reconnaître un site, notamment lorsqu’ils sont comparés à des photographies déjà accessibles publiquement sur Internet.
Les captures communiquées à u-Trail montrent précisément ce phénomène : il n’est pas nécessaire de disposer d’informations internes à l’organisation pour commencer à rapprocher certaines images de celles d’un établissement existant.
L’adresse de la backyard de clemquicourt dévoilée
Le lieu secret de Clemquicourt devient beaucoup plus facile à reconnaître
C’est là que la situation devient paradoxale.
Depuis l’annonce des « 25 heures qui courent », les informations officielles ont été particulièrement limitées sur le lieu. Le département des Pyrénées-Orientales était connu, mais l’organisation n’avait pas communiqué publiquement une adresse destinée aux spectateurs.
Dans un précédent article, u-Trail avait expliqué comment une offre d’emploi diffusée par un partenaire permettait déjà de retrouver le secteur géographique de l’événement.
Cette fois, les images circulant sur les réseaux sociaux apportent d’autres indices, plus visuels.
Il suffit parfois de photographier un bâtiment caractéristique, une terrasse, un panorama ou une installation particulière pour rendre un lieu reconnaissable, même sans ajouter de géolocalisation.
C’est un risque bien connu de la communication numérique : la confidentialité d’un emplacement peut être compromise non seulement par une adresse publiée volontairement, mais aussi par l’accumulation de détails partagés indépendamment les uns des autres.
Et lorsque des dizaines de participants disposent chacun de leur propre compte Instagram, TikTok ou Twitch, le contrôle devient particulièrement difficile.
La question est donc moins de savoir qui a trouvé le lieu que de comprendre comment une organisation qui mise autant sur la production de contenus peut espérer conserver entièrement confidentiel son environnement.
Peut-on demander le secret à 100 participants habitués à publier sur les réseaux sociaux
Les « 25 heures qui courent » ne sont pas une compétition traditionnelle. Clemquicourt a réuni des champions du trail, des créateurs de contenu et des personnalités d’Internet, avec l’ambition de proposer une retransmission exceptionnelle sur Twitch.
La communication constitue donc une partie essentielle du projet.
Les participants sont invités à partager leur expérience, à faire découvrir les coulisses et à mobiliser leurs communautés autour de cette course caritative organisée au profit de l’association Rêves.
Mais cette logique se heurte à la volonté de l’organisateur de préserver le site.
D’un côté, il faut donner envie aux internautes de suivre l’événement, montrer son ambiance, valoriser les invités et diffuser des images spectaculaires. De l’autre, il faudrait éviter que ces mêmes images permettent de reconnaître l’endroit où tout se déroule.
Les deux objectifs ne sont pas nécessairement incompatibles, mais ils supposent une coordination rigoureuse de la communication des participants.
Or, plus les personnalités invitées sont nombreuses et habituées à publier spontanément, plus le risque de laisser apparaître des éléments identifiables augmente.
La situation autour des « 25 heures qui courent » illustre ainsi une difficulté très concrète : organiser un événement ultra-médiatisé tout en souhaitant en préserver la localisation.
Mathieu Blanchard n’est pas forcément en faute, mais le paradoxe est réel
Il serait excessif d’affirmer que Mathieu Blanchard a volontairement cherché à révéler l’emplacement de la backyard.
Les images partagées peuvent parfaitement relever d’une communication spontanée sur son arrivée ou son expérience sur place. Rien dans les éléments dont nous disposons ne permet de lui attribuer une volonté de contourner les consignes de Clemquicourt.
Il faut également distinguer deux choses : publier des photographies de son environnement et communiquer délibérément une adresse pour inviter des spectateurs à venir.
Mais cette distinction ne supprime pas la contradiction.
Lorsqu’un organisateur demande publiquement à sa communauté de ne pas chercher un lieu, les images diffusées par les invités peuvent malgré tout contribuer à rendre ce lieu reconnaissable.
La responsabilité de la confidentialité ne peut donc pas reposer uniquement sur les spectateurs. Elle concerne aussi l’organisation et les règles de communication partagées avec les participants.
La sécurité du parcours reste prioritaire, même si le lieu peut être identifié
Cette situation ne remet pas en cause les raisons invoquées par Clemquicourt pour limiter l’accès à la course.
Une backyard rassemblant une centaine de participants, des équipes techniques et plusieurs personnalités très suivies peut présenter des contraintes importantes de sécurité et de circulation.
Le fait qu’un emplacement puisse être reconnu à partir d’images ne signifie pas qu’il est ouvert au public.
L’organisateur a été explicite : les installations et le parcours sont réservés aux personnes autorisées, sauf dispositions particulières annoncées pour la dernière boucle.
Les supporters qui souhaitent encourager Mathieu Blanchard, Ludovic Pommeret, Blandine L’Hirondel et les autres participants sont donc invités à privilégier la retransmission officielle.
La backyard est diffusée en direct sur la chaîne Twitch de Clemquicourt depuis ce vendredi 6 novembre, avec un départ sportif annoncé à 15 h.
Ce nouvel épisode révèle surtout une contradiction de la communication autour des « 25 heures qui courent » : Clemquicourt souhaite protéger l’intimité de son événement tout en réunissant des dizaines de personnalités dont le métier, pour certaines, consiste précisément à raconter et à montrer ce qu’elles vivent. Le secret du lieu devient alors difficile à préserver, même sans qu’aucun participant ait l’intention de le dévoiler.
Sources
- communiqué officiel de Clemquicourt relatif à l’accès au parcours ;
- captures d’écran de publications et de messages transmises à la rédaction de u-Trail le 6 novembre 2026 ;
- archives u-Trail sur la localisation des « 25 heures qui courent ».
Mention éditoriale
Les informations évoquées dans cet article proviennent exclusivement de contenus accessibles publiquement sur Internet, notamment de stories Instagram publiées volontairement par des participants à l’événement, ainsi que de photographies et de présentations publiques d’établissements.
Notre démarche consiste à analyser une contradiction dans la communication autour des « 25 heures qui courent », et non à dévoiler des informations relevant de la vie privée des participants.
u-Trail ne communique ni numéro de chambre, ni information personnelle confidentielle, ni consigne permettant d’accéder à un espace réservé. Le fait qu’un lieu puisse être reconnu à partir de publications publiques ne signifie pas qu’il soit accessible aux spectateurs.
Nous rappelons que les consignes de l’organisateur concernant l’accès au site doivent être respectées.
Auteur : Axelle Anne, est la fondatrice de la redac. Dans le web depuis 1998, elle a fondé de nombreux sites et s’est mise au trail en 2010. Anti-conformiste et sans langue de bois, elle a contribué à faire sortir le trail de sa niche pour magazine plan plan pour en faire un sport grand public. Depuis 2025, elle assiste impuissante aux dérives du trail.Vous pouvez contacter Axelle Anne par MP sur FB ou regarder ses vidéos YouTube.
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