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🎧 ClemQuiCourt, devenu en quelques années l’un des créateurs de contenu les plus suivis dans l’univers du trail, a lancé ce vendredi sa nouvelle collection de tee-shirts. uTrail a suivi toute la journée ce lancement très attendu, marqué par des bugs au démarrage, une immense demande, puis un sold-out spectaculaire : 30 000 maillots écoulés en seulement neuf minutes.
Quelques heures plus tard, Clément Deffrenne a publié un nouveau message pour revenir sur cette journée mouvementée. Entre sa surprise face à l’ampleur du succès, les frustrations de ceux qui ont raté leur commande et les premières reventes spéculatives, le phénomène ClemQuiCourt a encore franchi un cap.
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ClemQuiCourt a fait un doigt d’honneur à Vinted
Dans la foulée du sold-out, plusieurs tee-shirts ont commencé à apparaître sur Vinted à des prix largement supérieurs au tarif officiel. Certains exemplaires étaient proposés à 130 ou 180 euros, tandis que plusieurs annonces affichaient même le maillot violet à 999 euros.
Clément Deffrenne a alors réagi directement sur les réseaux avec un geste particulièrement clair : un doigt d’honneur adressé à Vinted, ou plus exactement à ceux qui utilisent la plateforme pour tenter de spéculer sur ses maillots.

La réaction résume assez bien son état d’esprit du moment. ClemQuiCourt avait conçu cette collection pour sa communauté et pour financer ses futurs projets. Voir certains acheteurs transformer immédiatement ces tee-shirts en objets de spéculation change complètement le sens de l’opération.
Le tee-shirt passe de 36 euros à 130, 140, 200 et même 1000 euros

Nous avons repéré deux tee-shirts à presque 1000 euros



Comment expliquer une telle spéculation ?
Le phénomène s’explique par plusieurs mécanismes qui se superposent. ClemQuiCourt avait produit 30 000 maillots, ce qui représentait déjà un pari financier important puisqu’il a expliqué avoir avancé plus de 200 000 euros pour lancer la production. En neuf minutes, l’intégralité du stock a pourtant trouvé preneur, transformant immédiatement un produit largement diffusé en objet rare.
Cette rareté joue évidemment un rôle central, mais elle ne suffit pas à tout expliquer. Le tee-shirt ClemQuiCourt dépasse largement sa fonction de vêtement de running : il devient à la fois un signe d’appartenance, un souvenir associé aux aventures suivies en ligne et un objet que certains membres de la communauté considèrent déjà comme collector. C’est précisément cette combinaison entre désir, identification et pénurie qui ouvre la voie à la spéculation.
Le tee-shirt ClemQuiCourt est devenu un signe d’appartenance
Le succès de cette collection s’inscrit dans une mécanique très classique des communautés de fans : acheter un produit permet aussi d’afficher son appartenance à un groupe.
Dans le cas de ClemQuiCourt, le tee-shirt dit bien davantage que « j’aime ce vêtement ». Il signifie aussi : « je connais la référence, je regarde les vidéos, je suis les aventures et je fais partie de cette communauté ».
Ce fonctionnement existe depuis longtemps dans la musique avec les tee-shirts de groupes, dans le football avec les maillots de clubs ou dans le gaming avec les produits dérivés. ClemQuiCourt transpose aujourd’hui cette logique à l’univers du trail, avec une efficacité particulière parce que son contenu repose déjà sur des codes très identifiables : le « bonjour » entre coureurs, les blagues récurrentes, les personnages de la ClemQuiCorp, les aventures collectives et cette manière de transformer chaque course en épisode d’un récit plus large.
Porter le tee-shirt revient donc presque à porter une référence culturelle commune à toute une communauté.
Il existe aussi une logique de groupie, au sens sociologique du terme
Le mot peut sembler dur, mais le mécanisme mérite d’être regardé sans caricature. Lorsqu’une communauté se construit autour d’une personnalité, une partie du public développe une relation affective forte avec la personne suivie.
On parle parfois de relation parasociale : le spectateur connaît les habitudes, les expressions, les proches, les émotions et les projets du créateur, alors que cette relation fonctionne essentiellement dans un seul sens.
Chez ClemQuiCourt, cette proximité est particulièrement forte parce que Clément Deffrenne montre beaucoup de lui-même. Il raconte ses doutes, ses peurs, ses échecs, ses moments d’euphorie et les coulisses de son équipe, ce qui donne aux abonnés l’impression de suivre une histoire en temps réel et, parfois, d’y participer.
Le tee-shirt vient alors matérialiser cette relation. Il devient un objet tangible qui permet de dire : « je soutiens Clem », « je fais partie de l’histoire » ou « j’étais là à ce moment-là ». Cette dimension affective explique en partie pourquoi certains acheteurs se connectent dès l’ouverture, actualisent la page pendant plusieurs minutes et vivent ensuite une véritable frustration lorsqu’ils repartent sans produit.
ClemQuiCourt a construit une marque autour de sa propre personnalité
Le phénomène vient aussi directement de la manière dont Clément Deffrenne a construit son image.
ClemQuiCourt vend aujourd’hui beaucoup plus qu’un tee-shirt parce que sa personnalité est devenue une marque en elle-même. Son humour, sa vulnérabilité, son langage, ses expressions et ses aventures composent désormais un univers immédiatement reconnaissable.
Le public achète donc autant une histoire qu’un vêtement.
Cette évolution raconte aussi quelque chose de plus large sur le running. Pendant longtemps, l’identité du coureur passait surtout par les grandes marques d’équipement comme Nike, Adidas, Salomon, Brooks ou Asics. Désormais, certains créateurs de contenu réussissent à construire autour de leur propre nom un univers suffisamment puissant pour vendre directement des produits à leur communauté.
ClemQuiCourt se retrouve ainsi au croisement du trail, du divertissement, de l’influence et du commerce.
Le running est devenu une culture à part entière
Cette vente doit aussi être replacée dans une transformation plus large du running et du trail.
La course à pied sert évidemment toujours à pratiquer un sport, rechercher une performance ou simplement se faire plaisir, mais elle est aussi devenue un univers culturel avec ses codes, ses objets, ses références et ses signes d’appartenance.
Les chaussures, les casquettes, les vestes ou les tee-shirts jouent aujourd’hui un rôle croissant dans cette manière d’afficher son identité de coureur. Le vêtement devient un marqueur social autant qu’un équipement sportif.
Porter un maillot ClemQuiCourt permet ainsi à deux coureurs qui se croisent sur un sentier ou au départ d’une course de se reconnaître immédiatement, un peu comme deux supporters portant le même maillot de football.
C’est aussi pour cette raison que la valeur perçue du tee-shirt dépasse largement son coût textile. Le produit porte désormais une signification sociale et communautaire.
Le design du tee-shirt renforce cette logique
Le look du maillot joue également un rôle important dans son succès.
La couleur violette possède une identité visuelle très forte, tandis que le graphisme permet de reconnaître immédiatement l’univers ClemQuiCourt. Le vêtement se remarque facilement sur une course, dans une vidéo ou sur une photo, ce qui renforce encore sa dimension communautaire.
Cette visibilité donne au produit une fonction supplémentaire : il permet d’être identifié comme membre du groupe.
Un tee-shirt totalement banal aurait probablement généré moins de désir. Ici, la couleur, le graphisme et les références propres à ClemQuiCourt transforment le vêtement en signe distinctif.
La rareté transforme ensuite le tee-shirt en trophée
À cette dimension communautaire s’ajoute enfin la rareté créée par le lancement.
Trente mille exemplaires peuvent sembler représenter un stock considérable, mais leur disparition en neuf minutes a immédiatement changé la perception du produit. Dès lors que tout le monde ne peut plus l’obtenir, le tee-shirt gagne une valeur symbolique supplémentaire.
Celui qui l’a commandé fait partie des chanceux ; celui qui l’a raté peut ressentir encore davantage l’envie de le posséder.
Cette mécanique est bien connue dans l’univers des sneakers, des cartes Pokémon, des montres ou des éditions limitées. Plus un objet devient difficile à obtenir, plus sa désirabilité augmente, et plus un marché secondaire peut apparaître.
L’annonce à 999 euros relève probablement davantage du pari spéculatif ou de la provocation que d’une véritable valeur de marché. Elle montre néanmoins qu’en quelques heures, certains vendeurs ont considéré le tee-shirt ClemQuiCourt comme un objet suffisamment rare et désirable pour tenter de lui attribuer une valeur très éloignée de son prix d’origine.
Vinted devient le symptôme, pas la cause
Le doigt d’honneur adressé à Vinted prend alors une autre dimension.
La plateforme crée peu de choses par elle-même. Elle sert surtout de lieu où se rencontrent une demande très forte, une offre désormais limitée et des vendeurs qui cherchent à transformer cette rareté en plus-value.
La spéculation vient donc moins de Vinted que de la combinaison entre la puissance de ClemQuiCourt, la fidélité de sa communauté, la rareté immédiate du produit et l’envie de posséder un objet qui matérialise l’appartenance à cet univers.
Vinted rend simplement cette valeur symbolique visible sous la forme d’un prix.
En résumé, ClemQuiCourt vend finalement beaucoup plus qu’un tee-shirt
C’est probablement la clé de toute cette histoire.
À 36,99 euros, les acheteurs achètent bien sûr un vêtement de running, mais ils achètent aussi un signe d’appartenance, un souvenir, une référence commune et une manière concrète de soutenir les futurs projets de ClemQuiCourt.
Le tee-shirt devient alors à la fois un produit, un symbole et un morceau de l’histoire racontée par Clément Deffrenne depuis plusieurs années.
C’est cette accumulation de significations qui permet de comprendre pourquoi 30 000 pièces peuvent partir en neuf minutes et pourquoi, quelques heures plus tard, un simple tee-shirt de running peut se retrouver affiché à 999 euros sur le marché secondaire.
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Auteur : Axelle Anne, est la fondatrice de la redac. Dans le web depuis 1998, elle a fondé de nombreux sites et s’est mise au trail en 2010. Anti-conformiste et sans langue de bois, elle a contribué à faire sortir le trail de sa niche pour magazine plan plan pour en faire un sport grand public. Depuis 2025, elle assiste impuissante aux dérives du trail.Vous pouvez contacter Axelle Anne par MP sur FB ou regarder ses vidéos YouTube.







