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đ§ Câest un chiffre qui devrait faire rĂ©agir tous ceux qui courent, marchent ou roulent sur les sentiers canadiens : prĂšs de 11 000 kilomĂštres de sentiers terrestres du Sentier Transcanadien pourraient se dĂ©grader au point de devenir impraticables dâici 2045 si les investissements nĂ©cessaires Ă leur entretien ne suivent pas.
DerriÚre cette projection se trouve le Sentier Transcanadien, immense réseau de plus de 30 000 kilomÚtres qui traverse le pays et dont plusieurs portions sont utilisées quotidiennement par les coureurs et les traileurs.
Lâalerte a Ă©tĂ© rendue publique le 1er octobre 2026 par Sentier Transcanadien. Elle sâappuie sur une Ă©tude rĂ©alisĂ©e par la firme CPCS qui cherche Ă mesurer ce que coĂ»terait au Canada un affaiblissement durable du financement et de la coordination de ce rĂ©seau.
Et lâenjeu dĂ©passe largement la randonnĂ©e.
Pour les traileurs quĂ©bĂ©cois et canadiens, derriĂšre ces milliers de kilomĂštres se trouvent aussi des chemins dâentraĂźnement, des connexions entre rĂ©seaux locaux et des infrastructures utilisĂ©es pour accĂ©der Ă la nature.
PrĂšs de 11 000 km de sentiers pourraient devenir impraticables dâici 2045
Le chiffre central de lâĂ©tude est spectaculaire.
Dans le scĂ©nario Ă©tudiĂ©, prĂšs de 11 000 kilomĂštres de sentiers terrestres pourraient tomber en mauvais Ă©tat dâici 2045, avec Ă terme une perte dâaccessibilitĂ© pour une partie du rĂ©seau.
Cela reprĂ©senterait plus du tiers de la longueur actuelle du Sentier Transcanadien, qui compte aujourdâhui plus de 30 000 kilomĂštres et traverse les 13 provinces et territoires du pays, reliant les cĂŽtes Atlantique, Pacifique et Arctique.
Il faut toutefois comprendre ce que signifie cette projection.
LâĂ©tude nâannonce pas que 11 000 kilomĂštres vont fermer automatiquement en 2045. Elle compare la situation actuelle avec un scĂ©nario dans lequel le rĂ©seau perdrait le soutien et la coordination assurĂ©s aujourdâhui par Sentier Transcanadien.
Câest donc une estimation du coĂ»t de lâinaction, plutĂŽt quâun calendrier de fermeture dĂ©jĂ dĂ©cidĂ©.
Pour les traileurs, ce sont aussi des terrains dâentraĂźnement qui sont concernĂ©s
Vu de France, le Sentier Transcanadien peut donner lâimage d’un immense itinĂ©raire continu traversant le pays.
La réalité est plus complexe.
Le réseau rassemble des milliers de sections gérées localement par des municipalités, des associations, des communautés autochtones, des organismes de conservation et des bénévoles.
Certaines portions accueillent des marcheurs. Dâautres sont frĂ©quentĂ©es Ă vĂ©lo, en course Ă pied ou en trail. Et beaucoup constituent simplement le rĂ©seau de proximitĂ© sur lequel les habitants viennent sâentraĂźner.
Au QuĂ©bec, le Sentier Transcanadien passe notamment par des infrastructures aussi connues que le Pâtit Train du Nord, dans les Laurentides, ou certaines portions de la Route verte.
Pour un coureur, la question devient donc beaucoup plus concrĂšte.
Un sentier qui se dĂ©grade peut progressivement nĂ©cessiter davantage de travaux, perdre certaines connexions ou devenir plus difficile Ă maintenir ouvert et sĂ©curitaire. Ă terme, ce sont aussi les usages sportifs qui peuvent ĂȘtre affectĂ©s.
Le scénario étudié évoque 78 millions de visites perdues chaque année
Les 11 000 kilomĂštres constituent seulement une partie du problĂšme dĂ©crit par lâĂ©tude.
Les auteurs estiment que le scĂ©nario dâaffaiblissement du rĂ©seau pourrait entraĂźner Ă terme 78 millions de visites annuelles en moins.
Les conséquences économiques seraient également importantes : environ 2 milliards de dollars canadiens de dépenses touristiques annuelles pourraient disparaßtre.
LâĂ©tude estime Ă©galement quâenviron 1 000 emplois, principalement situĂ©s dans de petites communautĂ©s et dans les rĂ©gions rurales, seraient concernĂ©s.
Ă cela sâajouterait un passif dâentretien diffĂ©rĂ© Ă©valuĂ© Ă environ 630 millions de dollars.
Autrement dit, repousser lâentretien aujourdâhui peut rendre la facture beaucoup plus lourde demain.
Un dollar dépensé maintenant pourrait en économiser cinq plus tard
Câest probablement lâun des enseignements les plus intĂ©ressants du rapport.
Selon lâĂ©tude CPCS, chaque dollar consacrĂ© Ă lâentretien prĂ©ventif peut permettre d’Ă©conomiser cinq dollars ou davantage en futurs travaux de rĂ©habilitation.
Sentier Transcanadien avance Ă©galement quâun dollar quâil injecte dans un projet gĂ©nĂšre gĂ©nĂ©ralement trois Ă cinq dollars supplĂ©mentaires dâinvestissements locaux.
Le sujet devient donc autant Ă©conomique quâenvironnemental.
Entretenir un sentier rĂ©guliĂšrement coĂ»te relativement peu comparĂ© Ă la reconstruction dâun tronçon devenu impraticable aprĂšs plusieurs annĂ©es de dĂ©gradation.
29 millions de Canadiens utilisent déjà ce réseau
Lâampleur du Sentier Transcanadien explique pourquoi cette Ă©tude dĂ©passe largement le cercle des passionnĂ©s de randonnĂ©e.
Le réseau traverse toutes les provinces et tous les territoires et rejoint les trois cÎtes canadiennes.
Selon Sentier Transcanadien, 29 millions de personnes ont frĂ©quentĂ© le rĂ©seau lâan dernier.
Son fonctionnement repose surtout sur une particularitĂ© essentielle : Sentier Transcanadien ne possĂšde pas lâensemble de ces chemins.
Des milliers de partenaires locaux entretiennent leurs propres portions. Lâorganisation nationale apporte notamment du financement, des ressources, de lâexpertise et une coordination Ă lâĂ©chelle du pays.
Câest prĂ©cisĂ©ment cet Ă©quilibre que lâĂ©tude cherche Ă valoriser.
Sentier Transcanadien demande maintenant Ă Ottawa de maintenir son financement
DerriÚre la publication de cette étude se trouve donc une demande trÚs concrÚte.
Sentier Transcanadien souhaite obtenir du gouvernement fĂ©dĂ©ral un financement durable Ă long terme pour lâentretien et les infrastructures du rĂ©seau.
Lâorganisation reçoit actuellement des fonds fĂ©dĂ©raux par lâintermĂ©diaire de Parcs Canada, auxquels sâajoutent des financements provinciaux et municipaux ainsi que des dons.
Son directeur gĂ©nĂ©ral, Mathieu Roy, prĂ©sente le rĂ©seau comme une vĂ©ritable infrastructure sociale canadienne, au mĂȘme titre que dâautres Ă©quipements permettant de relier les territoires et de soutenir l’activitĂ© Ă©conomique.
LâĂ©tude arrive donc aussi au moment oĂč lâorganisation veut convaincre Ottawa que lâentretien de ces chemins reprĂ©sente un investissement plutĂŽt quâune dĂ©pense secondaire.
Au Québec, le sujet dépasse largement la randonnée
Pour les traileurs quĂ©bĂ©cois, le chiffre de 11 000 kilomĂštres mĂ©rite surtout dâĂȘtre lu comme un avertissement.
Un rĂ©seau de sentiers existe parce que quelquâun dĂ©broussaille, rĂ©pare une passerelle, consolide une portion Ă©rodĂ©e, remplace une signalisation ou nĂ©gocie un droit de passage.
Une grande partie de ce travail reste invisible lorsque tout fonctionne.
Câest prĂ©cisĂ©ment pour cette raison que beaucoup de coureurs ont lâimpression que leurs chemins seront toujours lĂ .
Le nouveau rapport du Sentier Transcanadien rappelle une rĂ©alitĂ© beaucoup plus simple : un sentier que lâon entretient reste un terrain de jeu. Un sentier que lâon cesse dâentretenir finit par disparaĂźtre du parcours.
Et Ă lâĂ©chelle du Canada, lâĂ©tude chiffre dĂ©sormais ce risque : prĂšs de 11 000 kilomĂštres dâici 2045.
Source
- Ă©tude « Le coĂ»t de lâinaction », rĂ©alisĂ©e par CPCS pour Sentier Transcanadien et prĂ©sentĂ©e publiquement le 1er octobre 2026.
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