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🎧 Ruth Croft, Beñat Marmissolle et Tom Evans sont annoncés au départ de la Diagonale des Fous 2026, le 15 octobre à La Réunion, après avoir manqué l’UTMB fin août à Chamonix.
Leur présence donne une résonance particulière à la prochaine édition du Grand Raid, car l’UTMB 2026 a été marqué à la fois par une succession inhabituelle de forfaits parmi les grandes têtes d’affiche et par l’annonce, une semaine avant la course, du doublement des contrôles antidopage.
Parmi les noms les plus commentés figure notamment Ruth Croft, tenante du titre à Chamonix, désormais attendue pour sa première Diagonale des Fous. Beñat Marmissolle, vainqueur à La Réunion en 2022, doit également retrouver la compétition, tandis que Tom Evans, champion de l’UTMB 2025, complète un plateau qui rassemble plusieurs des grands noms absents de Chamonix.
Cette chronologie suffit à relancer les discussions, tout en imposant une distinction essentielle : les informations publiques disponibles permettent de documenter les dates des forfaits, le renforcement annoncé du dispositif antidopage de l’UTMB et le retour de plusieurs athlètes à La Réunion, mais elles n’établissent aucun lien de cause à effet entre ces différents événements.
Une semaine avant l’UTMB, l’organisation annonce le doublement des contrôles antidopage
La séquence commence le 20 août, lorsque l’UTMB annonce que le nombre de contrôles antidopage sera doublé en 2026. À quelques jours des premières courses de la semaine de Chamonix, l’organisation présente un dispositif renforcé qui doit concerner davantage d’épreuves et de participants, des élites jusqu’aux amateurs entrant dans le champ des règles antidopage.
L’annonce marque les esprits, tout en laissant une donnée importante dans le flou : l’UTMB ne communique alors ni le nombre de contrôles réalisés en 2025, ni le volume précis programmé en 2026. Le terme « doublé » donne donc une indication sur l’évolution du dispositif sans permettre de connaître exactement le nombre de prélèvements prévus.
Le règlement apporte en revanche davantage de précisions sur le fonctionnement général du programme. Les athlètes relevant du dispositif peuvent être contrôlés pendant une compétition comme en dehors de celle-ci lorsqu’ils sont sélectionnés par l’UTMB ou par une autorité antidopage compétente, tandis qu’un refus de contrôle constitue lui-même une violation des règles antidopage.
C’est dans ce contexte que plusieurs forfaits majeurs vont être annoncés à quelques jours du départ.
Quelques heures après l’annonce, Kilian Jornet déclare forfait
Le premier rapprochement chronologique intervient dès le 20 août. Quelques heures après l’annonce du renforcement des contrôles, Kilian Jornet renonce à l’UTMB en expliquant que son genou gauche continue de le gêner.
La proximité des deux annonces déclenche rapidement des commentaires sur les réseaux sociaux et pousse u-Trail à revenir sur leur chronologie. L’explication avancée par le Catalan reste celle d’un problème physique, et la succession des deux événements constitue uniquement un élément de calendrier. Elle ouvre néanmoins une période durant laquelle les forfaits vont se multiplier parmi les favoris annoncés de la semaine UTMB.
Walmsley, Marmissolle, Croft : les forfaits s’enchaînent
Jim Walmsley renonce à son tour, avant que Beñat Marmissolle quitte lui aussi la liste des engagés. Tove Alexandersson déclare forfait pour l’OCC, puis Ruth Croft annonce, à seulement deux jours du départ de l’UTMB, qu’elle ne défendra finalement pas son titre acquis en 2025.
L’accumulation devient suffisamment spectaculaire pour faire émerger publiquement la question d’un éventuel rapprochement avec le renforcement du programme antidopage. u-Trail reprend alors le règlement et la politique antidopage de l’épreuve afin de distinguer les faits des interprétations.
La chronologie est établie : l’UTMB annonce une augmentation des contrôles, puis plusieurs grandes têtes d’affiche déclarent forfait dans les jours suivants. Les motifs communiqués par les athlètes restent cependant ceux qu’ils ont eux-mêmes rendus publics, et aucun élément disponible ne permet d’associer ces décisions au dispositif antidopage.
Le sujet prend aujourd’hui une nouvelle dimension parce que plusieurs de ces grands absents réapparaissent presque simultanément dans le casting de la Diagonale des Fous.
Ruth Croft sera finalement sur la Diagonale des Fous
Ruth Croft doit ainsi prendre le départ de la Diagonale des Fous le 15 octobre à La Réunion, où elle découvrira l’épreuve pour la première fois. Sa présence constitue l’un des événements sportifs de cette édition, tant son absence à Chamonix avait marqué les derniers jours précédant l’UTMB.
La Néo-Zélandaise rejoint un plateau féminin particulièrement dense autour de Marianne Hogan, Manon Bohard, Claire Bannwarth et Sarah Vieuille, récente gagnante de la TDS. Son retour reste parfaitement compatible avec les explications données lors de son renoncement à Chamonix, mais il replace naturellement son nom au cœur d’une séquence qui avait suscité de nombreux commentaires quelques semaines plus tôt.
Beñat Marmissolle prépare lui aussi son retour à La Réunion
Beñat Marmissolle suit une trajectoire comparable sur le calendrier. Le vainqueur de la Diagonale des Fous 2022 renonce à l’UTMB en raison d’une blessure au pied et se retrouve désormais annoncé parmi les principaux prétendants à la victoire à La Réunion, à condition que son état physique lui permette de prendre le départ.
Environ sept semaines séparent les deux courses, une durée suffisamment importante pour permettre l’évolution d’une blessure et un éventuel retour à la compétition. Sa présence annoncée à La Réunion ajoute néanmoins un autre grand nom à cette liste de coureurs absents à Chamonix qui pourraient finalement terminer leur saison sur la Diagonale.
Tom Evans complète un plateau spectaculaire
Tom Evans apporte encore une autre dimension à cette affiche. Vainqueur de l’UTMB 2025, le Britannique manque lui aussi Chamonix en 2026 après son abandon sur la Hardrock, mais il est désormais annoncé parmi les principales attractions de la Diagonale des Fous.
Son palmarès, construit notamment autour de ses victoires sur la Western States en 2023 et l’UTMB en 2025, en fait immédiatement l’un des hommes les plus observés du plateau. Il retrouvera notamment Jean-Philippe Tschumi, trois fois deuxième de l’épreuve réunionnaise, ainsi que Beñat Marmissolle, déjà vainqueur sur ces sentiers.
La Réunion récupère ainsi plusieurs champions que Chamonix n’a pas vus courir fin août, ce qui explique en partie pourquoi le plateau 2026 de la Diagonale des Fous semble particulièrement spectaculaire.
La chronologie alimente le débat, sans établir de lien avec le dopage
La succession des événements mérite d’être racontée avec précision, car elle associe dans un calendrier très resserré une annonce majeure sur l’antidopage, plusieurs forfaits de stars et le retour de certaines d’entre elles sur une autre grande course internationale.
Les raisons susceptibles d’entraîner un forfait sur un ultra-trail restent nombreuses : blessures, fatigue accumulée, problèmes personnels, récupération insuffisante ou simple décision sportive. Les informations publiques concernant Ruth Croft, Beñat Marmissolle, Tom Evans et les autres athlètes cités ne fournissent aujourd’hui aucun élément permettant de leur attribuer une volonté d’éviter un contrôle.
Le fait journalistique se situe donc ailleurs : le 20 août, l’UTMB annonce le doublement de ses contrôles antidopage ; dans les jours suivants, plusieurs stars renoncent à Chamonix ; quelques semaines plus tard, une partie de ces grands absents figure parmi les principales attractions de la Diagonale des Fous. Cette succession conduit naturellement à comparer les règles appliquées sur les deux événements.
Alors, les contrôles antidopage sont-ils les mêmes sur la Diagonale des Fous ?
La comparaison des textes publics révèle deux approches sensiblement différentes. L’UTMB a développé ces dernières années un programme antidopage très structuré, intégré au fonctionnement de son circuit international, tandis que le règlement du Grand Raid prévoit également des contrôles et des sanctions mais les présente de manière beaucoup plus succincte.
La différence porte avant tout sur le niveau de formalisation affiché par les organisateurs. À Chamonix, le règlement détaille les obligations auxquelles les athlètes peuvent être soumis avant, pendant et après une compétition ; à La Réunion, le texte public se concentre principalement sur les sanctions applicables en cas de refus ou de contrôle positif.
À l’UTMB, les contrôles peuvent aussi avoir lieu en dehors de la course
Le règlement 2026 de l’UTMB inscrit les participants dans un cadre qui dépasse largement le seul contrôle réalisé après une arrivée. Lors de son inscription, chaque athlète accepte le règlement antidopage de l’UTMB World Series, le Code mondial antidopage ainsi que les standards de l’Agence mondiale antidopage.
Le dispositif prévoit qu’un sportif sélectionné peut être contrôlé pendant une compétition comme hors compétition. Les athlètes concernés peuvent également avoir à transmettre des informations de localisation actualisées et doivent se rendre disponibles lorsqu’un test est organisé.
Le règlement prévoit par ailleurs le prélèvement, l’analyse et la conservation d’échantillons d’urine, de sang ou d’autres prélèvements utilisés dans le cadre de la lutte antidopage. La gestion de ce programme a été confiée à l’International Testing Agency, l’ITA, organisme indépendant spécialisé dans ce domaine, ce qui permet notamment des contrôles sans préavis dans le cadre de la juridiction antidopage du circuit.
Les podiums de l’UTMB sont annoncés comme systématiquement contrôlés
L’UTMB communique également sur une partie de sa stratégie de contrôle. Depuis 2023, les tests sont confiés à l’ITA et les athlètes montant sur les podiums sont annoncés comme systématiquement contrôlés, auxquels viennent s’ajouter des contrôles aléatoires réalisés sur les différentes épreuves du circuit UTMB World Series.
L’organisation a également développé avec l’ITA un règlement conforme au Code mondial antidopage, qui encadre les responsabilités des sportifs, les procédures de contrôle, les sanctions, les substances interdites ou encore les autorisations d’usage à des fins thérapeutiques. Le refus de se soumettre à un prélèvement constitue lui aussi une violation des règles antidopage.
L’ensemble forme donc un dispositif très développé sur le papier, combinant contrôles en compétition et hors compétition, tests sans préavis, éventuelles obligations de localisation, prélèvements sanguins ou urinaires, contrôles systématiques des podiums et sélection aléatoire d’autres participants.
Sur la Diagonale des Fous, le règlement public va beaucoup moins loin dans le détail
Le Grand Raid aborde l’antidopage d’une manière différente. Dans le règlement officiel publié par l’organisation réunionnaise, le sujet apparaît principalement dans le tableau consacré aux sanctions, avec deux dispositions particulièrement claires.
L’article 17.12 prévoit qu’un refus de contrôle antidopage ou l’usage de produits stupéfiants entraîne une disqualification immédiate. L’article 17.13 prévoit, en cas de contrôle positif, une disqualification de l’épreuve, une interdiction de participer aux courses du Grand Raid pendant trois ans ainsi qu’une sanction relevant de l’AFLD.
Le règlement public du Grand Raid se concentre ainsi sur les conséquences d’une infraction plutôt que sur la description détaillée d’un programme de surveillance propre à l’organisation.
Le texte public ne présente pas de contrôle systématique des podiums, de campagne spécifique de tests aléatoires ou de programme autonome de localisation comparable à celui décrit par l’UTMB. Il ne détaille pas non plus, dans cette partie du règlement, les différents types de prélèvements susceptibles d’être utilisés.
Cette différence concerne la manière dont chaque organisation formalise et présente publiquement sa politique antidopage.
La Diagonale reste pleinement soumise au système antidopage français
Le cadre de la Diagonale dépasse toutefois le seul règlement publié par le Grand Raid. La course se déroule sur le territoire français et son règlement mentionne explicitement l’AFLD, l’Agence française de lutte contre le dopage, dans les procédures susceptibles de suivre un contrôle positif.
Il faut donc distinguer le programme propre affiché par chaque organisateur du cadre antidopage national auquel les sportifs restent soumis. Sur le premier aspect, l’UTMB décrit publiquement un dispositif beaucoup plus développé, notamment grâce à son partenariat avec l’ITA, aux contrôles des podiums et à la possibilité de tests en dehors des compétitions. Sur le second, la Diagonale des Fous évolue bien dans le cadre français de lutte contre le dopage et les pouvoirs qui l’accompagnent.
La longueur du règlement constitue donc une différence de formalisation, pas une mesure directe du nombre de contrôles réellement pratiqués sur une course.
La différence se situe surtout dans le niveau de surveillance affiché
Les documents publics permettent néanmoins d’établir une distinction claire entre les deux modèles. L’UTMB présente aujourd’hui l’antidopage comme un programme structuré intégré à son circuit international, avec la possibilité de suivre certains athlètes au-delà du seul week-end de compétition.
La Diagonale des Fous adopte dans son règlement une présentation plus classique, principalement centrée sur les obligations du participant lorsqu’un contrôle intervient et sur les conséquences d’un résultat positif ou d’un refus.
Cette différence documentaire constitue un élément objectif du débat : l’UTMB affiche publiquement un système propre beaucoup plus développé et détaillé, tandis que le Grand Raid s’inscrit davantage dans le cadre antidopage français sans exposer dans son règlement de course un programme comparable à celui construit entre l’UTMB et l’ITA.
Cette différence redonne du relief aux forfaits de Chamonix
La comparaison prend forcément une dimension particulière lorsqu’elle est replacée dans la chronologie de l’été 2026. Une semaine avant l’UTMB, l’organisation communique sur le renforcement de son programme antidopage ; plusieurs grandes têtes d’affiche déclarent ensuite forfait ; puis certaines d’entre elles réapparaissent quelques semaines plus tard parmi les vedettes de la Diagonale des Fous.
Les faits permettent donc de constater à la fois cette succession d’événements et une différence importante entre les dispositifs publiquement affichés par les deux courses. À Chamonix, le système UTMB-ITA prévoit explicitement des contrôles en compétition et hors compétition, des tests sans préavis, différents types de prélèvements et le contrôle systématique des podiums. À La Réunion, le règlement du Grand Raid expose surtout les sanctions liées au refus d’un contrôle ou à un résultat positif, tout en plaçant les participants dans le cadre de compétence de l’AFLD.
C’est cette différence que les documents permettent aujourd’hui d’établir. L’hypothèse selon laquelle un athlète choisirait une compétition plutôt qu’une autre en fonction de leurs dispositifs antidopage reste, elle, extérieure aux éléments disponibles.
Comparatif politique anti-dopage UTMB vs Diagonale des Fous
tableau récapitualtif
| UTMB Mont-Blanc 2026 | Diagonale des Fous 2026 | |
|---|---|---|
| Règlement antidopage spécifique | Oui, règlement UTMB World Series conforme au Code mondial antidopage | Le règlement de la course contient essentiellement deux dispositions sur refus/positivité |
| Organisme de contrôle mis en avant | ITA – International Testing Agency, indépendante de l’UTMB | AFLD mentionnée pour les sanctions |
| Contrôle pendant la course | Oui | Oui possible |
| Contrôle hors compétition | Explicitement prévu | Pas explicitement prévu par le règlement du Grand Raid, mais possible dans le cadre légal de l’AFLD |
| Localisation / disponibilité du sportif | Explicitement prévue dans le règlement UTMB | Rien d’équivalent dans le règlement du Grand Raid |
| Sang | Oui, explicitement | Pas précisé dans le règlement de course |
| Urine | Oui, explicitement | Pas précisé dans le règlement de course |
| Podiums | Contrôles systématiques annoncés par UTMB | Pas de règle publique trouvée imposant le contrôle systématique des podiums |
| Contrôles aléatoires | Oui, annoncés sur le circuit | Possibles, mais aucune stratégie détaillée publiée dans le règlement |
| Refus du contrôle | Traité comme une violation antidopage | Disqualification immédiate |
| Contrôle positif | Sanctions selon les règles UTMB/WADA | Disqualification + interdiction Grand Raid 3 ans + sanction AFLD |
Infographie
La Diagonale des Fous va relancer le débat né pendant l’UTMB
La présence de plusieurs grandes stars absentes à Chamonix devrait donc naturellement ramener le sujet dans les discussions lorsque la Diagonale des Fous s’élancera en octobre. Le débat dépasse d’ailleurs la seule question des forfaits, puisque le développement du trail professionnel pose désormais celle de la fréquence, du moment et du périmètre des contrôles.
u-Trail a notamment soulevé pendant l’UTMB la situation particulière des coureurs qui abandonnent avant l’arrivée et échappent de fait au dispositif réservé aux finishers contrôlés après leur course, ce qui ouvre plus largement la réflexion sur la possibilité de tester des athlètes à différents moments de l’épreuve.
De son côté, l’UTMB revendique une montée en puissance progressive de sa politique antidopage et confie depuis 2023 son programme à l’International Testing Agency. Cette évolution accompagne celle du trail de haut niveau, désormais marqué par davantage de professionnalisation, d’enjeux financiers et d’exposition médiatique.
La Diagonale des Fous 2026 va donc réunir bien plus qu’un plateau sportif spectaculaire. Avec Ruth Croft, Beñat Marmissolle et Tom Evans parmi ses principales têtes d’affiche après leur absence à Chamonix, elle remet aussi au premier plan l’une des questions qui ont accompagné l’UTMB cet été : jusqu’où le trail professionnel doit-il renforcer et harmoniser ses contrôles antidopage entre les plus grandes courses internationales ?
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