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🎧 Pendant des années, terminer l’une des grandes courses de l’UTMB Mont-Blanc ne signifiait pas seulement franchir une ligne d’arrivée à Chamonix. Il y avait aussi ce moment très attendu : celui où le coureur recevait sa veste de finisher.
En 2026, ce symbole est en train de disparaître au profit d’un polo et d’une médaille en bois. Un changement qui peut sembler anecdotique, mais qui touche à une véritable tradition de l’événement.
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La veste finisher faisait partie de l’identité de l’UTMB
La veste n’était pas un simple cadeau glissé dans un sac coureur.
Au fil des années, elle est devenue l’un des objets associés à l’expérience UTMB. Les finishers la portaient dans Chamonix dès le lendemain de leur course, parfois pendant des années ensuite. Elle matérialisait immédiatement l’accomplissement sportif.
Cette importance n’est d’ailleurs pas une reconstruction nostalgique. Le site officiel de l’UTMB utilise encore actuellement l’expression de « fameuse veste finisher » dans sa présentation des missions proposées aux bénévoles chargés de remettre les lots après l’arrivée.
Et il y a seulement un an, en 2025, HOKA avait encore poussé très loin cette logique. Une « finisher zone » avait été créée à Chamonix et les coureurs pouvaient notamment faire inscrire leur nom et leur chrono sur leur veste.
Autrement dit, la veste était encore totalement intégrée à l’expérience proposée autour de l’événement.
Pas de médaille parce qu’il y avait justement la veste
C’est aussi ce qui rend le changement de 2026 particulièrement étonnant.
Pendant longtemps, certains participants à l’UTMB ou à la TDS auraient aimé recevoir une médaille, comme cela se pratique sur la majorité des grandes courses à pied. La logique défendue autour de ces épreuves était différente : le souvenir du finisher, c’était justement la veste.
Cette tradition est ancienne. Des récits de coureurs évoquent déjà la veste finisher de la TDS au milieu des années 2010, tandis qu’un témoignage illustré de l’UTMB 2017 montre explicitement ce cadeau de finisher.
La veste constituait donc une singularité. L’UTMB n’avait pas besoin de copier le marathon et sa traditionnelle médaille : il avait créé son propre marqueur.
Et c’est justement ce marqueur qui disparaît.
En 2026, place au polo et à la médaille en bois
Les premières arrivées de cette semaine UTMB 2026 ont permis de découvrir le nouveau dispositif.
Sur plusieurs courses, les finishers reçoivent désormais une médaille en bois portant le nom de leur épreuve. Le textile de finisher prend, lui, la forme d’un polo.
Sur le principe, rien de scandaleux. Certains coureurs l’ont immédiatement porté dans Chamonix et semblent parfaitement satisfaits de ce nouveau souvenir. Un polo peut aussi être plus facile à utiliser au quotidien qu’une énième veste technique.
Mais le changement est brutal parce que l’organisation abandonne un objet devenu emblématique pour un vêtement beaucoup plus classique.
Et les premiers retours recueillis auprès des participants ne sont pas unanimement enthousiastes. Plusieurs coureurs auraient notamment exprimé leur déception au moment de récupérer leur lot de finisher.
L’UTMB justifie longuement le choix de son nouveau polo
Le changement ne se limite pas au remplacement de la veste. Avec le polo finisher, l’UTMB remet également aux coureurs une fiche intitulée « Ce polo a couru avant vous », qui retrace toute la fabrication du vêtement, de la graine de coton jusqu’à son arrivée à Chamonix.
L’organisation insiste notamment sur l’utilisation d’un coton biologique issu de semences non OGM, cultivé sans pesticides ni engrais de synthèse, sur la certification GOTS des fibres et sur les conditions de confection du vêtement.
La démarche environnementale peut évidemment s’entendre. Mais elle ne suffit pas à expliquer la disparition de la veste. L’UTMB aurait très bien pu conserver ce symbole historique tout en proposant une veste conçue avec des matériaux plus responsables ou selon un cahier des charges environnemental renforcé.
Autrement dit, le choix d’un textile plus écologique et le remplacement de la veste par un polo sont deux décisions différentes. La fiche remise aux finishers explique très précisément la première. Elle ne dit pas vraiment pourquoi il fallait prendre la seconde.
C’est là que le changement peut laisser certains coureurs perplexes. L’UTMB explique en détail pourquoi son polo se veut plus responsable, mais beaucoup auraient probablement préféré comprendre pourquoi un symbole historique de l’épreuve a tout simplement disparu.
Est-ce aussi une question d’économies ?
La question financière viendra forcément à l’esprit de certains participants.
Une veste technique et un polo en coton ne représentent a priori ni le même produit ni la même valeur perçue. Mais sans connaître les coûts de fabrication, les volumes commandés et les accords commerciaux passés entre l’UTMB et ses partenaires, impossible d’affirmer que cette évolution a été décidée pour économiser de l’argent.
Il serait également hasardeux d’affirmer que HOKA finançait directement les anciennes vestes selon un mécanisme précis : les détails du contrat commercial ne sont pas publics.
En revanche, on peut constater une chose : en 2025, le partenaire titre mettait très fortement en scène la veste finisher. En 2026, l’objet emblématique n’est plus le même.
La question économique est donc légitime. La réponse, elle, demanderait davantage de transparence sur le coût réel de ces dotations.
Le problème n’est finalement pas le polo
Pris isolément, ce polo n’a rien de catastrophique.
Il est même probable que beaucoup de finishers soient heureux de le porter. Et recevoir parallèlement une médaille permet à l’UTMB de rejoindre une tradition extrêmement répandue dans le running et le trail.
Le problème est ailleurs.
En remplaçant sa veste, l’UTMB abandonne quelque chose qui permettait justement à l’événement de ne pas ressembler aux autres courses.
Une médaille, presque toutes les courses en proposent. Un polo finisher, beaucoup d’épreuves en distribuent également.
La veste UTMB avait une autre dimension. Elle racontait immédiatement Chamonix, les nuits dehors, les cols franchis et cette obsession parfois un peu irrationnelle de parvenir jusqu’à l’arche.
C’était précisément parce qu’elle était devenue un objet convoité qu’elle avait de la valeur.
Au mercredi 26 août, l’épreuve reine n’a évidemment pas encore eu lieu : l’UTMB 2026 partira vendredi 28 août à 17 h 45.
Il faudra donc attendre ses premières arrivées pour savoir si le dispositif observé durant la semaine s’applique exactement de la même manière aux finishers du 100 miles.
Mais une chose est déjà certaine : l’UTMB Mont-Blanc 2026 marque une rupture avec la culture de la veste finisher qui accompagnait l’événement depuis de nombreuses années.
Un simple changement de textile sur le papier.
Pour les habitués de Chamonix, beaucoup plus que cela.
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