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🎧 À quelques semaines de la TDS, je tenais à reconnaître la portion située entre Bourg-Saint-Maurice et Beaufort.
Un passage m’inquiétait particulièrement : le Passeur de Pralognan. Cette journée sur le parcours m’a permis de mieux comprendre ce qui m’attend, mais aussi de confirmer l’intérêt psychologique d’une reconnaissance avant un ultra.
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Le Passeur de Pralognan, le passage que je voulais absolument reconnaître
Si l’UTMB attire tous les projecteurs, la TDS reste un monstre à part. Avec 30 kilomètres de moins au compteur, mais un dénivelé presque équivalent, le tracé s’annonce beaucoup plus sauvage et infiniment plus technique.
Au total : 150 kilomètres, 9 500 mètres de dénivelé positif, un départ à Courmayeur, en Italie, et une arrivée à Chamonix. Entre les deux nuits à passer dehors et les énormes morceaux de dénivelé à avaler, la gestion de l’effort sera décisive.
Je tenais à effectuer la reconnaissance de la portion du milieu, entre Bourg-Saint-Maurice et Beaufort, car un point de passage me faisait un peu peur et imposera une vigilance toute particulière le jour de la course : le Passeur de Pralognan.
Gardant en mémoire le drame survenu sur cette section il y a quelques années, lorsqu’un coureur y est décédé, je tenais absolument à appréhender ce passage de mes propres yeux pour ne pas me faire surprendre le jour J.
L’enchaînement est effectivement brutal. Le Passeur de Pralognan, c’est d’abord une ascension de plus de 1 500 mètres de dénivelé positif, suivie d’une descente très raide et engagée, sécurisée par endroits avec des mains courantes. On ne peut pas se permettre de trébucher.
Revenir de cette journée m’a rassurée, tant le parcours est somptueux, mais m’a aussi rappelée à la réalité : la fin du mois va être un sacré chantier.
Mon conseil : reconnaître les passages qui vous inquiètent
Faire la reconnaissance d’une portion du parcours ne sert pas seulement à accumuler du dénivelé. Le principal bénéfice est aussi psychologique.
Parcourir ne serait-ce qu’une partie du tracé, ou encore mieux l’intégralité du parcours, permet de transformer l’appréhension du jour J en repères concrets. Cela aide à visualiser la gestion des difficultés, à apprivoiser la pente ou la technicité d’une portion et, finalement, à réduire la charge mentale.
On sait que, sur un ultra, le mental joue énormément dans la réussite. Savoir ce qui nous attend offre un peu de sérénité, aussi bien aux élites qu’à nous, coureurs lambda.
Une reconnaissance en très belle compagnie
Tout avait pourtant commencé comme une sortie d’entraînement classique : j’étais appliquée, essoufflée, transpirante et le nez dans le dénivelé.
Puis je me suis fait doubler, de manière presque insolente, par un groupe de quatre coureurs évoluant à une allure vertigineuse. Tous portaient la même panoplie Salomon et semblaient affûtés de la tête aux pieds.
Pas de doute : pour se permettre un tel rythme dans une montée aussi costaude, il s’agissait forcément d’élites, de gars avec un gros index UTMB.
Un peu plus loin, à la faveur d’une courte pause de leur côté, le doute s’est envolé lorsque j’ai notamment reconnu Louison Coiffet.
Dans la foulée, une athlète du team international Salomon m’a dépassée. J’ai pu échanger avec elle quelques mots très sympathiques. Elle m’a confirmé qu’elle reconnaissait la deuxième portion de la TDS avec quatre autres athlètes Salomon.
Assurément, la saison des reconnaissances est bel et bien lancée pour les élites.
Début août, Chamonix devient le rendez-vous des élites
Si vous cherchez où se trouve une grande partie des élites mondiales du trail en ce début du mois d’août, ne cherchez plus : c’est du côté de Chamonix et des sentiers du Pays du Mont-Blanc que cela se passe.
À quelques semaines du grand rassemblement UTMB de la fin du mois, les sentiers de la vallée se transforment en véritable ruche. Ils réunissent des passionnés anonymes, les teams des grandes marques et les stars de la discipline.
Ma sortie trail consacrée à la reconnaissance d’un tronçon de la TDS, l’une des courses de la semaine UTMB, m’en a apporté la confirmation directe. En ce moment, chaque virage sur les sentiers peut réserver une rencontre inattendue.
Que ce soit sur les traces de la TDS ou sur le grand tour du Mont-Blanc, le constat est le même année après année : le début du mois d’août constitue la période idéale pour partager les sentiers avec les meilleurs athlètes de la planète.
L’an dernier déjà, j’y avais croisé Ludovic Pommeret en pleine préparation. Il suffit également de jeter un œil aux réseaux sociaux ces derniers jours pour constater que tout le gratin y accumule les kilomètres.
Rachel Entrekin, Marianne Hogan, Théo Detienne ou encore François d’Haene : hors semaine UTMB, cette période est probablement celle qui concentre le plus d’élites au mètre carré sur les sentiers savoyards.
L’appréhension a laissé place à l’impatience
Partager quelques mètres de sentier avec des athlètes de renom m’a rappelé à quel point notre discipline est unique.
Ici, il n’existe ni barrières ni coulisses fermées. Nous arpentons tous les mêmes pierres et affrontons les mêmes pentes.
Cette immersion au milieu des élites et la beauté sauvage de cette reconnaissance m’ont boostée pour la suite. La TDS s’annonce rude, technique et exigeante, mais après avoir apprivoisé ces passages clés, l’impatience a définitivement pris le dessus sur l’appréhension.
Photos de ma reco
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