🎧 Des douleurs digestives qui peuvent ruiner une prĂ©paration… et une course
On parle souvent des blessures, de la chaleur, de la dĂ©shydratation ou encore des problèmes musculaires qui compliquent la pratique du trail et de la course Ă pied. Pourtant, un autre ennemi agit souvent dans l’ombre : le syndrome de l’intestin irritable (SII).
Longtemps considĂ©rĂ© comme un simple inconfort digestif, ce trouble chronique touche pourtant des millions de personnes et peut avoir des consĂ©quences importantes sur les sports d’endurance. Une Ă©tude rĂ©alisĂ©e en 2026 montre d’ailleurs que plus d’un patient sur deux estime que cette maladie affecte fortement son activitĂ© physique.
Courir avec un intestin imprévisible, un défi permanent
Le syndrome de l’intestin irritable se caractĂ©rise par des douleurs abdominales, des ballonnements, des Ă©pisodes de diarrhĂ©e, de constipation ou une alternance des deux. Son principal problème est son imprĂ©visibilitĂ©.
Pour un traileur ou un marathonien, cela signifie parfois devoir interrompre un entraĂ®nement, modifier un parcours pour rester proche de toilettes, ou encore renoncer Ă participer Ă une compĂ©tition par peur d’une crise digestive.
L’Ă©tude rĂ©vèle que les patients souffrent en moyenne de 4,5 symptĂ´mes diffĂ©rents, souvent impossibles Ă anticiper. Cette incertitude devient particulièrement problĂ©matique lors des sorties longues, des ultra-trails ou des marathons, oĂą les possibilitĂ©s de s’arrĂŞter sont limitĂ©es.
Plus d’un sportif concernĂ© sur deux voit sa pratique perturbĂ©e
Le rĂ©sultat le plus marquant pour les sportifs concerne l’impact direct sur l’activitĂ© physique.
Selon cette enquĂŞte menĂ©e auprès de 501 Français atteints du syndrome de l’intestin irritable, 51 % dĂ©clarent que la maladie a un impact important sur leur pratique sportive.
Ce chiffre place l’activitĂ© physique parmi les domaines de la vie les plus affectĂ©s, au mĂŞme niveau que le sommeil ou la vie professionnelle.
Pour les adeptes des sports d’endurance, cela peut se traduire par une baisse des volumes d’entraĂ®nement, des abandons, des contre-performances ou encore une perte de confiance avant une course importante.
Le stress des compétitions peut aggraver les symptômes
Le trail est un sport oĂą la dimension mentale est essentielle.
Or le stress apparaĂ®t comme le facteur dĂ©clenchant le plus frĂ©quemment citĂ© par les personnes atteintes du syndrome de l’intestin irritable : deux tiers des patients l’identifient comme un Ă©lĂ©ment aggravant.
Cette donnée intéresse directement les coureurs. Avant un marathon, un ultra-trail ou une course importante, le stress augmente naturellement. Chez certaines personnes, cette montée de tension suffit à déclencher des troubles digestifs avant même le départ.
C’est une situation bien connue de nombreux sportifs qui parlent de « ventre noué » ou de passages rĂ©pĂ©tĂ©s aux toilettes avant le coup de pistolet.
Une maladie invisible qui touche aussi le moral
Les difficultĂ©s ne s’arrĂŞtent pas Ă la digestion.
Près de deux patients sur trois affirment que leur syndrome de l’intestin irritable affecte leur santĂ© mentale. L’estime de soi, la vie sociale et mĂŞme la vie familiale sont Ă©galement fortement impactĂ©es.
Pour un traileur passionné, devoir renoncer à une sortie de groupe, à un stage ou à une compétition peut rapidement devenir source de frustration.
Ă€ cela s’ajoute parfois la difficultĂ© Ă expliquer cette maladie invisible Ă l’entourage, qui peut minimiser les symptĂ´mes.
Les sports d’endurance obligent Ă mieux connaĂ®tre son système digestif
Depuis quelques annĂ©es, les spĂ©cialistes de la course Ă pied parlent beaucoup du « gut training », c’est-Ă -dire l’entraĂ®nement du système digestif pendant l’effort.
L’objectif consiste Ă habituer progressivement l’intestin Ă absorber gels, boissons Ă©nergĂ©tiques et aliments tout en courant.
Chez les personnes souffrant du syndrome de l’intestin irritable, cette stratĂ©gie demande souvent davantage de prĂ©cautions. Les tolĂ©rances alimentaires varient Ă©normĂ©ment d’un individu Ă l’autre, et chaque protocole nutritionnel doit ĂŞtre personnalisĂ© avec les professionnels de santĂ©.
Cela rappelle qu’en trail, la performance ne dĂ©pend pas uniquement des jambes ou du cardio : un système digestif capable de supporter plusieurs heures d’effort est lui aussi un Ă©lĂ©ment dĂ©terminant.
En rĂ©sumĂ©, le syndrome de l’intestin irritable est une pathologie encore sous-estimĂ©e dans le monde du trail
Le syndrome de l’intestin irritable reste souvent absent des discussions sur la prĂ©paration physique.
Pourtant, lorsqu’une personne sur deux concernĂ©e affirme que la maladie perturbe directement son activitĂ© physique, il devient difficile de considĂ©rer ce trouble comme un simple dĂ©sagrĂ©ment digestif.
Ă€ mesure que les connaissances progressent sur le microbiote, la nutrition sportive et le fonctionnement de l’intestin pendant l’effort, cette pathologie pourrait prendre une place plus importante dans la prise en charge des coureurs.
Car réussir un trail ou un marathon ne consiste pas seulement à entraîner ses muscles : il faut aussi que son système digestif soit capable de suivre pendant plusieurs heures.
Source
- Selon une Ă©tude OpinionWay rĂ©alisĂ©e pour Symbiosys (Biocodex) auprès de 501 Français atteints du syndrome de l’intestin irritable, publiĂ©e en avril 2026, plus d’un patient sur deux (51 %) estime que cette maladie a un impact important sur son activitĂ© physique.
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