Canicule et déshydratation sur le Pacific Crest Trail
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Hier soir tard, Aurélien Sanchez avait finalement rattrapé son retard sur le record en effectuant une énorme journée de 114 kilomètres.
Mais aujourd’hui, le désert californien lui rappelle à quel point il peut être impitoyable. La chaleur extrême, une déshydratation sévère et un corps poussé dans ses derniers retranchements nous donnent l’impression que cette tentative de FKT est devenue purement survivaliste. Entre défaillance physique et logistique de crise, le Français continue à connaître des hauts et des bas.
Un habitué de la souffrance face au mur de 2016
Pour comprendre l’intensité de ce qui se passe, il faut rappeler qu’Aurélien Sanchez n’est pas un coureur ordinaire. Il est devenu en 2023 le premier Français finisher de la Barkley, une course réputée pour sa difficulté à la fois physique et mentale. Son objectif actuel sur le Pacific Crest Trail (PCT) est tout aussi titanesque, il cherche à battre le record en mode assisté du Belge Karel Sabbe, qui avait traversé les 4 265 kilomètres et 150 000 mètres de dénivelé positif entre le Mexique et le Canada en 46 jours, 12 heures et 50 minutes. Un exploit d’un niveau tellement élevé qu’il ne pardonnera aucun coup de mou à notre champion.
Une journée en enfer – Déshydratation et vertiges
Le résumé de cette 11 ème journée, partagé par sa compagne Lucile, montre la difficulté du jour. Hier, Aurélien avait tenté un coup de poker en prolongeant son effort bien plus tard que d’habitude avec une journée de 114 kilomètres, revenant ainsi au même niveau que Karel Sabbe. Cette stratégie était quitte ou double pour Aurélien. Soit il arrivait à relancer la machine, soit l’organisme risquait de le payer très cher. Et finalement, on a l’impression que c’est plutôt la seconde option qui a pris le dessus.
En pleine canicule, Aurélien s’est retrouvé totalement déshydraté et à court d’eau sur un sentier. Sa compagne avoue alors qu’il est « complètement sec », et qu’il a même des vertiges. Le Français a donc dû ralentir sa progression pour marcher, accompagné de Lucile, jusqu’à la voiture d’assistance où est basé le camp pour le prendre en charge. Le coureur doit aussi composer avec la faune hostile du désert, et a croisé un nouveau serpent à sonnette en journée. Il passe également du temps à éviter les souris qui sont nombreuses sur les sentiers la nuit.
Les chiffres du Pacific Crest Trail en direct
Le point du Jour 11 – 1009 km parcourus sur 4265
Le compteur est toujours du mauvais côté
Pour l’instant, le coup de poker des 114 kilomètres d’hier n’a pas vraiment payé. L’immense fatigue accumulée et le manque d’eau rendent la course difficile mais Aurélien reste au coude à coude avec le chrono de référence.
Pour cette onzième journée :
Distance du jour : 80,1 kilomètres
Dénivelé positif du jour : 2246 mètres de D+
Aurélien a ce soir un léger retard de 1 kilomètre, soit 5 heures, sur les temps de passage de Karel Sabbe.
En résumé, après onze jours de course, et 23,7% du chemin effectué, la suite de cette traversée s’annonce extrêmement complexe et incertaine.
Courir après le temps de Karel Sabbe est difficile mais le faire avec un organisme diminué par la déshydratation et la chaleur l’est encore plus. Cependant, dans ce genre d’aventure XXL, rien n’est jamais définitivement joué avant la frontière canadienne qui est encore loin.
Si le record s’éloigne temporairement et que les prochains jours s’annoncent comme un chemin de croix, Aurélien s’accroche et la priorité va être de se retaper avant de pouvoir, éventuellement, repasser dans le vert.
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Auteur : Marta, serre-file







