Vous aimez notre contenu ?
sources préférées Google
đ§ Quand la surexploitation du Mont Blanc finit par poser problĂšme.
-25% sur les nouveautés sur i-run
liens affiliés sans partenariat avec Salomon
-25% sur ce produit avec le coupon : VPIRUN
Entre les records de vitesse et les premiĂšres mondiales, le plus haut sommet d’Europe a vu dĂ©filer beaucoup de performances ces derniers mois. Mais derriĂšre la course aux chronos et aux records Ă battre, on se pose une question. Le Mont-Blanc n’est-il pas en train de devenir un sommet surexploitĂ©, avec une quĂȘte d’exploits qui ressemble parfois Ă de lâacharnement ? DĂ©sormais traquĂ© par les puces GPS et mis en scĂšne sur les rĂ©seaux sociaux, le massif semble s’ĂȘtre transformĂ© en un terrain de jeu. Cet automne et ce printemps, les records se sont enchaĂźnĂ©s Ă un rythme presque indĂ©cent.
Le printemps de tous les records sur le Mont-Blanc
Au cours des derniĂšres semaines, le massif du Mont-Blanc prend presque des airs de pĂ©riphĂ©rique aux heures de pointe… mais en version ultra performance.
– Pas plus tard que hier, le Franco-Suisse Nicolas Lehmann rĂ©ussissait un dĂ©fi inĂ©dit et monumental, celui dâenchaĂźner quatre ascensions du sommet (4 808 m) en quatre jours consĂ©cutifs, par quatre itinĂ©raires diffĂ©rents.
– Quelques semaines plus tĂŽt, fin avril, ce sont les skieurs-alpinistes MathĂ©o Jacquemoud et Samuel Equy qui ont battu le record de lâaller-retour Ă ski depuis l’Ă©glise de Chamonix jusquâau sommet du Mont-Blanc en 4h41.
– Puis dĂ©but mai, câest Lorna Bonnel qui a battu ce mĂȘme FKT dans la catĂ©gorie fĂ©minine, en 6h52.
Ces exploits sont monumentaux, certes.
Mais Ă force de vouloir le gravir plus vite, plus souvent, et par tous les versants, on trouve que le sommet de l’Europe est surexploitĂ©.
L’Ă©thique contre la vulgarisation des FKT
Au milieu de cette course au record, ou au FKT (Fastest Known Time) et Ă la visibilitĂ© sur les rĂ©seaux, il faut tout de mĂȘme souligner que la performance de Nicolas Lehmann est plutĂŽt Ă©thique. En choisissant le mode « unsupported » (en autonomie totale), sans aucune assistance extĂ©rieure, sans Ă©quipe logistique pour lâaider ou lui tendre un gel Ă©nergĂ©tique Ă 4 000 mĂštres, l’athlĂšte a tenu Ă garder l’esprit de l’alpinisme, celui dâĂȘtre engagĂ© face aux Ă©lĂ©ments et respectueux de la montagne. Cette dĂ©marche est devenue rare Ă lâĂ©poque des projets parfois sur-assistĂ©s, et des coups de communication pensĂ©s pour les rĂ©seaux sociaux.
Lehmann a dĂ» s’adapter, modifier son tracĂ© initial sur la fin parce que la voie italienne Ă©tait trop dangereuse, et câest lĂ toute la nuance. Face au Mont Blanc, et pour le respecter, il faut accepter les rĂšgles de la nature, et non pas vouloir la faire plier face Ă son calendrier de quĂȘte de record.
Le problĂšme de cette mise en scĂšne permanente du Mont-Blanc grimpĂ© en quelques heures, c’est quâelle donne au public une illusion de facilitĂ©.
Vulgariser des performances extrĂȘmes pousse chaque Ă©tĂ© des pseudo-alpinistes en short-baskets Ă s’attaquer Ă lâascension ou Ă tout autre dĂ©fi de ce genre, en sous estimant les risques les plus Ă©lĂ©mentaires. Ces derniĂšres annĂ©es, les accidents sur le massif du Mont Blanc sont dâailleurs de plus en plus nombreux.
Saint-Gervais contre la PrĂ©fecture – le Mont-Blanc au tribunal
Cette surconsommation a dĂ©jĂ transformĂ© par le passĂ© le sommet du Mont-Blanc en un vĂ©ritable casse-tĂȘte politique et juridique, transformant parfois les sentiers enneigĂ©es en une arĂšne administrative.
La Mairie de Saint-Gervais, plutĂŽt adepte de durcir les lois, avait proposĂ© de rĂ©clamer des cautions financiĂšres aux alpinistes (pour couvrir les frais de secours en cas de besoin) et mĂȘme demandĂ© une fermeture de certains refuges Ă la haute saison.
Le Maire expliquait que « les candidats se pressent pour gravir le Mont-Blanc et atteindre son sommet Ă nâimporte quel prix ».
Mais de lâautre cotĂ©, la PrĂ©fecture et les dĂ©fenseurs d’une montagne libre dâaccĂšs essaient plutĂŽt de maintenir des quotas de frĂ©quentations.
Ce dialogue de sourds rĂ©curent entre la Mairie et la PrĂ©fecture montre Ă quel point le Mont-Blanc est sous tension rĂ©glementaire. On ne gĂšre plus un espace sauvage, on gĂšre des flux d’une usine touristique en haute altitude.
En rĂ©sumĂ©, la saison ne fait que commencer. AprĂšs les chasseurs de records du printemps, le massif accueillera Ă la fin du mois d’aoĂ»t la semaine mondiale du trail : l’UTMB.
Des dizaines de milliers de coureurs, de marques et de spectateurs vont Ă nouveau encercler et saturer le massif.
Alors, ne serait il pas temps de laisser le Mont-Blanc un peu tranquille ? Que le Mont-Blanc paye le prix de sa propre lĂ©gende, quâil soit le lieu d’exploits purs comme celui de Lehmann, quâil soit une destination phare pour les touristes amateurs de randonnĂ©e, ou le cĆur d’une industrie du trail qui pĂšse des millions d’euros, on peut lâentendre.
Mais il devient en ce moment mĂȘme le miroir grossissant de nos excĂšs. Il serait peut ĂȘtre temps de stopper ces envies dâaller toujours plus loin, toujours plus vite, toujours plus hautâŠ. LĂ oĂč un peu de silence et de contemplation ne feraient pas de mal.
Lire aussi
- Peillex : l’histoire du maire de Saint-Gervais qui n’aimait pas les traileurs condamnĂ© par la justice
- La MontĂ©e du Nid dâAigle : 20 km avec 1850 d+ ce samedi
- Nicolas Lehmann : premiĂšre mondiale, le Mont-Blanc 4 fois en 4 jours
- Le Trail du Loup Blanc a eu le feu vert de la Préfecture pour organiser leur évÚnement avec un protocole sanitaire strict.
- Nicolas Lehmann : premiĂšre mondiale, le Mont-Blanc 4 fois en 4 jours
Auteur : Marta, est lâultra sportive de lâĂ©quipe. MĂšre de 4 enfants, elle est dĂ©jĂ finisher de lâUTMB. Traileuse au sens puriste, elle Ă©volue dans un univers montagneux.
â€ïž Vous aimez u-Trail ?
Soutenez u-Trail
u-Trail est un média indépendant. Depuis 2012, nous parlons de trail librement, sans aucun sponsor.
đ Produire une information libre et accessible Ă tous a un coĂ»t.
âïž Certains de nos articles entraĂźnent aussi des pressions ou des procĂ©dures juridiques.
â€ïž Votre soutien nous aide Ă nous dĂ©fendre et Ă prĂ©server notre libertĂ© Ă©ditoriale.
â€ïž
MERCI !







