🎧 Le Marathon de Cape Town vient de réparer une injustice : pendant des décennies, l’Afrique a fourni les champions sans avoir son Major
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Le marathon mondial vient de corriger une anomalie qui durait depuis des décennies
Pendant des années, le marathon a vécu avec un paradoxe que peu de disciplines sportives auraient accepté. Les plus grands champions venaient majoritairement d’Afrique, les records du monde étaient souvent détenus par des athlètes kényans ou éthiopiens, et pourtant le continent ne possédait aucune course parmi les Abbott World Marathon Majors.
Cette situation appartient désormais au passé. Les organisateurs ont officialisé l’entrée du Marathon de Cape Town dans le cercle le plus prestigieux du marathon mondial. Après New York, Boston, Chicago, Londres, Berlin, Tokyo et Sydney, la ville sud-africaine devient la huitième étape du circuit.
La première édition organisée sous ce nouveau statut aura lieu le 23 mai 2027.
Au-delà de la simple promotion d’une course, cette décision a une portée symbolique forte. Pour beaucoup d’observateurs, elle constitue une reconnaissance tardive envers un continent qui façonne l’histoire du marathon moderne depuis plusieurs générations.
Cape Town a franchi toutes les étapes pour rejoindre l’élite mondiale
L’obtention du statut de World Marathon Major est un processus long et particulièrement sélectif. Les organisateurs du Marathon de Cape Town travaillent sur cet objectif depuis plusieurs années et ont progressivement franchi les différentes étapes imposées par World Athletics et les Abbott World Marathon Majors.
Pour être retenue, une épreuve doit démontrer sa capacité à accueillir des dizaines de milliers de participants dans des conditions irréprochables. La sécurité, la qualité de l’organisation, la logistique, l’expérience proposée aux coureurs, la couverture médiatique internationale, l’impact économique ou encore la densité du plateau élite font partie des critères examinés.
L’édition 2026 représentait en quelque sorte l’examen final. Les observateurs mandatés pour évaluer la candidature étaient présents sur place afin de vérifier que tous les standards étaient respectés.
Le verdict est désormais connu : Cape Town a validé l’ensemble des critères nécessaires à son intégration.
Pour la ville et pour l’Afrique du Sud, les retombées attendues sont considérables. Les organisateurs estiment que le nouveau statut pourrait générer près de 49 millions de dollars de dépenses liées aux voyages, à l’hébergement, à la restauration et au tourisme sportif.
La venue d’Eliud Kipchoge quelques jours plus tôt n’est sans doute pas anodine
Officiellement, la décision repose uniquement sur des critères techniques et organisationnels. Pourtant, il est difficile d’ignorer le calendrier des événements.
Le 24 mai dernier, soit à peine deux semaines avant l’annonce officielle, le Marathon de Cape Town accueillait pour la première fois de son histoire Eliud Kipchoge. Le double champion olympique disputait alors son premier marathon sur le continent africain.
À quarante-et-un ans, le Kényan n’était plus venu chercher un record du monde. Il a terminé seizième en 2 h 13 min 29 s, un résultat modeste à l’échelle de son immense carrière.
Mais l’essentiel n’était probablement pas là.
Sa présence a offert au Marathon de Cape Town une visibilité mondiale exceptionnelle. Pendant plusieurs jours, les médias spécialisés et les passionnés de course à pied ont eu les yeux tournés vers l’Afrique du Sud.
Dans le contexte d’une candidature aux World Marathon Majors, ce coup de projecteur tombait difficilement mieux.
Le projet des sept continents de Kipchoge donne un autre éclairage à cette participation
La venue du champion kényan s’inscrit en réalité dans un projet beaucoup plus vaste.
Depuis plusieurs mois, Eliud Kipchoge parcourt la planète dans le cadre de son défi « Seven Continents », dont l’objectif est de courir un marathon sur chacun des sept continents du globe.
Cette aventure l’a déjà conduit dans des lieux inhabituels pour un athlète de son niveau, y compris en Antarctique. Le Marathon de Cape Town faisait partie des étapes retenues pour ce tour du monde très médiatisé.
Avec le recul, cette participation apparaît comme un formidable coup de projecteur pour la candidature sud-africaine. Voir le plus célèbre marathonien de l’histoire prendre le départ de l’épreuve quelques jours avant son accession au statut de Major a forcément renforcé sa visibilité et sa crédibilité.
Bien sûr, Eliud Kipchoge n’a pas obtenu à lui seul la promotion de Cape Town. Mais sa présence a contribué à raconter une histoire forte : celle d’un continent qui accueille enfin une course à la hauteur de son héritage sportif.
Une victoire pour toute l’Afrique du marathon
Ce qui rend cette annonce particulièrement symbolique, c’est qu’elle vient refermer une anomalie historique.
Depuis plusieurs décennies, les marathoniens kényans et éthiopiens dominent les plus grandes courses de la planète. Ils accumulent les victoires, les records et les médailles olympiques. Pourtant, aucun marathon africain n’avait encore réussi à rejoindre le cercle des Majors.
Cape Town devient aujourd’hui le premier représentant du continent.
Cette reconnaissance arrive au moment où la course sud-africaine affiche également un niveau sportif exceptionnel. Lors de l’édition 2026, l’Éthiopien Mohamed Esa s’est imposé en 2 h 04 min 55 s, établissant le record du parcours et le marathon le plus rapide jamais couru en Afrique. Derrière lui, Yihunilign Adane et Kalipus Lomwai ont eux aussi signé leurs records personnels.
À partir de 2027, les collectionneurs des fameuses médailles Abbott devront donc ajouter une nouvelle destination à leur calendrier.
Et cette destination ne se trouve pas n’importe où. Elle se situe sur le continent qui, depuis des décennies, produit les plus grands marathoniens de la planète. Une réalité que le marathon mondial vient enfin de reconnaître officiellement.
En résumé, l’entrée du Marathon de Cape Town parmi les Abbott World Marathon Majors dépasse largement le cadre d’une simple promotion sportive.
Elle marque la reconnaissance d’un continent qui fournit depuis des décennies les meilleurs marathoniens du monde sans avoir sa place dans le circuit le plus prestigieux de la discipline.
L’Afrique a longtemps offert ses champions au marathon mondial. À partir de 2027, elle aura enfin son Major.
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